A vos agendas : Prochain séminaire du Collectif Malgré Tout, Mercredi 21 janvier 2026
Nous vous donnons rendez-vous à 20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011). Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription. Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d'un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.
Axes de travail 2025/26Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situationPrésentationCe que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Pour venir
Bonjour,
Rencontres et Débats autrement reçoit un couple d’auteur le 14 janvier 2026 à la Cité International Universitaire de Paris, à la Fondation Lucien Paye, de 18H30 à 20H30. 45B boulevard Jourdan 75014 Paris, RER B, station Cité Universitaire, Tram 3, station Montsouris
Nous débattrons autour de leur ouvrage LA FERME DE CAGNOLLE- Agrorecyclerie et maraichage sur sol vivant
de Benoît Le Baube et Alexia Detry
Nous nous battons, depuis 16 ans, pour l’avènement d’une nouvelle forme d’agriculture : une agriculture du vivant. Au fil d’expériences, nous avons développé des méthodes de culture de plus en plus abouties pour arriver à des pratiques vertueuses en rupture avec le modèle agricole dominant. Face aux constats consternants de l’action néfaste de ce dernier, notre ambition est de participer à l’élaboration d’un autre rapport à la terre et à la manière de la cultiver. Contrairement aux discours des lobbyistes de l’agro-industrie, nous avons prouvé qu’il était possible de produire des légumes de qualité, en quantité, avec un impact environnemental positif — et ce, sans dégrader ni polluer les sols.
Benoît Le Baube et Alexia Detry nous expliquerons comment avec les résultats incroyables qu’ils obtiennent, ils ont l’espoir de changer les pratiques agricoles. Les techniques culturales se peaufinent et prouvent qu’un autre paradigme agricole existe et doit urgemment se généraliser.
Le mercredi 14 janvier 2026 à laFondation Lucien Paye, de 18H30 à 20H30
45B boulevard Jourdan 75014 Paris, RER B, station Cité Universitaire, Tram 3, station Montsouris
Lien pour vous inscrire: La ferme du cagnolle
Salle à l’étage, Chaque participant commandera au serveur une consommation à son arrivée.Merci de vous inscrire sur le lien ci-dessus.
La rencontres sera diffusée en direct en ZOOM :https://us02web.zoom.us/j/86125354462?pwd=qU5PoqXqbKoaDCRlWIxx0fISgButOS.1
Au plaisir de vous revoir.
Christian
Réponse à QLF depuis Paris 8
paru dans lundimatin#454, le 2 décembre 2024
Source: https://lundi.am/Organiser-la-resistance-l-affirmationLe mois dernier, nous publiions QLF : nouveau parti pris étudiant, une proposition stratégique pour réinvestir politiquement les universités à distance de la morosité et de l’ennui qui caractérisent les organisations « de gauche ». Au programme : banquets, feux d’artifices et chasses au trésor. S’ensuivit une réponse depuis la face de Tolbiac, c’est cette semaine au tour de Paris 8 de rejoindre le débat, en essayant cette fois d’analyser les conditions qui ont rendu possible la pacification des universités.
Quand on sort de l’université de Paris 8 à Saint-Denis, on tombe souvent, chaque étudiant pourra en témoigner, sur des distributions de flyer Uber Eats. A travers des codes promos, ces flyers promettent de nous ’’offrir’’ 10euros sur notre prochaine commande. Même si l’on est contre, à force, on finit parfois par en prendre un : on se dit que ça pourra toujours servir. En tant qu’étudiant difficile de cracher sur « 10 euros » écrit en gros sur un bout de papier.
C’est alors qu’on se demande : comment en est-on arrivé là ?! Comment, en sortant de l’héritière de mai 68 (l’université expérimentale de Vincennes, maintenant Paris 8), qui a accueilli les Foucault, Deleuze ou Guattari, on se retrouve à s’engouffrer dans une ligne treize bondée avec nos écouteurs Bluetooth sur les oreilles, le smartphone dans la main droite et le flyer Uber Eats dans la main gauche.
« Le caractère étranger de l’université apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, l’université est fuie comme la peste »Karl Marx - Manuscrit de 1844 (mais il faut remplacer université par travail)
Si dans les facs plus rien ne résonne [1]
[1] « En 2023, les murs des facs chargés de tags et...
, si l’université est un milieu avec lequel nous n’entretenons plus qu’un rapport instrumental, se plier aux règles et essayer d’avoir de bonnes notes, ce n’est évidemment pas le fruit du hasard mais bien plutôt la conséquence d’une bataille autrefois perdue. En tant qu’étudiants de Paris 8, base arrière délabrée par la défaite, et partant du constat des QLF selon qui la fac est morte, il nous paraissait important de commencer par proposer une généalogie, très ramassée, de la situation au sein des universités.Mieux comprendre d’où nous sommes partis permettra de mieux capter les raisons de la déroute actuelle.
A partir de la grande dépression des années 30, et sans entrer dans les détails d’un siècle d’histoire marqué, entre autres, par deux guerres mondiales et l’apparition-disparition de l’URSS (rien que ça), le libéralisme se retrouve en crise : ses violences intrinsèques se font trop visibles, son laisser-faire provoque une crise de la gouvernabilité et sa légitimité finit par être remise en cause. Une mauvaise (bonne ?) nouvelle en accompagnant toujours une autre, dans le camp d’en face, les idées subversives trouvent un sol en occident où se penser et s’organiser : les universités.D’une crise interne, le capitalisme passe à une crise d’hégémonie.
Face à la démocratisation des études supérieures, à la diffusion élargie du savoir et à l’influence d’un certain nombre de penseurs (Foucault, Marcuse, Deleuze, etc.), le système capitaliste se retrouve mis en concurrence avec un bloc solide théoriquement, qui promeut des idées émancipatrices plus instinctives que la loi du marché et qui, de surcroît, semble incorruptible :
« Ils ne s’intéressent pas beaucoup à l’argent mais sont très intéressés par le pouvoir. [...] Le pouvoir de façonner notre civilisation - un pouvoir qui, dans un système capitaliste, doit être réservé au marché libre. »Irving Kristol - Buisness and « The New Class »
Dans ce premier temps, les défenseurs du libéralisme se retrouvent impuissants face à cette "new class" [2]
[2] « En remontant aux commencements même du capitalisme,...
qui prétend elle aussi pouvoir participer à l’orientation de la société. Inquiet, le très libéral juge de la cour suprême Lewis Powell ira jusqu’à considérer que de cette bataille dépend "la survie même de ce que nous appelons le système de la libre entreprise". Car Powell le sait : "les idées sont des armes". Le problème c’est que de son bord peu ont l’"appétit pour une confrontation pure et dure avec leurs critiques" car peu ont le "talent pour s’engager dans d’authentiques débats intellectuels et philosophiques" [3]
[3] Lewis Powell – Attack on American Free Entreprise...
.
Malheureusement, la philosophie et les idées ne font pas tout et si les libéraux se trouvent bien maigres pour interpréter le monde, leurs moyens ne manquent pas pour le transformer [4]
[4] « Les philosophes n’ont fait qu’interpéter le monde de...
. Très vite, ils sélectionnent minutieusement les financements des universités dans lesquelles ils investissent, commencent à censurer dans leurs médias les opinions du camp d’en face et financent de nombreux Think tank pour préparer la contre-offensive. En parallèle, ils récupèrent dans un habile retournement une part de la critique gauchiste via l’émergence diabolique d’un "néolibéalisme éthique" et mettent en place à travers des procédés de micropolitique un projet politique impersonnel, jamais énoncé comme tel mais néanmoins terriblement expansif et structurant. Nous aurons l’occasion d’y revenir.
« Pour le pouvoir, la critique peut être une chance. Il faut savoir en tirer profit, comme de toute chose, du reste. Principe de valorisation de la critique. »Grégoire Chamayou - La société ingouvernable
« Marx et Freud, par exemple, réduits à l’état de bouillie dogmatique pourront être mis dans le commerce sans aucun risque pour le système. »Felix Guattari – La Révolution Moléculaire
Si à l’époque, semblait-il, on gagnait la bataille, aujourd’hui on a perdu la guerre. A coup de censure, de répression, de micropolitique et de sûrement pleins d’autres trucs, le libéralisme s’est muté en néolibéralisme transformant les universités en de « gigantesques circuits imprimés dans lesquels l’étudiant s’engouffre dès qu’il sort des transports ». Or, que fait-on quand on a perdu la guerre, que nos villages ont été pillés et incendiés ?On reconstruit.Tel est le nindô [5]
[5] Littéralement : ’’Voie du Ninja’’ dans Naruto Shippuden...
, s’il l’accepte, du militant aguerri : la résilience. C’est en tous cas la tâche que les QLF se sont donnés au sein des universités.
Empruntée au latin construere, proprement ’’entasser par couches’’, l’idée de construire (ici on parle de ’’reconstruire’’ mais la nuance est fine vue l’état des facs) impose donc de commencer par la première couche : re-fertiliser les champs, reconstruire les espaces, autrement dit faire du pré-politique [6]
[6] « Les QLF tentent de fédérer une communauté étudiante à...
. Opter pour la pré-politique, c’est commencer par reposer les conditions de possibilité et d’émergence d’une politique d’affirmation. Faute de mieux et faute d’espace pour la penser, la critique de la situation actuelle est aujourd’hui monopolisée par la négation et dépourvue de toute positivité. [7]
[7] « La critique de tout cela me semble aujourd’hui...
Ce n’est pas pour rien si les QLF se proposent, parmi leurs mots d’ordres, de ’’définir ce qu’ils ne veulent pas à partir de ce qu’ils veulent’’. C’est parce qu’ils désirent remettre l’affirmation au centre.La positivité plus couramment appelée ’’à la place du capitalisme on pourrait...« n’est pas ’’placée’’ (en dehors du poussiéreux mot communisme qui malheureusement ne fait plus l’affaire [8]
[8] A ce titre les QLF ambitionnent de »faire le communisme...
), en premier lieu car elle n’a pas de place pour être pensée. La politique a été chassée des universités et c’est une illusion de s’imaginer qu’elle pourra ressurgir durablement à travers des tractages jargonneux ou des assemblées générales en période de mouvement social. QLF tente une nouvelle approche et aspire à ré-introduire la politique de façon plus stratégique et micropolitique, à la manière de nos ennemis. Loin de ’’dissoudre la politique’’ [9]
...
, cette tentative est tout à son honneur. Faire de la pré-politique c’est engager la reconstruction du politique, évincée de nos universités depuis la défaite de la fin du XXe siècle.
« Nous savions que nous étions en train de faire une révolution. À la fin des années soixante c’était dans l’air du temps. Il y avait d’énormes manifestations à Londres, et les Universités britanniques étaient occupées par leurs étudiants. En France, le gouvernement de Charles de Gaulle était ébranlé par une vague de grèves et de contestation, Mais la révolution que nous faisions à Saint Andrews était différente. Leurs dieux étaient Karl Marx, Che Guevara et Herbert Marcuse ; les nôtres étaient Friedrich Hayek, Karl Popper et Milton Friedman. [...] Voilà tout, en fait, sauf que c’est nous qui avons gagné. »Madsen Pirie
On l’a vu un peu plus haut, le néolibéralisme nous a vaincu à coup de kichta [10]
[10] Liasse billets en...
et de censure mais aussi en nous émoussant, nous et nos armes. Notamment à travers l’émergence d’un « néoliberalisme éthique » qui s’accommode à sa manière de l’aspiration postmoderne et soixantehuitarde d’une « parfaite souveraineté du soi sur soi » [11]
[11] Foucault – Histoire de la...
en instrumentalisant l’autonomie subjective, issue des pensées libertaires de ces années-là, pour appeler l’individu à se prendre soi-même en main. En bref, « deviens toi-même », tri tes déchets, pisse sous la douche et toutes ces conneries. Des conneries qui avaient toutefois la force de satisfaire le désir d’agir en évitant tout rapport antagonique au capitalisme. A cet égard, les QLF ambitionnent d’inscrire leur lutte, dans un premier temps au moins, dans le concret du quotidien et du territoire universitaire. Loin des micro-actions individuelles au profit de luttes trop abstraites comme l’écologie planétaire, les QLF se battent non pas pour se donner bonne conscience ou se dispenser de la mauvaise mais pour de réelles conditions de vie matérielles et immédiates (les CROUS sont trop chers ? On vole et on partage ! Les contrôleurs de la Ratp sont là ? On les dégage ! Quelqu’un est viré de son logement CROUS ? On bloque le CROUS !). QLF veut mobiliser une légitimité évidente, instinctive et partageable par tous et toutes au sein du ronron universitaire quotidien. C’est en partie par là que se reconstruit le sens du collectif et par extension celui du politique. De surcroît, il faut être inscrit dans un milieu déterminé pour pouvoir métaboliser. Autrement dit, pour retrouver la satisfaction politique de la transformation de soi et de son espace il faut faire sien individuellement autant que collectivement un espace donné et circonscrit. Pour les QLF ce sera l’enceinte de l’université. C’est d’abord à travers des luttes au sein même des lieux d’études que les QLF exorciseront l’imaginaire collectif de l’impuissance politique généralisée.
« Se battre pour un lieu précis, ce n’est pas la même chose que se battre pour une idée. » [12]
...
Après avoir dompté la ferveur critique des pensées émancipatrices en rangeant le politique du côté de l’éthique individuel, il incombait aux néolibéraux l’ultime tâche de faire rentrer tout un chacun dans le moule du monde du travail (à l’époque nous étions trop nombreux pour être, juste, marginalisés). Ainsi dans la continuité de ’’la parfaite souveraineté du soi sur soi’’ à laquelle aspire le sujet postmoderne, le néo-libéralisme propose à cette époque, inspiré par la cybernétique, une ré-organisation de la société en réseau « où la communication se fait d’un voisin à un voisin quelconque, où les tiges ou canaux ne préexistent pas, où les individus sont tous interchangeables, se définissent seulement par un état à tel moment » Deleuze et Guattari, Mille Plateaux. Dans la continuité de la pensée rhizomatique de Deleuze et Guattari, le capitalisme les prend de court pour en faire la doctrine d’une société constituée d’individus pensés comme des « particules élémentaires » contractant les unes avec les autres et qui ne connaissent d’autres lois que celles auxquelles elles consentent dans leurs rapports contractuels avec les autres monades. Une fois transposé au monde du travail on dit au revoir à monsieur Taylor et bonjour à monsieur Uber. On n’a plus à faire aux tic-tac tayloriens mais à la réaction en « temps réel » de signaux.
« Brandi par eux comme un emblème de la radicalité, le rhizome pourrait aujourd’hui servir de logo au capitalisme globalisé. »Alain Supiot– La Gouvernance par les nombres
Loin de ce texte (même s’il peut en donner l’air) l’idée d’accuser les penseurs postmodernes d’avoir fourni au Capital ses armes les plus acérées ! Nous verrons par la suite comment certaines de leurs intuitions pourront nous servir pour penser la contre-attaque. Ensuite l’imbrication entre néolibéralisme et pensée postmoderne est ici présentée de manière très schématique et il est évident qu’un travail plus approfondi permettrait de mettre en lumière des différences. Enfin une chose est sûre, si le capitalisme a su se jouer des attaques qu’il subissait pour penser l’ubérisation et la marchandisation d’une subjectivité amplifiée et scopique, aucun de ces penseurs ne souhaitait aller dans ce sens. Cela étant dit, il nous paraissait important, à nous étudiants de Paris 8 2024, issus de cet héritage, d’interroger comment nous sommes passés, dans ce qui semble être presque un même mouvement, de Paris 8 à Uber Eats.De plus, cette prétentieuse acrobatie permet de mettre en lumière une autre intuition des QLF : si le dernier vrai soulèvement étudiant en date, à savoir mai 68, était celui d’une jeunesse qui voulait faire exploser le sujet, insistant sur un ’’individu roi’’ libéré des mœurs et de toute hétéronomie, il est probable qu’à terme, les étudiants réclament une sorte de mai 68 inversé (nous disons mai 68 inversé aux vues de ce que mai 68 est devenu aujourd’hui). En clair, un retour à une communauté particulièrement soudée, une sorte d’éloge de la stase fasse aux flux incessants d’un néolibéralisme qui nous somme de nous "adapter". C’est en tout cas ce besoin que peuvent parfois ressentir les étudient des QLF : celui de reformer des villages loin de la globalisation et de vivre à « contretemps » de la temporalité excessivement rapide du néolibéralisme. Cela afin de prendre du recul et de développer la capacité d’observer les faits à la distance critique nécessaire pour affirmer peut-être, des idées réellement nouvelles. A ce titre, les ronds-points étudiants espèrent répondre aux attentes sans pour autant tomber dans le culte de la marginalité.
MICROPOLITIQUE VS MICROPOLITIQUE
« Bref tout est politique, mais tout est à la fois macropolitique et micropolitique. »Deleuze et Guattari – Mille Plateaux
En 1988, Madsen Pirie cofondateur et actuel président de l’Adam Smith Institute, publie son ouvrage Micropolitics. Sans pour autant connaître l’existence du concept de micropolitique de Deleuze et Guattari, Madsen Pirie montre à quel point l’organisation de la société en particules individuelles peut-être profitable au néolibéralisme. Sous sa plume, le micropolitics devient une vraie ingénierie politique qui consiste en « l’art de générer des circonstances (...) dans lesquelles les gens prendront individuellement et volontairement des décisions dont l’effet cumulatif sera de faire advenir l’état de choses désiré ». Pour le dire autrement, Pirie en appelle à l’orientation des choix individuels qui, une fois mis bout à bout, mettront en place ’’l’état des choses désiré’’ à savoir la société néolibérale. Le micropolitcs part du principe que l’appréciation des effets individuellement profitables primera sur les causes, la grande question du choix de société se dissolvant dès lors dans les ’’minuscules questions d’une société de choix’’ [13]
[13] Grégoire Chamayou – La société...
: « les choix sont-ils progressivement faits par les individus, et, au fil des mois et des années, ils produisent cumulativement la nouvelle réalité. Les révolutions les plus sûres sont celles que les gens font pour eux-mêmes au cours du temps (...) La plupart des succès de la micro-politique ont précédé l’acceptation générale des idées sur lesquelles elles se fondaient. Dans bien des cas, c’est le succès de ces politiques qui a conduit à la victoire de l’idée plutôt que l’inverse. » [14]
[14] Micropolitics – Madsen...
. La table était renversée et la bataille des idées éludée.
« L’idéologie réside bien plus dans la manière d’être des Hommes que dans ce qu’ils croient. »Horkheimer –Raison et conservation de soi
Dans le néolibéralisme, le lieu d’intervention se déplace de la strate manifeste des comportements (intervention dans la pratique même) aux conditions de possibilités des comportements. Cette intervention a-priori s’est évidemment répercutée aussi dans la jeunesse et dans les universités. La notion de ’’circuit imprimé’’ donnée aux universités par les QLF prend tout son sens.
Ces procédés machiavéliques de micropolitiques interrogent aussi très bien l’aphorisme du Comité Invisible selon lequel : « un geste est révolutionnaire, non par son contenu propre mais par l’enchaînement des effets qu’il engendre ». Dans ce sens et dans la continuité de la tactique de Pirie, la pré-politique est révolutionnaire. Les QLF tentent de s’arracher de ce circuit imprimé afin de proposer à leur tour des conditions de possibilités alternatives de nos comportements au sein des facs : vols, fêtes, solidarité pirate, rigolades, le tout le plus possible à distance de l’Etat, de la marchandise et du smartphone. Hayek, fondateur du libéralisme, voulait "détrôner la politique", force est de constater que cela a plutôt bien fonctionné, même si cette bataille est toujours en cours. En période d’accalmie et pour sortir du mouvementisme nous devons travailler à la retrôner, notamment via les mêmes procédés qui ont servi à la dégager.
« Du point de vue de la micro-politique, une société se définit par ses lignes de fuite, qui sont moléculaires. Toujours quelque chose coule ou fuit, qui échappe aux organisations binaires, à l’appareil de résonance, à la machine de surcodage. »Deleuze et Guattari – Mille Plateaux
HETEROTOPIE ET HETEROCHRONIE LA CONTRE-ATTAQUE QLF
« Je crois que l’inquiétude d’aujourd’hui concerne fondamentalement l’espace, sans doute beaucoup plus que le temps ; le temps n’apparaît probablement que comme l’un des jeux de distribution possibles entre les éléments qui se répartissent dans l’espace. » Foucault –Des espaces autres. Hétérotopies
Nous l’avons suggéré au début de ce texte : l’important est de produire des affirmations. La force du politique, là où se loge son universalisme, là où le politique devient un authentique moteur qui met en mouvement les corps, réside dans la positivité. Jamais dans la réaction, la négation ou la victimisation. Pour sortir de cet immobilisme et tenter de produire un nouveau dictionnaire de la politique d’émancipation, il est nécessaire de trouver des espaces pour expérimenter et penser ces affirmations. Cela doit être notre première bataille et notre première victoire. Victoire sans laquelle il se révélera impossible de produire quoi que ce soit. Sans condition de possibilité pas de possibilité. La priorité est à la construction de nouvelles formes et espaces de contre-cultures, celles de notre temps. Il s’agit de faire exister, dans la pensée et la praxis, la possibilité de lier un diagnostic critique de l’état de la société à des possibilités pratiques de lutter contre et de faire exister une autre réalité. C’est à cet endroit que l’affirmation émerge. La contre-culture se doit d’être à la fois dans et contre l’air du temps, « par delà tout purisme idéologique » [15]
...
et porter attention à ce qui marche en ce moment. La forme-rond-point des QLF n’en est qu’une esquisse, cela pourrait-être beaucoup plus fort, devenir une vague.
« Nous décidons d’en appeler à toutes celles et tous ceux qui sont prêts à défendre (...) cette énergie presque invisible, transformatrice de l’espace public, où chacun peut et doit faire état de sa capacité d’inaugurer. Nous proposons de produire des formes et des idées, des images et des textes, nous proposons de produire des rencontres brèves, graves ou festives dont l’apparente inconsistance dissimule la puissance souterraine et mobilisatrice. »Marie José Mondzain - Confiscation des mots, des images et du temps : pour une autre radicalité
C’est cette énergie presque invisible mais salutaire que les QLF caressent. Une sorte de pré-politique qui commence par la réappropriation de l’espace. Dans Des espaces autres, Foucault propose le concept d’hétérotopie au sujet d’espace jugé à part dans le tissu urbain. Des espaces qui cristallisent une ’’contestation à la fois mythique et réelle de l’espace où nous vivons’’. Au vu de la définition qu’il en donne, nous pensons que les rond-point étudiants font partie de ces hétérotopies :
Le rond-point étudiant juxtapose en ’’un seul lieu réel plusieurs espaces, plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles’’. Le néolibéralisme dicte un ’’code de la route’’ [16][16] « Les fonctionnaires peuvent [...] réguler le trafic... qui dans le ’’circuit-imprimé’’ universitaire impose l’itinéraire métro-couloir-classe. S’installer dans un couloir et en faire un rond-point c’est proposer un hors-piste au sein même du circuit.
"Les hétérotopies supposent toujours un système d’ouverture et de fermeture qui, à la fois, les isole et les rend pénétrables. En général, on n’accède pas à un emplacement hétérotopique comme dans un moulin. Ou bien on y est contraint (…) ou bien il faut se soumettre à des rites et à des purifications’’. Loin de contraindre qui que ce soit, participer au rond-point étudiant c’est accepter de prendre consciemment [17][17] Les rond-points QLF s’accompagnent toujours de... une crêpe au Nutella volé. C’est aussi accepter de rompre avec le rythme universitaire, d’assumer qu’on occupe le passage (souvent avec de la musique à haut décibel), en bref c’est se soumettre aux rites de la contre-culture.
Enfin, ’’les hétérotopies sont liées, le plus souvent, à des découpages du temps, c’est-à-dire qu’elles ouvrent sur ce qu’on pourrait appeler par pure symétrie des hétérochronies. L’hétérotopie se met à fonctionner à plein lorsque les hommes se trouvent dans une sorte de rupture absolue avec leur temps traditionnel’’. Loin du flux permanent d’information qu’un étudiant reçoit perpétuellement en pleine gueule et auquel il doit s’adapter et réagir (en cours, dans le métro, via les notifications du smartphone, etc.), le rond-point QLF propose une temporalité plus apaisée où les sollicitations incessantes sont suspendues. Prolongeant l’analyse de John Dewey pourqui l’évolution positive et collective de la société ne se fera que dans un respect de la tension entre stase et flux, nous pensons que les ronds-points étudiants peuvent être une ’’figure positive du retard’’ promouvant les habitudes, la notion de communauté locale et les relations vivantes de face à face. C’est dans ce genre d’hétérochronie qui laisse place à la réunion qu’émergeront les nouvelles idées, loin du piège qui laisse à penser que la dissémination subjective d’idées politiques sur les conversations digitales suffirait : ’’seul un échange intime et forcément d’une portée réduite peut donner lieu à des attachements profonds et vitaux’’ [18][18] John Dewey – The Public and its....
« Buissonnante, l’évolution ne suit par avance aucun telos, mais explore tout au contraire une multiplicité de directions, à la fois cohérentes, cumulatives et divergentes. Hétérogène, elle ne se départira jamais de l’hétérochronie des rythmes évolutifs, incompatible avec le rythme uniforme exigé par les cadences industrielles (…) . Imprévisible, son seul sens restera toujours de produire des « différences radicales », en contribuant à libérer les potentialités nouvelles que chaque nouveau venu apporte avec lui, et en prenant pour cela le risque de la confrontation collective. »Barbara Stiegler - Il faut s’adapter : sur un nouvel impératif politique
En résumé, tout n’est pas encore perdu. D’un côté, le néolibéralisme continue d’avancer ses pions. Petit à petit, discrètement, à coup de micropolitique et d’algorithmes, il s’immisce toujours davantage dans nos existences et nos modes de vie. Si la partie est mal engagée, avancer ses pions c’est partir du principe que l’on est pas encore échec et mat. La bataille est encore en cours, à nous maintenant d’être à la hauteur de nos ambitions, ou plutôt de notre ennemi. Ce qui est paradoxal, c’est que cette grande ambition se matérialise aussi, voir surtout, dans l’insaisissable création d’une toile d’araignée de micropolitique.Bien sûr, le rond-point n’est pas une fin en soi. Comme avec les Gilets jaunes, il devra s’accompagner d’autres choses. Mais le pari des QLF est que pour reconstituer des organisations étudiantes autonomes de masse, il faut commencer par fuir l’entre soi militant et la ’’radicalité abstraite’’ [19]
[19] « Il faut considérer le tact comme la vertu cardinale...
.Il s’agit maintenant de relier la pensée, la parole et le geste, de trouver d’autres modes d’actions que les rond-points et le vol organisé, pour espérer un jour effleurer à nouveau l’hégémonie culturelle des pensées communistes [20]
[20] Il faudra notamment commencer par trouver un autre mot...
, comme ce fut le cas à une époque dans beaucoup de pays d’Europe. Organiser des concerts gratuits et des auto-réducs, généraliser la pratique du hack informatique et peut-être même (soyons fous) trouver un lifestyle, un style de musique, un langage propre à une contre-culture. Quoi qu’il en soit c’est dans la pratique que les meilleures idées referont surface.
Nous avons conscience que ce texte peut paraître relativement abstrait, à Paris 8 on a toujours été un peu perchés et dans les amphis on a beaucoup de temps alors on gratte... Sans apporter beaucoup de réponses concrètes, nous espérons néanmoins qu’il participera à l’effet d’émulation en cours quant à la question de l’état des universités à l’aube de 2025.Tout reste à faire, alors le meilleur est devant nous.
« Ce qui donne le plus à penser est que nous ne pensons pas encore, toujours pas encore, bien que l’état du monde devienne constamment ce qui donne davantage à penser. » Heidegger - Qu’appelle t-on penser ?
[1] « En 2023, les murs des facs chargés de tags et d’inscriptions politiques ne peuvent rien y faire, à l’intérieur de celles-ci, plus rien ne résonne. » https://lundi.am/Une-MALA-et-ca-repart
[2] « En remontant aux commencements même du capitalisme, il y a toujours eu un petit groupe d’hommes et de femmes qui ont désapprouvé l’influence omniprésente du marché libre sur la civilisation dans laquelle nous vivons. On appelait ce groupe "les intellectuels" ce sont les ancêtres de notre "nouvelle classe" » Irving Kristol - Buisness and "The New Class"
[3] Lewis Powell – Attack on American Free Entreprise System
[4] « Les philosophes n’ont fait qu’interpéter le monde de diverses manières mais ce qui importe, c’est de le transformer » Karl Marx - 11e thèse sur Feurbach
[5] Littéralement : ’’Voie du Ninja’’ dans Naruto Shippuden Chapitre 103
[6] « Les QLF tentent de fédérer une communauté étudiante à partir d’un ensemble de pratiques que l’on définirait comme pré-politique : se réunir autour d’un banquet gratuit avec de la nourriture volée, défier l’administration pour brancher une machine à barbe papa, rencontrer des étudiants et étudiantes pendant une brésilienne ou un jeu de fléchettes... » https://lundi.am/QLF-nouveau-parti-pris-etudiant
[7] « La critique de tout cela me semble aujourd’hui difficile à raison de ce que sa critique donne le monopole à la négativité, c’est à dire à la critique. Au fond, une possible critique de ces phénomènes peut être construite, propagée, etc. mais elle est dépourvue de positivité » Alain Badiou dansLe Déclic
[8] A ce titre les QLF ambitionnent de »faire le communisme moins que le dire" https://lundi.am/Reponse-a-QLF-depuis-Tolbiac
[9] https://lundi.am/QLF-nouveau-parti-pris-etudiant
[10] Liasse billets en argo
[11] Foucault – Histoire de la sexualité
[12] https://lundi.am/QLF-nouveau-parti-pris-etudiant
[13] Grégoire Chamayou – La société ingouvernable
[14] Micropolitics – Madsen Pirie
[15] https://lundi.am/QLF-nouveau-parti-pris-etudiant
[16] « Les fonctionnaires peuvent [...] réguler le trafic sur les routes. [...] Mais si, au lieu de définir les droits de tous les conducteurs, ils essaient de prescrire à chacun sa destination, de lui dire quand il doit partir, par quelle route il doit passer, et l’heure à laquelle il doit arriver [...] [on] pense qu’ils peuvent diriger, non seulement le trafic sur les grandes routes, mais aussi toutes les occupations de tous les hommes » Lippmann – The Good Society« Le mouvement est dicté par celui du flot et par les règles du code de la route. » La société industrielle et son avenir – Théodore Kaczynski
[17] Les rond-points QLF s’accompagnent toujours de nourriture gratuite et d’une banderole ’’c’est volé donc c’est gratuit’’ premier moyen de créer une forme de participation passive à la subversivité.
[18] John Dewey – The Public and its Problem
[19] « Il faut considérer le tact comme la vertu cardinale des révolutionnaires et non la radicalité abstraite. » - Comité invisible
[20] Il faudra notamment commencer par trouver un autre mot que celui-ci...
« Nous pensons que c’est par ces méthodes pirates et ces lieux de rencontres qu’on pourra lutter sérieusement. »
paru dans lundimatin#449, le 29 octobre 2024
Depuis les années 50 et la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, les universités françaises sont connues pour être l’un des principaux vecteurs de politisation de la jeunesse. Mai 68, loi Devaquet, mouvement contre le CPE, la LRU, etc. la plupart des mobilisations les plus vives de ces dernières décennies ont démarré dans les couloirs gris de quelques facs. Si certains ont pu regretter ou fantasmer l’influence des savoirs dispensés par quelques professeurs gauchistes, qui a vécu un mouvement étudiant sait que c’est d’abord une certaine flexibilité subjective qui fait le terreau de ces mobilisations. L’étudiant, c’est cet être social interlope que l’on ne peut plus enfermer toute la journée dans une classe de lycée et qui peut se débrouiller pour travailler le moins possible, il a donc du temps. Évidemment, tout est fait pour qu’une telle disponibilité ne puisse plus s’actualiser dans quelque chose de subversif, le relatif chaos qui nimbait pendant des décennies les universités a doucement mais sûrement été mis en ordre par l’injonction à réussir et ses milles petits dispositifs de mise au pas. La misère en milieu étudiant n’étant pas une fatalité, des élèves fraîchement inscrits dans le supérieur nous ont transmis leur plan d’action : QLF. Ils proposent de prendre la sociabilité étudiante et son quotidien comme point de départ et de se constituer en force depuis-là. Comme ils comptent voir tous les campus renouer avec les moments les plus glorieux de leur histoire, ils ont décidé de rendre la proposition publique [1]
[1] En rédigeant ce chapeau, nous nous sommes souvenus....
« Payant comme une vue sur la mer, gratuit comme une vue sur Uranus. »PNL, Uranus
Nous sommes plusieurs dizaines de milliers dans les universités franciliennes, mais nos campus sont de plus en plus vides. Nous devons combler ce vide, proposer quelque chose de nouveau dans nos vies étudiantes, reprendre en main nos quotidiens. Dans une France, où la vie est toujours plus chère et ennuyeuse, il est crucial d’agir. Actuellement quelles sont les tendances politiques qui proposent une organisation de nos avenirs ?
LES TENDANCES POLITIQUES DANS LES UNIVERSITES
Du côté institutionnel, en Île-de-France, les élections des représentants des étudiants au sein des Crous ont placé trois listes en tête : l’Union Etudiante, l’UNEF, et la FAGE.
Les trois syndicats partagent tous des tendances sociales démocrates. Ils sont habitués à de longues discussions interminables avec l’administration, sans aucun rapport avec la vie directe des étudiants et étudiantes. On peut résumer leur action politique par ce slogan : ‘’Du progrès dans l’ordre’’. Cette logique n’amène qu’à un seul chemin : l’obéissance.
« Demander la victoire et n’avoir pas envie de se battre, je trouve que c’est mal élevé. »
Du côté radical, il existe des initiatives promouvant l’anticapitalisme. Quelle que soit la justesse de ces théories, les groupes s’en revendiquant s’enferment dans des dynamiques groupusculaires qui n’arrivent pas à faire machine avec l’extérieur. Auto-référencement, spécialisation du discours, carte d’identité politique demandée à l’entrée des AG… L’autonomie universitaire nous paraît nager à contre-courant. Au sein d’une époque à ce point désorientée, il nous semble impossible, avec ce genre de pratiques, de s’aligner avec le reste de l’université et de ses habitants. Ce sont des parallèles inspirantes mais les parallèles ne se croisent pas.
Du coté administratif, on peut parler d’une politique beaucoup plus gazeuse avec la promotion des BDE étudiants qui ne proposent que des vacances et des soirées hors de prix, dans un style propre aux futurs cadres de la société. Structure hiérarchique, sélection économique, et silence radio sur les aspirations des étudiants, les BDE ne sont que le reflet de notre société égoïste.
CROUS, BU, AMPHITEATRE= APPLE VISION PRO ?
Nous faisons aussi face à l’architecture des facultés : les couloirs universitaires sont devenus de gigantesques circuits-imprimés dans lesquels l’étudiant s’engouffre dès qu’il sort des transports. Métro-couloir-salle de classe, salle de classe-couloir-cantine, cantine-salle de classe-couloir-métro... Toujours plus de mobilités, toujours moins de rencontres.
Voilà notre routine où chaque espace est ponctué avant et après d’une séance d’écran bleu. Le smartphone est venu substituer le manque d’espace vivant et de vie sociale au sein des facs, rendant par là même ce vide « acceptable ».
« Les vides ont un sens : ils disent haut et fort la gloire et la puissance de l’Etat qui les aménage. »
Cette ’’techno-gouvernementalité’’ de la vie est notre ennemi direct. Elle est le projet politique non déclaré et impersonnel le plus expansif et structurant de notre histoire. Son pouvoir est sans cesse plus prégnant sur nos existences, sur notre espace et sur notre temps.
Le smartphone comme agent provocateur de la séparation entre tous. Le téléphone a dématérialisé la relation humaine jusqu’à l’extrême, où les douleurs sont devenues de simples informations. Il nous a plongé dans des boucles d’addictions qui nous isolent. Face à cela, offrons la beauté de l’imprévu, du hasard, offrons le quotidien du militant qui est de ne pas avoir de quotidien. Opposons à l’espace lisse du smartphone, l’espace imprévisible du réel.
C’est à nous militants de recréer un espace, de l’imposer et à terme d’en faire ressentir le manque et le besoin.
« Un véritable engagement révolutionnaire commence par le grand débarras des tares de la routine, par le rejet de l’institutionnalisation, par le refus de la récupération dans les cadres de la protestation symbolique, par l’abandon des rituels et des comportements puristes de la marginalité. C’est le processus stratégique dans lequel on se place qui est déterminant : comment on s’oppose à la domination et, armés d’une juste cause, on participe à l’émancipation. »
Quel est notre projet ?
L’idée première est de s’organiser dans les facs par-delà tout purisme idéologique, loin de l’ennui qui y règne et depuis l’infinie diversité des profils qui s’y croisent sans jamais se rencontrer. Il s’agit simplement de prendre parti pour le quotidien, de le prendre au sérieux et de le façonner selon nos besoins et nos ambitions. Ce mouvement qui part du quotidien nécessite un processus d’ouverture large qui s’adresse à tout le monde. La mission, c’est de provoquer les rencontres, d’organiser leurs répétitions et de s’assurer que tout ce qui en émane saura coopérer pour résister et s’opposer à ceux qui voudront l’empêcher.
« Ce que je suis, c’est où est-ce que j’engage mes forces, comment je me bats, et vers quel objectif. »
La tâche des QLF est d’abord de construire des espaces, de se les approprier par rapport à ce que l’on veut et de se poser comme premier objectif la sociabilité sur le campus. Montrons que la fac n’est pas un simple lieu d’étude et d’examen, mais un espace qui nous appartient, que l’on peut transformer selon nos volontés. Réapproprions-nous ces lieux à travers des horizons ouverts comme la gratuité, le vol, les bons plans, les soirées...
Les réseaux QLF définissent ce qu’ils ne veulent pas à partir de ce qu’ils veulent
Qu’attendons-nous du quotidien lorsqu’on est à la fac ? On veut des espaces à nous, festifs, sympathiques, gratuits, et libres. Il s’agit de s’extraire de la pression de l’emploi du temps, de fuir les couloirs déprimants et de trouver des solutions immédiates et pratiques à la vie chère.
« La contestation c’est lorsque que je dis que ça ne me convient pas, la résistance c’est lorsque que je fais en sorte que ce qui ne me convient pas ne puisse pas durer plus longtemps. »
La pratique politique des QLF se fait à partir de lieux. On peut parler d’une forme de délocalisation du rapport politique qui se base habituellement sur des rapports idéologiques et doctrinaires. Cette délocalisation, si nous voulons la mener à bien, nécessite aussi d’effectuer un travail sur nous-mêmes, de combattre l’entre soi, et de miser sur l’humilité, la responsabilité et la confiance.
« Une forme d’organisation simple, uni-dimensionnelle, est en réalité la moins « anonyme » de toutes : à chaque fois qu’elle prend l’initiative, elle est contrainte d’exhiber sa nature entière : elle est donc continuellement contrainte de choisir entre paralysie politique et aventurisme organisationnel. Ce qu’il faut en revanche, c’est une grande richesse, une large multiplicité de formes, d’expressions et d’actions. »
IL FAUT CREER DEUX, TROIS, DES CENTAINES DE QLF – AN ZERO : COMMENT FAIRE ?
— Pose de table et récupération de lieu au sein des facs : banquet & installation de magasins gratuits.
— Diffusion des bons plans de chaque université : machine à distribuer sabotée, distribution de sandwichs, échanges de devoirs…
— Organisation de soirées étudiantes inter-facs, qui rassemblent la masse étudiante sans sélection économique. Une vraie ambiance discothèque avec un côté gratuit-thèque.
— Feux de joie et d’artifices à l’heure de l’apéro.
— Chasses aux trésors dans les supermarchés.
— Propagande sur les réseaux sociaux pour populariser les QLF, avec un certain sens du montage et de l’humour. Plus la communauté se développe, plus les QLF proposeront des tutos pour se faciliter la vie : tuto vol, tuto fraude, tuto numérique (crack de logiciel, Netflix, Spotify & match de foot en accès libre).
Évidemment, les possibilités d’actions ne sont pas parfaitement définies, (chaque fac aura à trouver sa propre originalité en s’appropriant les QLF) mais nous sommes sûrs que celles-ci se dessineront dans le feu de l’action, sans jamais séparer le dire et le faire.
« Sans application organisée, pas de plan d’épreuve, pas de vérification, pas de vérité. »
Nous pensons que c’est par ces méthodes pirates et ces lieux de rencontres qu’on pourra lutter sérieusement, en réussissant à connecter différentes universités entre elles à partir d’un projet commun, capable de généraliser des pratiques et d’être un véritable moteur dans les luttes nationales qui nous attendent.
« N’imaginez pas qu’il faille être triste pour être militant, même si la chose qu’on combat est abominable. C’est le lien du désir à la réalité qui possède une force révolutionnaire. »
https://www.instagram.com/reel/DBWn3bit7v4/embed/captioned/?cr=1&v=14&wp=540&rd=https%3A%2F%2Flundi.am&rp=%2FQLF-nouveau-parti-pris-etudiant#%7B%22ci%22%3A0%2C%22os%22%3A1964%2C%22ls%22%3A577%2C%22le%22%3A1906%7D
QLF ET SA THEORIE
Les QLF naissent de l’intuition des gilets jaunes. Sur un rond-point on se rencontre et on décide quelle orientation prendre ensemble.
Les ronds-points étudiants ont été créés plusieurs fois depuis la rentrée universitaire 2024 et à chaque fois, ils ont fonctionné. Bon, peut-être aussi parce que des crêpes et des sandwichs gratuits ça ne se refuse pas et que ça change de l’ambiance des queues pour quémander un panier alimentaire.
Mais ça va au-delà, le mal être étudiant est tel que même les organismes de santé diagnostiquent « une épidémie de solitude dans la jeunesse ». Qui n’a pas autour de soi des amis en dépression ou des camarades d’amphi complétement seuls ? Toutes ces pensées noires + la hess qui règnent dans les universités imposaient de prendre politiquement la situation en main.
Les QLF tentent de fédérer une communauté étudiante à partir d’un ensemble de pratiques que l’on définirait comme pré-politique : se réunir autour d’un banquet gratuit avec de la nourriture volée, défier l’administration pour brancher une machine à barbe papa, rencontrer des étudiants et étudiantes pendant une brésilienne ou un jeu de fléchettes... Ces moments sont pré-politiques, ils forment un « NOUS », créent un sentiment d’appartenance, développent « un inconscient communal [2]
[2] Si on veut pousser l’idée jusqu’au...
». Les ronds-points qu’on met en place permettent d’aimer un lieu, de se battre pour le faire exister, et de le défendre si l’occasion se présente. La pré-politique commence par une situation et un lieu : sa puissance est bien plus importante que la fidélité à une idée morte-vivante de la politique.
« Se battre pour un lieu précis, ce n’est pas la même chose que se battre pour une idée. »
Pour contrer l’argument du ‘’la pré-politique dissout la politique’’, les QLF répondent que la politique est une affaire d’intensification et nous sommes sûrs que les organes qui soutiennent aujourd’hui la vie collective quotidienne seront les plus à mêmes pour organiser les soulèvements du futur.
« Je refuse qu’on soit soumis, je sors le gala. »PNL, 91’s
Echangeons via @quelafac sur insta et préparons l’extension de la gratuité étudiante.
La prochaine séance se déroulera ce mercredi 17 décembre 2025 à 20 h 30 au CICP
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d'un lien Zoom Lien ZoomID de réunion: 897 3875 3584Code secret: 498945
Nous vous attendons le 17 décembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire - 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).
Axes de travail 2025/26Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situationPrésentationCe que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous à 20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.
Elle est desservie en correspondance par le bus 56.
Framasoft héberge les listes du collectif, soutenons Framasoft
Poèmes
En lien avec cette séance du séminaire, lire ces deux poèmes de Jorge Luis Borgès qui sont, à leur façon, une expression d'une épistémologie du devenir :
Les FleuvesNuagesNous sommes le tempsNous sommes la fameuseparabole d’Héraclite l’Obscur,Nous sommes l’eau, non le diamant dur,celle qui se perd, non celle qui repose.Nous sommes le fleuve et sommes ce Grecqui se mire dans le fleuve. Son refletchange dans l’eau du changeant miroir,dans le cristal qui change comme le feu.Nous sommes le vain fleuve fixé d’avance,en route vers sa mer. L’ombre l’a encerclé.Tout nous dit adieu, tout s’éloigne.La mémoire ne frappe pas sa monnaie.Et pourtant il y a quelque chose qui resteet pourtant il y a quelque chose qui geint.Extrait de: 1985, Les ConjurésNulle chose au monde qui n’ait éténuages. Nuages, les cathédrales,vitraux bibliques et roc monumental,que rasera le temps. Et l’Odyssée,changeante comme la mer. Et distinctechaque fois que nous l’ouvrons. Ton visagedans le miroir reflète une autre imageet le jour un incertain labyrinthe.Nous sommes ceux-là qui partent. Profusle nuage qui s’efface au couchantest à notre semblance. Constammentla rose en autre rose se transmue.Tu es nuage et mer, tu es oubli.Tu es aussi les choses qui t’ont fui.Traduit de l’espagnol par Jacques AncetIn, Jorge Luis Borges : « La proximité de la mer »Editions Gallimard, 2010
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La prochaine séance se déroulera le 17 décembre 2025 à 20 h 30 au CICP
Nous vous attendons le 17 décembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire - 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).
Axes de travail 2025/26Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situationPrésentationCe que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous à 20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.
Elle est desservie en correspondance par le bus 56.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d'un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.
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Controffensive - Resistere qui e ora: 13 décembre, 10:00 - Palermo - Italia
Via Vittorio Emanuele, 463Palermo
Miguel BenasayagFILOSOFO E PSICOANALISTA
Luca CasariniATTIVISTA E CAPOMISSIONE MEDITERRANEA
Cristina AlgaPRESIDENTE MARE MEMORIA VIVA ETS
Lina IssaMADRE E ARTISTA
Anna StaropoliSOCIOLOGA E DOCENTE FACOLTÀ TEOLOGICA
MODERAMartino Lo Cascio
RESISTERE QUI E ORA CONTR OFFENSIVEorganizzato da PerEsempio nottedoro in collaborazione con con il supporto di caritasPLAZA I OPERA
Pontificia Facoltà Teologica di Sicilia “San Giovanni Evangelista”
Rencontres et débats Autrement vous invite à rencontrer Jean-Michel Besnier le mercredi 10 décembre à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage paru aux éditions Hermann : "N’être plus qu’un objet".Jean-Michel Besnier est philosophe, professeur émérite de l'université Paris-Sorbonne, spécialiste de la philosophie des techniques. Il a écrit entre autre:Demain les posthumains : le futur a-t-il encore besoin de nous ? L'Homme simplifié : le syndrome de la touche étoile, Histoire des idées, Un cerveau très prometteur : conversation autour des neurosciences.
Traiter l’humain comme un objet a souvent suscité réprobation et indignation. À juste titre, philosophes et humanistes y ont vu la marque de l’asservissement, de l’aliénation, de la réduction de l’individu à un numéro… Or les développements technologiques de ces dernières décennies dévoilent un phénomène surprenant. L’attirance pour les objets dits intelligents est devenue universelle et quasi vitale. Mais nous n’attendons pas seulement des chatbots qu’ils nous « parlent », des IA qu’elles « raisonnent » ou des algorithmes qu’ils « prennent des décisions ». Nous voulons leur ressembler, et nous nous laissons traiter comme des objets dans l’espoir d’acquérir leurs qualités : être toujours hyperconnectés, réparables, améliorables, renouvelables, voire devenir immortels...
Retraçant l’histoire de nos relations ambivalentes avec les objets, ce livre analyse cet étrange désir de n’être plus qu’un objet, quitte à en finir avec la conscience, la finitude et la vie.
Le mercredi 10 décembre 2025 au Café de la Mairie,
8 Place Saint Sulpice. 19H00 à 21 H(Métro Saint Sulpice ligne 4)
Lien pour vous inscrire: https://my.weezevent.com/netre-plus-quun-objet
Salle à l’étage, chaque participant commandera au serveur une consommation à son arrivée.Merci de vous inscrire sur le lien ci-dessus.
Au plaisir de vous revoir.
Christian
Vidéo
En attendant, revoir la présentation du livre la singularité du vivant, en présence de Jean-Michel Besnier
https://www.youtube.com/watch?v=OEJ55k5LyQc
La prochaine séance se déroulera demain 19 novembre 2025 à 20 h 30 au CICP
Nous vous attendons demain à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire - 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien zoom ci-dessous).
Axes de travail 2025/26Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situationPrésentationCe que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous à 20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.
Elle est desservie en correspondance par le bus 56.
Lien zoom:https://us02web.zoom.us/j/85496081881?pwd=ubzWX7Yir8jkrO2QE6bcmba2vfnkAu.1 ID de réunion: 854 9608 1881Code secret: 963546
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La prochaine séance se déroulera le 19 novembre 2025 à 20 h 30 au CICP
Nous vous attendons le 19 novembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire - 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).
Axes de travail 2025/26Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situationPrésentationCe que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous à 20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.
Elle est desservie en correspondance par le bus 56.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d'un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.
LE DERNIER SÉMINAIRE
Pourquoi parler d’empire numérique ? Parce que les usages du numérique font désormais à ce point partie de notre environnement que nous n’avons plus le choix de les refuser, pour le meilleur mais aussi pour le pire.
Pourtant, nous savons encore peu de choses de la façon dont l’environnement numérique s’est progressivement imposé à nous parce que nous manquons du recul nécessaire. Ce livre a, de ce point de vue, une double ambition : clarifier le concept de numérique et lui redonner sa profondeur historique en utilisant trois notions, celle d’écriture, de calcul et de machine.
Contrairement à ce que l’on suppose habituellement, les données numériques n’existent pas dans la nature mais elles sont le fruit d’une synthèse culturelle hardie qui s’inscrit dans une tendance millénaire.
https://www.youtube.com/watch?v=tXsJ9k9X5Eo
Aussi le lecteur sera-t-il peut-être surpris d’apprendre que le numérique entretient avec l’écriture alphabétique des liens profonds ou que le traitement numérique déstabilise des notions aussi capitales pour notre démocratie que celle de loi ou de souveraineté. Mais il apprendra aussi que mettre au jour les limites du concept de numérique permet de lui rendre pleinement justice et de devenir acteur des changements culturels qu’il induit.
Autour des auteurs
Jean Lassègue, philosophe, est directeur de recherche au CNRS (Centre Georg Simmel – EHESS). Il a notamment co-écrit aux Puf avec Antoine Garapon Justice digitale. (2018) et Le numérique contre le politique (2021).
Giuseppe Longo est mathématicien de la logique et épistémologue (DRE-CNRS, École normale supérieure de Paris). Il est l’auteur du Cauchemar de Prométhée. Les sciences et leurs limites (Puf, 2023).
(Re)voir (Re)Écouter la dernière séance du séminaire "Comprendre et agir dans la complexité" du 19 novembre 2025
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif. Nous contacter
En lien avec cette séance du séminaire, lire ces deux poèmes de Jorge Luis Borgès qui sont, à leur façon, une expression d'une épistémologie du devenir :
Les Fleuves
Nous sommes le tempsNous sommes la fameuseparabole d’Héraclite l’Obscur,Nous sommes l’eau, non le diamant dur,celle qui se perd, non celle qui repose.Nous sommes le fleuve et sommes ce Grecqui se mire dans le fleuve. Son refletchange dans l’eau du changeant miroir,dans le cristal qui change comme le feu.Nous sommes le vain fleuve fixé d’avance,en route vers sa mer. L’ombre l’a encerclé.Tout nous dit adieu, tout s’éloigne.La mémoire ne frappe pas sa monnaie.Et pourtant il y a quelque chose qui resteet pourtant il y a quelque chose qui geint.
Extrait de:
1985, Les Conjurés
Nuages
Nulle chose au monde qui n’ait éténuages. Nuages, les cathédrales,vitraux bibliques et roc monumental,que rasera le temps. Et l’Odyssée,changeante comme la mer. Et distinctechaque fois que nous l’ouvrons. Ton visagedans le miroir reflète une autre image et le jour un incertain labyrinthe.Nous sommes ceux-là qui partent. Profusle nuage qui s’efface au couchantest à notre semblance. Constammentla rose en autre rose se transmue.Tu es nuage et mer, tu es oubli.Tu es aussi les choses qui t’ont fui.Traduit de l’espagnol par Jacques Ancet
In, Jorge Luis Borges : « La proximité de la mer »
Editions Gallimard, 2010
Pour écouter ou ré-écouter le dernier séminaire:
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Pour voir ou revoir le dernier séminaire :
https://www.youtube.com/watch?v=zv8PJr3kIFs
Le prochaine séance du séminaire Penser et agir dans la complexité aura lieu le mercredi 17 décembre au CICP – Paris 11ème arrondissement. Si vous ne pouvez pas venir en présence un lien Zoom sera communiqué 48 h avant la séance.
Recevoir les infos du collectif
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif. Nous contacter
Pour écouter ou ré-écouter le dernier séminaire:
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Pour voir ou revoir le dernier séminaire :
https://www.youtube.com/watch?v=0QXjxC6fjqk
Le prochaine séance du séminaire Penser et agir dans la complexité aura lieu le mercredi 22 octobre au CICP – Paris 11ème arrondissement. Si vous ne pouvez pas venir en présence un lien Zoom sera communiqué 48 h avant la séance.
Recevoir les infos du collectif
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif. Nous contacter
Pour écouter ou ré-écouter le dernier séminaire:
https://open.spotify.com/episode/3iSZCIF4HbtKPcu3NQIGuM?si=jfoi5DgXSSar712pH4oHiw
Pour voir ou revoir le dernier séminaire :
https://www.youtube.com/watch?v=ysbSukcZdnc
Le prochaine séance du séminaire Penser et agir dans la complexité aura lieu le mercredi 21 janvier au CICP – Paris 11ème arrondissement. Si vous ne pouvez pas venir en présence un lien Zoom sera communiqué 48 h avant la séance.
Recevoir les infos du collectif
Séminaire de ce soir 20h30 code zoom pour participer et voir à distance.
Zoom par navigateur internet
ID de réunion: 882 2854 7540Code secret: 542663
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.
Info en plus
Des vidéos découpés en fonction de thèmes clés, c'est l'ABCDAIRE. L'article sera complété au fur et à mesure par de nouvelles lettres. Rubrique: Boite-a-outils
Au menu:
E comme ESPOIR
I comme INDIVIDU
S comme SITUATION
R comme RECIT
La séance se déroulera ce mercredi 22 octobre à 20 h 30 au CICP
Nous vous attendons au CICP : 21 ter rue Voltaire - 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom, lien ci-dessous.
Axes de travail 2025/26Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situationPrésentationCe que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous à 20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.
Elle est desservie en correspondance par le bus 56.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence Zoom par navigateur internetID de réunion: 882 2854 7540Code secret: 542663
Revoir le dernier séminaire:
https://www.youtube.com/watch?v=pO71jvvHFpc&ab_channel=ChristianMrasilevici
Penser les liens à l'ère de «l'intelligence » artificielle, des algorithmes et des écrans.
https://www.youtube.com/watch?v=eAzN6yronVQ
Le prochaine séance du séminaire Penser et agir dans la complexité aura lieu le mercredi 22 octobre au CICP – Paris 11ème arrondissement. Si vous ne pouvez pas venir en présence un lien Zoom sera communiqué 48 h avant la séance.
Pour écouter ou ré-écouter la présentation du livre d'Angélique del Rey
🇫🇷 Congrès national Cpp
« Comment vas-tu ? ». C'est souvent ainsi que nous commençons nos conversations, mais la réponse est presque toujours la même : « Tout va bien ». Une réponse qui sert surtout à couper court, pour ne pas avoir à approfondir la vérité.
Il peut arriver que nous ne nous sentions pas « bien » même si notre organisme ne présente aucun problème particulier. Cela s'explique par le fait que la santé n'est pas simplement l'absence de maladie, mais un état de bien-être physique, mental et social complet.
Le CPP dirigé par Daniele Novara propose un congrès national consacré à un grand défi : bien vivre les conflits pour mieux vivre, dans tous les sens du terme. Se sentir vraiment bien signifie apprendre à vivre les relations, même dans les moments difficiles.
Le rendez-vous est fixé au 8 novembre au Théâtre Politeama de Plaisance. Daniele Novara ouvrira les travaux par une réflexion fondamentale : « Bien vivre les conflits pour se sentir bien ». Des experts tels qu'Alberto Pellai, Miguel Benasayag, Silvia Vegetti Finzi, Sebastiano Zanolli et Diego Miscioscia interviendront. Une nouvelle étude sur les conflits familiaux sera également présentée : plus de 650 parents ont participé à une enquête sur le lien entre les difficultés éducatives et le manque de conflits.
Il est possible de s'inscrire soit en présentiel, soit en streaming.
LE PROGRAMME
10h00Ouverture des travaux« Où en étions-nous restés… », interventions vidéo sur la recherche consacrée au « manque conflictuel »
10h20« Bien vivre les conflits pour rester en bonne santé »Daniele Novara, pédagogue, directeur du CPP et auteur
11h00« Comment le manque conflictuel chez les parents génère des blocages éducatifs »Une recherche visant à établir les coordonnées d'une relation incontournable, avec Daniele Novara, Antonella Gorrino et Filippo Sani, formateurs CPP
11h30Pause caféet séance de dédicaces avec les intervenants
11h50« Santé et conflit. La représentation de soi à une époque privée de passions et de désir »Miguel Benasayag, philosophe, psychanalyste et auteur, dialogue avec Filippo Sani, formateur CPP, sociologue et pédagogue.
12h30« Soigner par l'éducation »Voix, histoires, expériences avec lecture théâtrale et musique.
12h40« Éduquer ou rechercher les troubles chez les enfants ? »Silvia Vegetti Finzi, psychologue, pédagogue et autrice, dialogue avec Marta Versiglia, pédagogue et formatrice CPP
13h10 – 14h30Pause déjeuneret séance de dédicaces avec les intervenants14h30Reprise des travaux14h40« Une bonne gestion des conflits est synonyme de santé »Voix, histoires, expériences avec lecture théâtrale et musique14h50« Conflits, émotions… et autres maux »Alberto Pellai, psychothérapeute spécialisé dans le développement de l'enfant et auteur, s'entretient avec Lorella Boccalini, pédagogue et formatrice CPP.
15h20« La prophétie de Franco Fornari »Diego Miscioscia, psychologue, psychothérapeute et auteur, s'entretient avec Laura Beltrami, pédagogue et formatrice CPP.
15h40« La santé dans les organisations passe par la gestion des conflits ».Sebastiano Zanolli, manager et auteur, accompagné de Fabrizio Lertora, expert en processus organisationnels et collaboratifs, s'entretient avec Laura Petrini, conseillère et formatrice CPP.
16h20Conclusions de la conférence avec Daniele Novara.
16h30Clôture des travaux avec une expérience chorale collective.
🇮🇹 Convegno Nazionale Cpp
“Come stai?”. Spesso apriamo così le nostre conversazioni, ma quasi sempre la risposta è standard: “Tutto bene”. Una risposta che più che altro serve solo per tagliare corto, per non dover approfondire la verità.
Può capitare di non sentirci “bene” anche se il nostro organismo non ha particolari problemi. Accade perché la salute non è semplice assenza di malattia, ma uno stato di completo benessere fisico, mentale e sociale.
Il CPP diretto da Daniele Novara propone un convegno nazionale dedicato a una grande sfida: vivere bene i conflitti per vivere meglio, in tutti i sensi. Stare bene davvero significa imparare a vivere le relazioni, anche nei momenti difficili.
L’appuntamento è per l’8 novembre al Teatro Politeama di Piacenza. Daniele Novara aprirà i lavori con una riflessione fondativa: “Vivere bene i conflitti per stare bene”. Interverranno esperti come Alberto Pellai, Miguel Benasayag, Silvia Vegetti Finzi, Sebastiano Zanolli, Diego Miscioscia. Verrà presentata anche una nuova ricerca sul conflitto in ambito familiare: oltre 650 genitori coinvolti in un’indagine sul legame tra difficoltà educative e carenza conflittuale.
È possibile iscriversi sia in presenza sia in straming.
IL PROGRAMMA
10.00Apertura dei lavori“Dove eravamo rimasti…”, video interventi sulla ricerca dedicata alla “carenza conflittuale”
10.20“Vivere bene i conflitti per stare in salute”Daniele Novara, pedagogista, direttore CPP e autore
11.00“Come la carenza conflittuale nei genitori genera inceppamenti educativi”Una ricerca per stabilire le coordinate di un rapporto imprescindibile, con Daniele Novara insieme ad Antonella Gorrino e Filippo Sani, formatori CPP
11.30Coffee Breake firmacopie insieme ai relatori
11.50“Salute e conflitto. La rappresentazione di sé in un’epoca privata delle passioni e del desiderio”Miguel Benasayag, filosofo, psicanalista e autore, dialoga con Filippo Sani, formatore CPP, sociologo e pedagogista
12.30“Curare con l’educazione”Voci, storie, esperienze con lettura teatrale e musica
12.40“Educare o cercare il disturbo nei bambini?”Silvia Vegetti Finzi, psicologa, pedagogista e autrice, dialoga con Marta Versiglia, pedagogista e formatrice CPP
13.10 – 14.30Pausa pranzoe firmacopie insieme ai relatori
14.30Ripresa dei lavori
14.40“La buona gestione dei conflitti è salute”Voci, storie, esperienze con lettura teatrale e musica
14.50“Conflitti, emozioni… e altre magagne”Alberto Pellai, psicoterapeuta dell’età evolutiva e autore, dialoga con Lorella Boccalini, pedagogista e formatrice CPP
15.20“La profezia di Franco Fornari”Diego Miscioscia, psicologo, psicoterapeuta e autore, dialoga con Laura Beltrami, pedagogista e formatrice CPP.
15.40“La salute nelle organizzazioni viene dal saper gestire i conflitti”.Sebastiano Zanolli, manager e autore, insieme a Fabrizio Lertora, esperto di processi organizzativi e collaborativi, dialogano con Laura Petrini, Counselor e formatrice CPP
16.20Conclusioni del convegno con Daniele Novara.
16.30Chiusura lavori con esperienza corale collettiva
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif. Nous contacter
Pour écouter ou ré-écouter le dernier séminaire:
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Pour voir ou revoir le dernier séminaire :
https://www.youtube.com/watch?v=pO71jvvHFpc&ab_channel=ChristianMrasilevici
Le prochaine séance du séminaire Penser et agir dans la complexité aura lieu le mercredi 22 octobre au CICP – Paris 11ème arrondissement. Si vous ne pouvez pas venir en présence un lien Zoom sera communiqué 48 h avant la séance.
Recevoir les infos du collectif
Nous vous donnons rendez-vous mercredi 24 septembre à 20 h 30 au CICP de Paris(21ter Rue Voltaire, 75011 PARIS).
Voir plan d'accès en bas de la page.
Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
Si vous ne pouvez pas venir en présence, il est possible de vous connecter avec le lien Zoom ci-dessous :https://us02web.zoom.us/j/88561982440?pwd=yQe4OAeFW7Qj6huuA268gxrZqlvkVE.1ID de réunion: 885 6198 2440Code secret: 465833
Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation
PrésentationCe que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos et audios des précédentes séances.
Emplacement
La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.
Elle est desservie en correspondance par le bus 56.
🇫🇷 Pour CHAM | Cahiers de criseRevue de culture et de pensée critique
Il n'y a pas d'autre terre. No other land.
Se rendre compte qu'une fois de plus, les chars obligent à tout perdre.
Jamais, jamais, les individus et les gouvernements ne pourront dire « je ne savais pas ».
Et avec Primo Levi, qui était à Auschwitz, nous nous demanderons à nouveau « Comment cela a-t-il pu arriver ? ».
Écrit par Gustavo Provitina, spécial pour www.purochamuyo.com
https://purochamuyo.com/el-calvario-palestino/
🇪🇸 puroCHAMUYO | CuadernosDeCrisisRevista de Cultura y Pensamiento Critico
No hay otra tierra. No other land.
Darse cuenta que una vez más, los tanques obligan a perderlo todo.
Nunca jamás, individuos y gobiernos podrán decir "yo no sabía".
Y con Primo Levi, que estuvo en Auschwitz, volveremos a preguntar "¿Cómo pudo ser?"
Escribe Gustavo Provitina, especial para www.purochamuyo.com
Nueva edición de www.purochamuyo.com
Leer aquí
https://purochamuyo.com/el-calvario-palestino/
Lea y comparta el periodismo y la cultura autogestiva
Si no desea recibir más nuestro correo con la publicación actualizada, por favor envíe un mail a:purochamuyorevistaweb
Le Centre Primo Levi et l’Association Franco Argentine de Psychiatrie et Santé Mentale vous invitent à la présentation du livre « Rêves et témoignages. Politique de l’inconscient et discours juridique » de Fabiana Rousseaux.
le 16 octobre 202519h30-21h30Amphithéâtre MorelCentre Hospitalier Sainte-AnneGHU Paris Psychiatre Neurosciences1 rue Cabanis 75014 PARIS
Invitées• Fabiana Rousseaux, psychanalyste argentine, autrice de l’ouvrage, fondatrice et ex-directrice du Centre d’assistance aux victimes de violations des droits de l’homme « Dr. Fernando Ulloa » ;• Me Sophie Thonon, avocate au barreau de Paris, auprès des familles des français disparus en Argentine et au Chili ;• Isis Castañeda Capriroli, psychologue clinicienne psychanalyste, enseignante à l’Université d’Aix-Marseille (LPCP).
DiscutantsArmando Cote, psychologue clinicien, psychanalyste, au Centre Primo Levi, enseignant au Collège Clinique EPFCL ;Lucia Bley, psychologue clinicienne, psychanalyste, au Centre Primo Levi.
Comment témoigner après un événement traumatique ? Les processus judiciaires peuvent-ils aider le travail de mémoire? Quelles implications cela peut-il avoir pour le sujet de l’inconscient ? Nous aborderons ces questions à partir de l’ouvrage de Fabiana Rousseaux, où elle questionne le statut juridique des rêves dans les procès de crimes contre l’humanité, à partir de trois cas en Argentine.
Entrée gratuite, places limitées.Inscription par mail : revestemoignages@gmail.com
Rencontres et débats Autrement vous invite à rencontrer Angélique del Rey à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage paru aux éditions de la découverte en POCHE : "A l'école des compétences".Agrégée de philosophie, Angélique del Rey enseigne aux futurs professeurs des écoles à l'INSPE de Créteil. Elle est l'auteure, avec Miguel Benasayag, de Plus jamais seuls. Le phénomène du téléphone portable (Bayard, 2006) et Éloge du conflit (La Découverte, 2007). Elle a également collaboré, avec des membres du Réseau Éducation sans frontières, à l'écriture de La Chasse aux enfants (La Découverte, 2008).
Professeure de philosophie, elle a été confrontée comme nombre d'enseignants à une forte incitation émanant de l'Éducation nationale : celle d'évaluer systématiquement les " compétences acquises " par les élèves, sur des critères préétablis. Frappée par l'utilitarisme de cette méthode, elle a voulu en savoir plus sur son origine. À sa grande surprise, elle a découvert l'omniprésence de l'" approche par compétences " dans l'éducation : depuis les années 1980, celle-ci est de plus en plus utilisée, dans les pays du Nord comme du Sud, de la maternelle à l'université, pour l'évaluation personnelle des élèves comme pour celle des systèmes éducatifs nationaux. Ce qui l'a amenée à explorer un univers méconnu : celui du " marché des compétences ", fondé sur la théorie du " capital humain ", promue par des institutions internationales comme l'OCDE et l'Unesco.Dans son livre, elle plaide pour qu’enseignants et parents encouragent, par leur éducation, les jeunes à « suivre leur chemin », quitte à les mettre en conflit avec les principes utilitaristes qui prévalent.
Le mercredi 1 octobre 2025 au Café de la Mairie,
8 Place Saint Sulpice. 19H00 à 21 H
Lien pour vous inscrire: https://my.weezevent.com/rencontres-et-debats-autrement-recoit-angelique-del-rey
Salle à l’étage, Chaque participant commandera au serveur une consommation à son arrivée.Merci de vous inscrire sur le lien ci-dessus.
Au plaisir de vous revoir.
Christian
🇫🇷 Pour CHAM | Cahiers de criseRevue de culture et de pensée critique
10e année d'édition
Est-ce les dépenses, la fuite, la dette ?
Les finances et l'usure, encore une fois, font la fête.
50 ans d'asservissement à la dette et un nouvel ajustement féroce de l'économie argentine.
Ce qu'il faut savoir, avec des données spéciales du FMI, de la BM et de la Banque centrale.
Des données, pas des balivernes.
Nouvelle édition de www.purochamuyo.comLisez et partagez le journalisme et la culture autogérée
🇪🇸 puroCHAMUYO | CuadernosDeCrisisRevista de Cultura y Pensamiento Critico
10º año de edición
¿Es el gasto, es la fuga, es la deuda?
Finanzas y usura, otra vez, de fiesta.
50 años de sometimiento con la deuda y un nuevo ajuste feroz en la economía Argentina.
Lo que hay que saber, con datos especiales del FMI, el BM y el Banco Central.
Datos, no chamuyo.
Nueva edición de www.purochamuyo.com
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La prochaine séance se déroulera le 24 septembre 2025 à 20 h 30 au CICP
Le séminaire du collectif Malgré Tout « Penser et agir dans la complexité » fait sa rentrée pour nouvelle saison 2025/26 !
Nous vous attendons le 24 septembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire - 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).
Axes de travail 2025/26Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situationPrésentationCe que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous à 20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.
Elle est desservie en correspondance par le bus 56.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d'un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.
Reprise des Rencontreset Débats Autrement avec une penséepour Brigitte Pätzold qui devait présenterl'ouvrage Contre-Offensive.
On n'a jamais autant eu raison de se révolter !
Alors que rien ne semble aujourd'hui pouvoir arrêter les forces de destruction du vivant, des écosystèmes et de la culture, la résistance ne doit pas se poser comme une question simplement théorique. Or, si un nombre croissant de nos contemporains ressentent l'urgence d'agir, on ne peut plus penser l'engagement sur les bases d'un paradigme moderne qui identifie l'émancipation à la prise du pouvoir.
Dans le monde complexe qui est le nôtre, les luttes sont désormais confrontées à la nécessité de dépasser le mode d'agir linéaire et binaire qui a façonné l'Occident et son entreprise de domination. Au plus près des défis que pose notre époque, Miguel Benasayag et Bastien Cany nous invitent à explorer les pratiques issues de la mouvance décoloniale.
En s'appuyant sur les expériences de la lutte propres aux sociétés colonisées (mouvements d'occupation des terres en Amérique latine, assembléisme argentin, révolte indienne du Chiapas), ils tentent de constituer, sans chercher à fournir des modèles ou des recettes prêtes à l'emploi, un vadémécum pour la résistance.
Vidéo de la rencontre
https://www.youtube.com/watch?v=XWOZ-r9bkJ4&ab_channel=ChristianMrasilevici
Audio de la rencontre
Audio de la rencontre à Télécharger
Reprise du séminaire Penser et agir dans la complexité après les vacances au CICP – Paris 11ème arrondissement.En attendant vous pouvez retrouver les anciens séminaires en suivant ce lien: Séminaires
Le problème
1.- Solidarité face à la situation du « Garrahan » et à la crise sanitaire en Argentine.
L'Hôpital National de Pédiatrie "Prof. Dr. Juan P. Garrahan" est une référence en matière de santé publique en Argentine. Parler du "Garrahan", c'est parler d'excellence et de développement. C'est une référence en Amérique Latine et au niveau international. On peut parler d'une "philosophie Garrahan". Pour l’Argentine et les pays du sous-continent, l'hôpital Garrahan a une importance particulière. Depuis sa création en 1986 jusqu'à son inauguration en 1987, cet établissement a été conçu par une équipe interdisciplinaire sélectionnée par un concours public et ouvert aux meilleurs pédiatres d'Argentine. C'est un hôpital de gestion autonome, public et gratuit, pionnier en matière de greffes et de soins de haute complexité. L'ajustement décidé par l'État national détruit rapidement les ressources humaines de l'hôpital faisant vaciller l'institution.
Dans le quotidien La Nación du 14 juin 2025 : "Un groupe de professionnels qui ont joué un rôle essentiel dans le processus ayant permis de transformer cet hôpital pédiatrique hautement complexe en un modèle pionnier, non seulement dans le pays mais aussi dans le monde, a été interviewé. Là, des enfants et des adolescents sont pris en charge, qui, en plus de souffrir de maladies graves, font également face à toutes sortes de difficultés. De nos jours, ces professionnels partagent un sentiment commun de 'profonde tristesse et inquiétude' face au conflit qui a mis le Garrahan sous le feu des projecteurs et qui a atteint son paroxysme ces derniers jours. La profonde détérioration s'est aggravée depuis fin 2023, en raison d'un budget stagné, de l'effondrement des salaires et de l'exode subséquent de médecins et d'autres spécialistes de la santé."
Appel à la solidarité avec les équipes de l'hôpital Garrahan de Buenos Aires en lutte
Cet hôpital réalise chaque année 600 000 consultations, 11 000 interventions chirurgicales et 110 greffes. Il est équipé de 557 lits, dont 110 de soins intensifs. 7000 travailleurs spécialisés, internes et stagiaires sont au service de la santé des plus vulnérables, les enfants. Son personnel doit vivre dignement pour continuer à offrir le meilleur de la santé publique à nos enfants et adolescents. Rien ne fera tomber le Garrahan !
La santé ne doit jamais être une variable d'ajustement.
Cet appel doit être entendu et largement diffusé.
Cliquer içi pour accéder à la pétition
En espagnol
2.- Solidaridad frente a la situación del "Garrahan" y a la crisis sanitaria en Argentina
El Hospital Nacional de Pediatría "Prof. Dr. Juan P. Garrahan" es una referencia en materia de salud pública en Argentina. Hablar del "Garrahan" es hablar de excelencia y desarrollo. Es una referencia en América Latina y a nivel internacional. Se puede hablar de una "filosofía Garrahan". Para los argentinos y los países del subcontinente, el hospital Garrahan tiene una importancia particular. Desde su creación en 1986 hasta su inauguración en 1987, este establecimiento fue concebido por un equipo interdisciplinario seleccionado por concurso público y abierto a los mejores pediatras de Argentina. Es un hospital de autogestión público y gratuito, pionero en materia de trasplantes y de cuidados de alta complejidad. Es único en el subcontinente y también recibe a pacientes de países vecinos. El ajuste decidido por el estado nacional está destruyendo aceleradamente el Recurso humano del hospital, haciendo tambalear la Institución
En el diario La Nación del 14 de junio de 2025: "Un grupo de profesionales que desempeñaron un papel esencial en el proceso que ha permitido convertir este hospital pediátrico altamente complejo en un modelo pionero, no solo en el país sino también en el mundo, fueron entrevistados. Allí se atienden a niños y adolescentes que, además de sufrir enfermedades graves, también enfrentan todo tipo de dificultades. Hoy en día, estos profesionales comparten un sentimiento común de 'profunda tristeza e inquietud' ante el conflicto que ha puesto al Garrahan en el centro de atención y que ha alcanzado su punto máximo en los últimos días. La profunda deterioración se ha agravado desde finales de 2023, debido a un presupuesto estancado, el colapso de los salarios y el éxodo subsiguiente de médicos y otros especialistas de la salud."
Llamado a la solidaridad con los equipos del hospital Garrahan de Buenos Aires en lucha.
En este hospital se realizan anualmente 600,000 consultas, 11,000 intervenciones quirúrgicas y 110 trasplantes. Está equipado con 557 camas, de las cuales 110 son de cuidados intensivos. 7000 trabajadores especializados, internos y pasantes están al servicio de la salud de los más vulnerables, los niños.
Su personal debe vivir dignamente para seguir ofreciendo lo mejor de la salud pública a nuestros niños y adolescentes.
¡Nada derribará al Garrahan!
La salud nunca debe ser una variable de ajuste.
Este llamado debe ser escuchado y ampliamente difundido.
En Italien
3.- Solidarietà di fronte alla situazione del "Garrahan" e alla crisi sanitaria in Argentina
L'Ospedale Nazionale di Pediatria "Prof. Dr. Juan P. Garrahan" è un punto di riferimento nella salute pubblica in Argentina. Parlare del "Garrahan" significa parlare di eccellenza e sviluppo. È un punto di riferimento in America Latina e a livello internazionale. Si può parlare di una "filosofia Garrahan". Per gli argentini e i paesi di Sudamerica, l'ospedale Garrahan riveste un'importanza particolare. Dalla sua creazione nel 1986 fino alla sua inaugurazione nel 1987, questa struttura è stata concepita da un'équipe interdisciplinare selezionata da concorso pubblico e aperta ai migliori pediatri dell'Argentina. È un ospedale pubblico e gratuito autogestito, pioniere nei trapianti e nelle cure altamente complesse. È unico in Sudamerica e riceve anche pazienti dai paesi vicini. L'aggiustamento deciso dallo Stato nazionale sta rapidamente distruggendo le risorse umane dell'ospedale, facendo vacillare l'istituzione
Nel quotidiano La Nación del 14 giugno 2025: "È stato intervistato un gruppo di professionisti che hanno svolto un ruolo essenziale nel processo che ha permesso di trasformare questo ospedale pediatrico altamente complesso in un modello pionieristico, non solo nel paese ma anche nel mondo. Lì si occupano di bambini e adolescenti che, oltre a soffrire di gravi malattie, affrontano anche ogni tipo di difficoltà. Oggi, questi professionisti condividono un sentimento comune di "profonda tristezza e disagio" di fronte al conflitto che ha messo il Garrahan sotto i riflettori e che ha raggiunto il suo apice negli ultimi giorni. Il profondo deterioramento è peggiorato dalla fine del 2023, a causa di un bilancio stagnante, del crollo degli stipendi e del conseguente esodo di medici e altri specialisti della salute".
Appello alla solidarietà con l’équipe dell'ospedale Garrahan di Buenos Aires in lotta.
In questo ospedale vengono eseguite ogni anno 600.000 visite, 11.000 interventi chirurgici e 110 trapianti. È dotata di 557 posti letto, di cui 110 di terapia intensiva. 7000 lavoratori specializzati e specializzandi sono al servizio della salute dei più vulnerabili, i bambini. Il suo personale deve vivere con dignità per continuare a offrire il meglio della salute pubblica ai nostri bambini e adolescenti.
Niente abbatterà il Garrahan!
La salute non dovrebbe mai essere una variabile di regolazione.
Questo appello deve essere ascoltato e ampiamente diffuso.
En Anglais
4.- Solidarity in the face of the "Garrahan" situation and the health and social crisis in Argentina
The National Pediatric Hospital "Prof. Dr. Juan P. Garrahan" is a benchmark in public health in Argentina. To speak of the "Garrahan" is to speak of excellence and development. It is held up as a gold standard in Latin America and internationally. We can even speak of a "Garrahan philosophy". For Argentines and the countries of the subcontinent, the Garrahan hospital is of particular importance.
From its creation in 1986 until its inauguration in 1987, this establishment was conceived by an interdisciplinary team selected by public competition and open to the best pediatricians in Argentina. It is a free, public, self-managed hospital, a pioneer in the field of transplants and highly complex care. It is unique in the subcontinent and also receives patients from neighbouring countries. The adjustment decided by the national government is rapidly destroying the hospital's human resources, causing the institution to falter.
The newspaper La Nación of 14 June 2025 described: "A group of professionals were interviewed, who played an essential role in the process that has allowed this highly complex paediatric hospital to become a pioneering model, not only in the country but also in the wider world. It treats children and adolescents who, in addition to suffering from serious illnesses, also face all kinds of difficulties.
Today, these professionals share a common feeling of 'deep sadness and unease' at the conflict that has put the Garrahan in the spotlight and has reached its peak in recent days. The deep deterioration has worsened since the end of 2023, due to a stagnant budget, the collapse of salaries and the subsequent exodus of doctors and other health specialists."
Call for solidarity with the struggling teams of the Garrahan hospital in Buenos Aires.
The hospital performs 600,000 consultations, 11,000 surgeries and 110 transplants annually. It is equipped with 557 beds, 110 of which are intensive care beds. 7000 specialised workers, interns and trainees are at the service of the health of the most vulnerable, the children. Its staff must live in dignity to continue offering the best of public health to our children and adolescents.
Nothing will bring the Garrahan down! Health must never be an adjustment variable.
This call must be heard and widely disseminated.
Le futur s’est donné rendez-vous en 2025 et a bloqué la date du 20 septembre pour empêcher que le monstre vorace Cigéo nous exproprie aujourd’hui et confisque notre avenir.La lutte d’hier à demain vous invite ainsi à une grande manif contre la poubelle nucléaire !
Parce qu’à Bure, c’est aujourd’hui que tout se joue !Retrouvons-nous le 20 septembre contre Cigéo, le nucléaire et son monde pour faire bifurquer le futur !
Plus d’infos à venir ici : https://manifbure.fr/
Pour nous écrire : manifbure@riseup.net
Rencontres et débats Autrement vous invite à rencontrer le philosophe Miguel Benasayag et Bastien Cany pour parler de leur dernier ouvrage « CONTRE-OFFENSIVE » Agir et résister dans la complexité.
Au plus près des défis que pose notre époque, Ils nous invitent à explorer les pratiques issues de la mouvance décoloniale. En s'appuyant sur les expériences de la lutte propres aux sociétés colonisées (mouvements d'occupation des terres en Amérique latine, assembléisme argentin, révolte indienne du Chiapas), ils tentent de constituer, sans chercher à fournir des modèles ou des recettes prêtes à l'emploi, un vadémécum pour la résistance.
Le mercredi 18 juin 2025 au Café de la Mairie,
8 Place Saint Sulpice. 19H00
Lien pour vous inscrire: https://my.weezevent.com/contre-offensive-agir-et-resister-dans-la-complexite-1
Salle à l’étage, Chaque participant commandera au serveur une consommation à son arrivée.Merci de vous inscrire sur le lien ci-dessus.
Au plaisir de vous revoir.
Christian
DU VENDREDI 30 MAI AU LUNDI 1er JUIN, FAISONS LA FÊTE AU LENTILLERES !
ÉDITO : On a écrit plein d’éditos de la fête des Lentillères. On a produit énormément d’affiches pour inviter foule à nos fêtes, chantiers, manifs, réunions, concerts, débats, semaines de résistance et autres joyeusetés.
On a raconté dans plein plein d’articles, de revues amies, de tribunes, qu’ici on réinvente la vie sans médiation du pouvoir, proches les unes des autres, contentes de s’éloigner de l’humiliation des systèmes de domination. Qu’on tente de se tirer de la merde ensemble, de retrouver un rapport au vivant, à la communauté et au collectif, défoncés par le capitalisme colonial, hétérosexiste et validiste.
On a expliqué « construire la lutte », « solidarité », « bâtir les communs » pour les médias mainstream, pensé un cadre juridique qui pourrait nous traduire, on a tourné un film pour raconter ce qui ne pouvait pas être dit et dans les langues qu’on n’écrit pas. On a produit des prises des paroles splendides et vénères.
Tous ces milliards de mots sont là, sur internet, papier, dans nos bouches, dans ta mémoire aussi. Il faut défendre ce que racontent tous ces mots, parce que la mairie, l’Etat, le climat politique sont hostiles, puants et écrasants.
Bref. En fait ce que je veux dire aujourd’hui c’est : j’ai 15 ans ! Est-ce que c’est pas déjà une grande victoire ?
Pour ces 15 ans, j’aimerais que tous les gens chez qui raisonnent ou ont raisonné ces mots, celleux qui étaient déjà là pour mes deux ans comme celleux que j’ai rencontrés le mois dernier, viennent à la grande fête que j’organise !
Franchement, j’ai vraiment passé un début d’année de merde, le bahut me cringe, la dirlo a changé et j’ai été collé au moins 200h dans une pièce sombre, froide et sans électricité.
Alors pour me mettre bien, cette année, je veux organiser un anniversaire un peu spécial, avec une maxi chasse au trésor ou vous êtes toustes invitées !
Mais tu me connais, chez moi il n’y a pas de règle qui ne peut être transgressée, et puis au fond, on sait que c’est le Quartier des Lentillères le vrai trésor. Alors tu peux venir jouer mais tu peux aussi choisir de profiter de ce moment pour venir te balader sur la friche et sentir tout ce qui est immontrable, irracontable, et que cela te transforme à jamais !
Je sais que les mots pèsent pas lourd face aux bulldozers, par contre ce qui pèse pour garder la force c’est se sentir ensemble. Pas juste ensemble, ensemble ensemble.
Franchement je me vois pas continuer sans vous.
Alors venez montrer qu’on va passer les 15 prochaines années ensemble !
Programme
Accessibilité
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Site internet
Cliquez ici pour accéder au site internet des lentillères
Localisation
Hier soir, quelques heures après la parution de l’arrêté d’expulsion de la Gaîté Lyrique, nous nous sommes rassemblés massivement. Toute la nuit, des centaines de personnes se sont mobilisées en résistance aux côtés du Collectif des Jeunes du Parc de Belleville, pour exiger un toit pour tous.tes les occupant.e.s.
Rien dans cette opération ne s’est déroulé dans le respect du droit et des personnes présentes. Moins de 24h se sont écoulées entre la publication de l’arrêté et le début de l’expulsion, l’opération devait commencer à 6h, les policiers nous ont chargé.es dès 5h40. Après cette première charge, nous avons attendu des heures dans le froid, nassé.es, sans pouvoir soigner les blessé.es. Nous avons ensuite été gazé.es, matraqué.es, interpellé.es arbitrairement et pourchassé.es dans les rues et bouches de métro.
Aujourd’hui, nous avons subi le déploiement total du racisme dans l’indifférence de la plus grande Mairie française dite de gauche :
racisme d’un gouvernement qui déploie un dispositif quasi-militaire pour évacuer des jeunes déjà sortis du bâtiment occupé,
racisme des médias et des fascistes qui chaque jour nous ont harcelé et provoqué,
racisme de la police qui a séparé les “associatifs” des “migrants” pour procéder aux contrôles d’identités, nous a traqué et interpellé jusque dans les cafés adjacents
racisme d’un système qui refuse de nous intégrer alors que nous demandons juste à vivre, étudier, travailler, être considéré.es comme égaux et égales.
En un an, nous avons observé la lâcheté de la Mairie de Paris : alors que nous occupions la Maison des Métallos pour revendiquer un toit, la Mairie disait que nous devions cesser d’investir leurs bâtiments et engager un vrai rapport de force avec l’Etat. Ces trois derniers mois à la Gaité, nous avons visibilisé notre combat et renforcé notre réseau de solidarité. Nous avons laissé l’opportunité à la Mairie de se battre à nos côtés pour nos droits. Elle ne l’a pas fait et pire encore : ce matin, Mme Hidalgo a préféré intervenir sur la matinale de France Inter, estimant qu’à “ce stade, c’est ce qu’il fallait faire”, en parlant de l’expulsion brutale sans solution que nous venions de vivre. La Maire de Paris a menti en direct en affirmant qu’il y avait des propositions d’hébergement à Paris, c’est faux : un seul bus a été déployé, direction Rouen, pour une durée de trois semaines. La honte !
Ce soir, tout le monde se demande où nous allons dormir, nous les 450 jeunes expulsé.es, parce que même dans la rue, nous sommes traqué.es sans pouvoir nous déplacer librement, encore moins poser une tente. Des dizaines de personnes sont blessées, tout le monde est traumatisé. En tout, on dénombre une grosse cinquantaine d’interpellations. Six de nos camarades en recours de minorité ont été libérés avec des OQTF. Une dizaine de jeunes sont toujours en garde à vue aux commissariats du 18ème et 12ème, risquant un transfert en CRA.
Nous n’avons jamais vécu une telle situation en plein Paris. Que tout le monde prenne conscience de ce qui se joue autour de notre lutte : il ne s’agit pas seulement du droit à l’hébergement pour les mineur.es isolé.es, mais bien d’une bataille contre l’extrême-droite et son monde.
Nous appelons à un rassemblement dès maintenant devant les commissariats du 18eme (rue de l’Evangile) et du 12ème arrondissement (rue Aubrac).
Ce samedi 22 mars, à l’occasion de la marche internationale contre le racisme, rejoignez notre cortège.
Le Conseil démocratique de Paris - pour le soutien aux mouvements populaires en Iran appelle à un rassemblement à Place de la Bastille ce samedi 15 février de 16h à 18h.
Vendredi 7 février aura lieu l'audience au Tribunal Administratif suite à la procédure d'expulsion engagée par la Mairie de Paris. Le rendez-vous est fixé à 13h Place Baudoyer.
Page instagram du Collectif: https://www.instagram.com/belleville.mobilisation/?hl=fr
Cagnotte solidaire pour soutenir le Collectif (qui assure actuellement 450 repas par soir): https://www.helloasso.com/associations/liberte-egalite-papiers/formulaires/1
https://www.youtube.com/watch?v=lDpSBdUMlu8
Nous avons attendu tout ce temps sans recevoir de réponses de la Mairie, et c’est maintenant, après un mois, que la Mission d’urgence sociale accepte une réunion formelle avec le Collectif. On espérait que ce soit l’occasion pour discuter des propositions d’hébergement, mais tel n’a pas été le cas. Ils sont venus nous expliquer où on peut se laver et manger, mais surtout ils nous ont communiqué l’intention de lancer une procédure judiciaire d’expulsion au Tribunal Administratif, la venue d’un huissier et un comptage par la police municipale tous les jours.
Quelle honte : où est l’action sociale dans tout ça ? Nous, on savait où nous laver et où manger même avant leur venue et avant l’occupation de la Gaîté Lyrique. Tous les soirs le collectif fournit 350 repas, financés avec la caisse de solidarité. Nous ne voulons pas de leur hypocrisie : au lieu de faire semblant de se préoccuper pour nous, ils auraient pu nous proposer une solution digne. La bonne nouvelle c’est qu’aujourd’hui nous sommes plus de 300 jeunes à occuper ce lieu : c’est seulement grâce à l’action et à la détermination du Collectif que la quasi-totalité des jeunes à Paris sont à l’abri, même si c'est dans des conditions très dures.
Pendant ce temps, les différentes institutions, les centres d’évaluations, les associations comme France Terre d’Asile dirigent les jeunes vers la Gaîté, le seul lieu où un mineur en recours puisse passer la nuit à l’abri. Cela prouve que rien n’est organisé pour nous, par une mairie qui s’est positionnée publiquement contre la loi immigration le 27 janvier 2024 et qui refuse de mettre en place une vraie politique d'accueil. Contrairement à ce qui se fait en Espagne et en Italie. On se demande donc en quoi la « mission d’urgence sociale » accomplit sa mission de trouver une solution avant que la situation n’empire et ne devienne encore plus urgente.
La mairie pense à une procédure d'expulsion alors que nous demandons une protection. Chaque année, la Mairie organise une “Nuit de la Solidarité” pour compter les gens qui dorment à la rue. Alors qu’ils ne cherchent aucune solution d’accueil réelle. Ils font semblant de se soucier d’eux et de les aider, pour se couvrir politiquement. Compter n’est pas accueillir. Nous ne sommes pas du bétail. On en a marre de tout ça. Si la Mairie n’est pas d’accord avec la politique raciste de l’État, elle n’a qu’à s’y opposer publiquement et montrer que d’autres manières de faire sont possibles.
Le Collectif dénonce et démasque l’hypocrisie de ces institutions, et pour cela organise une manifestation le samedi 11 janvier à 15h00, au départ de la Gaîté Lyrique occupée jusqu’à l’Hôtel de Ville.
Pour gagner, le collectif a besoin de soutien. On appelle toustes celleux qui ont compris la gravité de la situation et la nécessité d’affronter le racisme et le fascisme à se mobiliser avec nous dans les jours à venir. Militant.es, syndicalistes, retraité.es, étudiant.es, travailleur.euses, chômeur.euses, on est tous et toutes concerné.es !
Depuis le 10 Décembre, nous occupons la Gaîté Lyrique, un établissement culturel qui appartient à la Mairie de Paris. Nous sommes plus de 250 jeunes venus d’Afrique et d’autres coins du monde, âgés de 14 à 17 ans. L’occupation de ce lieu est un moyen de revendiquer notre droit au logement. Ce lieu n’est pas fait pour dormir, mais, en ce moment d’hiver, dormir dehors est un risque pour nous. Nous voulons que la mairie, la préfecture ou l’État prennent leurs responsabilités, et trouvent une solution d’hébergement dans les plus brefs délais.
Nous vivons des situations très difficiles: les problèmes d’accès à la santé, à la nourriture, ainsi que l’effectif qui ne cesse d’augmenter chaque jour. Ça fait maintenant un mois que nous sommes là, sans réponse. Nous savons que la mairie a les moyens de répondre à cette situation d’urgence, et que l’État peut réquisitionner les nombreux bâtiments vides à Paris. Si ils ne le font pas, c’est parce qu’il y a un système raciste qui est en place, et qui ne donne aucune chance aux personnes de couleur. Ils essaient de nous endormir, mais nous ne nous laisserons pas faire. C’est pourquoi nous continuerons notre occupation à la Gaîté Lyrique et à manifester dans les rues de Paris.
Nous invitons toutes les organisations de luttes, les syndicats, ou toute personne révoltée par le fascisme grandissant, à venir participer à notre manifestation
SAMEDI 11 JANVIER À 15H, au départ de la Gaité Lyrique jusqu’à l’Hôtel de Ville, ainsi que le DIMANCHE 12 JANVIER à 18h devant la Gaité Lyrique, pour un grand rassemblement de soutien.
Depuis maintenant deux semaines, le Collectif des Jeunes du Parc de Belleville occupe la Gaîté Lyrique. Deux semaines de discussions entre la Mairie de Paris et la direction de ce lieu culturel, sans nous tenir au courant de quoi que ce soit.
La Mairie a choisi d’ignorer ses devoirs et de nous abandonner pendant les fêtes alors qu’ils auraient pu faire le nécessaire pour nous héberger avant les vacances. Ils nous condamnent donc à passer deux semaines dans l’attente et l’incertitude.
Peut-être qu’ils se disent que nous ne dormons plus dehors, alors tout va bien pour nous. Mais nous sommes toujours dans des conditions défavorables : nous dormons à 250 dans une seule pièce à même le sol. Sans l’aide de nos différents soutiens (associations, syndicats, collectifs, etc), qui ont abandonné leurs vacances et qui s’organisent pour faire des permanences médicales, scolaires et juridiques ici, nous serions complètement à l’abandon.
Ils ont décidé de nous laisser ici dans l’objectif de nous endormir, pour qu’on ne parle plus de nous, mais nous n’allons pas baisser les bras, nous allons continuer à lutter.
Nous avons découvert lundi le nouveau gouvernement de François Bayrou. Avec le retour de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, nous savons que de nouvelles attaques sur les droits des immigré.es arriveront en 2025. Nous appelons la Mairie de Paris à agir au plus vite avant l’arrivée de nouvelles lois qui vont encore plus nous criminaliser et nous précariser.
“Paris, ville d’accueil et d’intégration”, où sont les centres d’accueil pour les MNA en recours ? Combien de bâtiments devrons-nous encore occuper pour enfin sortir de la rue ? Les gymnases dans lesquels vous nous hébergez après nos occupations sont des solutions temporaires, il est temps pour vous de mener de vraies actions concrètes et pérennes.
En l’absence de réponse de l’État, vous devez agir.
La cagnotte du collectif en ligne : https://www.helloasso.com/associations/liberte-egalite-papiers/formulaires/1
Pour suivre le collectif, suivre la page instagram belleville.mobilisation.
Nous partageons leur dernier communiqué:
Sixième occupation : on ne retournera pas sous les ponts !
Depuis le 10 décembre 2024, le Collectif des Jeunes du Parc de Belleville occupe la Gaîté Lyrique, un lieu culturel de la Ville de Paris. Nous sommes près de 250 jeunes à l’intérieur, c'est-à-dire la quasi-totalité des mineur.es non-accompagné.es qui dormaient dehors il y a encore quelques jours. Avec le soutien du lieu, nous exigeons de l’État des solutions d’hébergement dignes et pérennes. En l’absence de réponse du gouvernement, c’est à la Mairie qu’il incombe la responsabilité de mettre à l’abri celles et ceux qui dorment dans ses rues.
En attendant que les institutions réagissent, ici, on s’auto-organise et on lutte. Grâce à la mobilisation et la solidarité, nous cohabitons avec le public et nous assurons le petit-déjeuner et un dîner chaud pour chacun.e d’entre nous. Chaque jour, des centaines de personnes se rassemblent devant la Gaîté Lyrique et participent à nos assemblées générales.
Nous dénonçons les fausses informations qui circulent à propos de nous et nous ne nous laisserons pas faire. Si nous occupons ce bâtiment, c’est parce qu’une fois sur le territoire français, nous devons passer une évaluation de minorité afin d’être pris.es en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance. Cette évaluation raciste et expéditive réfute très souvent notre minorité. Notre seule option est alors de contester cette décision auprès d’un.e juge pour enfants : un recours qui prend entre 7 et 12 mois durant lesquels nous n’avons aucun statut reconnu par les institutions, qui en profitent pour piétiner nos droits.
Notre collectif, avec la conviction que la lutte pour le respect de nos droits doit être menée par nous-mêmes, n’a cessé depuis un an d’interpeller les autorités en occupant des bâtiments et en interrompant des événements publics. Nous savons que notre situation n’est pas due à un manque de moyens, mais est le résultat de choix politiques répétés visant à précariser et criminaliser les personnes migrantes.
Nous le répétons : nous ne quitterons pas la Gaîté Lyrique sans proposition d’hébergement digne.
Nous exigeons :
Un hébergement immédiat pour les 250 occupant.es de la Gaîté Lyrique;
Que Madame Hidalgo et Madame Filoche fassent preuve de courage en se tenant à nos côtés pour réclamer à l’État les moyens nécessaires à notre prise en charge;
Que toutes les forces de gauche participent à la lutte contre le racisme, pour un système d’accueil digne et l’égalité des droits de toutes et tous
Rejoignez-nous chaque jour à 18h devant la Gaîté Lyrique, suivez-nous sur les réseaux sociaux et contribuez à notre cagnotte.
https://www.helloasso.com/associations/liberte-egalite-papiers/formulaires/1
Pour signer le communiqué, répondez à ce mail.
Le Collectif des Jeunes du Parc de Belleville
Certains articles de presse sur l'occupation:
https://www.humanite.fr/societe/acces-au-logement/en-lutte-contre-le-racisme-systemique-et-le-manque-dhebergements-a-paris-les-jeunes-du-parc-de-belleville-occupent-la-gaite-lyrique
https://www.nouvelobs.com/societe/20241216.OBS97905/se-battre-pour-nos-droits-sans-solution-d-hebergement-pres-de-250-mineurs-isoles-occupent-la-gaite-lyrique-a-paris.html
https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/12/16/a-paris-la-gaite-lyrique-occupee-par-200-migrants-mineurs-isoles-en-quete-d-hebergement_6452359_3224.html
Par Yorgos Mitralias
"Il est de notre devoir moral de défendre l’héritage de notre civilisation occidentale. L'Occident est en danger...Nous ne devons pas laisser le socialisme avancer. Nous devons s'unir et établir des canaux de coopération à travers le monde. Nous pourrions nous considérer comme une Internationale de droite, un réseau d'entraide composé de tous ceux qui souhaitent diffuser les idées de liberté dans le monde". Cet appel en faveur de la fondation d'une Internationale de l’extrême droite doit être pris très très au sérieux.
D'abord, parce que celui qui a prononcé ces paroles n'est pas n'importe qui, c'est le président d'Argentine et le coqueluche des fascistes et autres extrémistes de droite de par le monde Javier Milei. Ensuite, parce que parmi ceux qui les ont applaudi ont été l'ex-président du Brésil Jair Bolsonaro,le chef de Vox et des Franquistes espagnols Santiago Abascal, le stratège du néofascisme international Steve Bannon, et surtout la co-présidente du Republican National Committee et belle-fille de Donald Trump Lara Trump. Et aussi, parce que cet appel a été lancé au cours de la récente rencontre à Buenos Aires, de la Conférence d'action politique conservatrice (CPAC), la très puissante et incontournable organisation des réactionnaires américains, laquelle devient de plus en plus internationale et radicale d’extrême droite. Et enfin, parce que des éminences de l’extrême droite mondiale, comme la méta-fasciste première ministre italienne Giorgia Meloni ou le premier ministre hongrois Victor Orban se sont déjà prononcé en faveur de la création d'une telle Internationale.
Mais, ce n'est pas tout. Ce qui rend cet appel encore plus crédible et donc encore plus alarmant, c'est que le grand capital international se montre désormais de plus en plus intéressé, sinon favorable à Milei et à ses idées, considérées il y encore peu farfelues et extrémistes. Comme par exemple le britannique The Economist, le bateau amiral de la presse financière bien-pensante internationale, qui n'a pas hésité il y a quelques jours, à faire pratiquement l’éloge de Milei et de ses "exploits" économiques. A tel point que le même Economist est allé jusqu’à conseiller Trump d'oublier son protectionnisme, de suivre l'exemple de Milei et d’appliquer durant sa nouvelle présidence, les...thérapies de choc du très libertarien président d'Argentine. Et pour tout dire, ces éloges de Economist semblent faire école, car, victoire de Trump aidant, le pestiféré qu’était Milei jusqu’à récemment, est en train d’avoir actuellement les faveurs de la presse de droite des pays européens…
Cependant, il est à supposer que ce soudain virage des grands médias européens en faveur des politiques de Milei n’est pas dû seulement à des affinités idéologiques. Manifestement, il est aussi dû au fait qu’en bon libertarien, Milei prône la totale liberté de commerce, c'est-à- dire une politique diamétralement opposée au protectionnisme agressif prêché par Trump. Un protectionnisme qui, évidemment, fait peur aux bourgeoisies européennes, d’autant plus que Trump multiplie les menaces d’imposer des tarifs douaniers exorbitants sur leurs produits.
D’ailleurs, c’est exactement ces politiques protectionnistes de Trump qui devraient diviser l’extrême droite internationale, interdisant qu’elle puisse regrouper toutes ses forces dans une unique Internationale. Par exemple, on voit mal comment pourraient coexister durablement dans une même Internationale l’Amérique de Trump et la Russie de Poutine, quand Trump menace d’imposer les tarifs douaniers de 100 % sur les produits des pays membres de BRICS, si ces pays, dont la Russie, adoptent des politiques qui « dédolarisent » l’économie mondiale et sapent la suprématie du dollar. De l’autre côté, Milei qui est contraire à tout protectionnisme, et devrait donc s’aligner sur les positions des Brics, a déjà exclu catégoriquement que son Argentine adhère aux Brics, lesquels ne partagent pas du tout ses politiques libertariennes.
Toutefois, ces -bien réelles- difficultés que rencontre la construction de l’Internationale Brune de nos temps, ne devraient pas nous inciter à considérer que sa création est condamnée d’avance à l'échec. Car, même divisés, les néofascistes et autres extrémistes de droite ont toujours le vent en poupe, se coordonnent, passent à l'attaque et menacent comme jamais depuis 80 ans, nos droits, nos libertés et nos vies. D’ailleurs, comme nous l’écrivions déjà il y a plus de deux ans, en août 2022, « depuis la fin de la dernière guerre mondiale, jamais autant qu’aujourd’hui ne s’est fait sentir la menace représentée par une extrême droite revigorée, agressive et qui monte presque partout en flèche. Pourquoi ? Mais, parce qu’à l’opposée de ce qui se passait durant les dernières 6-7 décennies, maintenant cette menace ne provient plus de quelques groupuscules ou même petits partis de nostalgiques de l’entre deux-guerres, mais d’une nouvelle droite décomplexée qui gouverne ou s’apprête à gouverner même des pays catalogués parmi les plus grandes puissances de ce monde!».(1)
Cependant, l’heure n’est ni à la résignation ni au défaitisme au moment où se succèdent les bonnes nouvelles qui montrent que rien n’est encore perdu, que ceux d’en bas continuent à se battre, et parfois avec succès. Comme par exemple la gauche radicale française qui contrecarre les plans antidémocratiques de Macron en faisant tomber le gouvernement Barnier. Ou et surtout le peuple sud-coréen et sa mobilisation exemplaire qui non seulement fait avorter le coup d’état du président réactionnaire et va-t-en guerre, mais passe aussi à la contre-attaque. Et plus que tout autre, le peuple (en armes) syrien qui fait tomber le boucher Assad fils et son régime, un des plus barbares, sanguinaires et réactionnaires de ce dernier demi siècle.
Il y a plus de deux ans, nous écrivions déjà que « la perspective, tout à fait réelle, que Poutine pourrait faire la jonction avec un Trump II ré-installé à la Maison Blanche dans deux ans, devrait être prise très au sérieux par les antifascistes et les démocrates de par le monde qui doivent préparer leur riposte au plus vite. Avec ou sans Internationale Brune, l’extrême droite représente désormais une menace existentielle pour nous tous ». Malheureusement, bien que cette prévision, qualifiée à l’époque de «catastrophiste » par certains, s’est vérifié, la gauche internationale continue de sous-estimer le danger et se montre aussi inapte à se mobiliser pour affronter la menace néofasciste que la gauche (communiste et social-démocrate) des années ‘30.
Pourtant, l’appel de Milei, qui constitue un pas décisif vers la création de l’Internationale Brune, devrait nous rappeler que le temps presse comme jamais dans les derniers 80 ans. Alors, allons-nous voir l’histoire se répéter et que la barbarie fasciste triomphe sans que nous réagissions avant qu’il ne soit trop tard ?
Note
1. Vers l’Internationale Brune de l’extrême droite européenne et mondiale?: https://www.cadtm.org/Vers-l-Internationale-Brune-de-l-extreme-droite-europeenne-et-mondiale
Entrevista de Miguel Benasayag por Revista Critica.
La rutina de Buenos Aires no da respiro. Durante su estadía en la capital argentina, Miguel Benasayag alterna el tiempo entre reuniones de trabajo, videollamadas con colegas de Francia (su lugar de residencia desde 1978) y la vida familiar con su pareja y la pequeña hija que tienen. En esa agenda apretada entran también entrevistas periodísticas y presentaciones de libros. A los más de 40 títulos que llevan la firma de este psicólogo, filósofo e investigador inquieto se sumaron recientemente La inteligencia artificial no piensa (el cerebro tampoco) (Prometeo, 2023) y Contraofensiva. Actuar y resistir en la complejidad (Prometeo, 2024).
Lo que trajo a Benasayag al país sobre el final de 2024 es, también, el lanzamiento del colectivo A Pesar de Todo, un equipo de investigación multidisciplinario que piensa en América latina los temas que aborda Malgré Tout, el colectivo base, en Europa. En sus reflexiones se mezclan el pasado militante en los setenta (fue parte del PRT-ERP), la rigurosidad científica para investigar la hibridación entre humanos y máquinas (con la emergencia de la Inteligencia Artificial) y la vocación de pensar los modos en que se puede construir poder para transformar el estado actual del mundo.
–Vos estás muy conectado con Argentina porque parte de tus equipos de trabajo están acá y también tenés afectos en el país. Pero, ¿con qué te encontraste in situ, para lo bueno y para lo malo, con relación a la percepción que tenías de este tiempo de Milei?
–Lo fundamental es ver que está haciendo realmente lo que dijo: que está desregulando todo, que realmente la gente está mal. Nosotros ahorramos todo el año para los viajes y, en general, la plata que ahorramos alcanza para vivir acá. Pero ahora no, esta vez está muy duro. Se ve eso y se ve como que la gente está podrida, una especie de cansancio, de desilusión. Tiene un lado un poco vencido y, por supuesto, sin ninguna oposición clara. Es una situación un poco así... desinflada.
–¿Y hay algo que te dé esperanza? Tus días en Buenos Aires coincidieron con las tomas de las facultades también. ¿Algún fueguito encendido esperanzador?
–No, bueno, lo que sí hay en la Argentina, para alguien que vive en Francia, es que siempre acá hay una polenta, una fuerza, una inventividad. Más allá de todo lo que pasa, hay mucha vida acá. Yo estuve hace cinco meses cuando fue la primera gran marcha por la universidad, y ahora están las tomas. Estuve en una facultad, en José C. Paz, estuve un poco acá y allá. Entonces, efectivamente, sí, es insumergible la Argentina. Pase lo que pase, hay algo acá de una polenta que siempre da alegría; a pesar de todo, da alegría. La gente está viva, la gente sigue teniendo proyectos. Pero es cierto, creo, que ya no es la Argentina, sino un poco una situación mundial de un punto de interrogación inquietante. O sea, nadie sabe muy bien qué está pasando y adónde estamos yendo.
–En el documento de presentación del colectivo A Pesar de Todo está planteada la cuestión de la complejidad de la época y los integrantes se asumen en estado de pregunta. De alguna manera, las respuestas que había para el mundo del siglo XX ya no existen y ahora se multiplicaron y aceleraron las preguntas.
–Uno podría decir con esta fórmula que el gran cambio que se está viviendo a nivel mundial, este cambio de época, tiene que ver realmente con la agonía final de Occidente; el paso de la modernidad, con su crisis, a la hipermodernidad tecnológica. Hay un mundo que pasó de una fe total en el futuro a tener mucho temor de lo que va a venir, porque no se sabe lo que va a venir. Nosotros pensamos que la complejidad no es un método de análisis, una teoría, sino el nombre de la época que se abrió, donde hay mucho de desconocido, no conocible inclusive.
–¿Qué rol juega la tecnología en esta complejidad?
–La diferencia entre la técnica como herramienta y la tecnología actual es que la tecnología no es una herramienta para el humano, sino que la tecnología crea un mundo, un mundo diferente donde el humano tiene que adaptarse y ver cómo puede hacer. En este caso, Milei es un poco la vanguardia, porque impone ese mundo del funcionamiento, de la Inteligencia Artificial, deja de lado toda preocupación por la vida. Milei es la reacción, en el sentido reaccionario, el ala más dura dentro de esta nueva época de la complejidad. Y las fuerzas progresistas, democráticas, las izquierdas tienen dificultad para encontrar modos de actuar dentro de esta complejidad, porque todas esas fuerzas siempre se constituyeron con una promesa de futuro; y ahora, no poder calcular nada con respecto al futuro, estar en una especie de presente permanente, impone buscar otros modos de pensar, de comprender, de actuar.
–En algún momento, la consigna de lucha era “¡proletarios del mundo, uníos!”. ¿Hoy se podría pensar, porque esto también está sucediendo a escala global, una unidad de las luchas o la respuesta a la complejidad tendría que venir de manera más localizada?
–La unidad de la lucha es complicada para mí, para nosotros, para el colectivo. Es complicada porque la unificación de la lucha muchas veces lo que dio es una especie de embudo donde finalmente un montón de causas de lucha quedaban rezagadas. Por ejemplo, para la gente de mi generación, durante la lucha de izquierda había la contradicción principal y la secundaria. Entonces, por ejemplo, cuando las mujeres decían “bueno, pero se trata también de feminismo”, les contestaban “el feminismo sí, pero primero la lucha de clases”. O sea, la idea de la convergencia de luchas, en general, es una trampa, y es una trampa también porque el sistema es unificado. El sistema está unificado y en todos lados, unificado y difuso. Pienso que hay que aprender a hacer luchas, resistencias, creaciones diversas, de manera múltiple. Después las alianzas son siempre posibles, pero hay que tener cuidado, deshacerse de esta idea de que tenemos que alinearnos en las fuerzas opositoras para conseguir un lugar de poder. Lo que hay que olvidar es esta idea de que el poder es el lugar del cambio. Un elemento fundamental dentro de la complejidad es ése: el poder no es el lugar del cambio. Todas las luchas horizontales han cambiado el mundo. Todas las luchas verticales que apuntaban al poder, cuando triunfaron hicieron lo contrario que querían. Y la oposición a esa toma del poder, digamos, que es más verticalista o un poder encumbrado, sería el poder y la potencia localizada.
–¿Por dónde creés que viene la salida?
–Bueno, no sé si la salida. Sacamos este libro, Contraofensiva, que es en realidad el resultado de varios años de trabajo con Raúl Zibechi y con otros compañeros de Brasil, de acá, de Francia, Italia. ¿Cómo podemos pensar hoy este actuar en la complejidad? Nosotros pensamos que no hay absolutamente ninguna perspectiva visible, por lo menos, de un cambio de las relaciones de fuerza. O sea, la destrucción va a continuar, lo que está pasando va a continuar y se va a acentuar. Entonces, nosotros decimos que hay que apuntar a lo que llamamos la resistencia de creación, en el sentido de crear, de manera múltiple, conflictual, sin comisarios políticos, diferentes modos de vida, de relación con los otros, consigo mismo, de producción. No porque esto poco a poco va a hacer cambiar la cosa, sino porque lo nuevo tiene que empezar a existir ahora y no la promesa de “primero tomamos el poder y después cambiamos las cosas”. Desde nuestro punto de vista, hay que crear nuevas posibilidades, nuevas relaciones, pero no hay ninguna promesa ni salida visible por el momento.
–¿Esta confluencia tecnopolítica del nuevo ascenso de las derechas y la vida social tan imbricada con lo digital se dio por casualidad? ¿O podemos ponermos más conspiranoicos y pensar en un plan del capitalismo en este tiempo?
–Yo no creo que haya un Big Brother. Creo que hay procesos y dentro de esos procesos hay gente que empuja de ese lado. Justamente, un análisis desde la concepción de la complejidad parte de la idea de una cierta autonomía de los procesos. En todo caso, más allá de todo Big Brother hipotético, es cierto que la emergencia de las nuevas tecnologías, con el agotamiento del capitalismo de la modernidad, coincide para relanzar una nueva época del capitalismo: el capitalismo neoliberal, con una fuerza terrible. Yo no creo que forzosamente el mundo algorítmico sea reaccionario, pero por el momento hay una consustancialidad, una unidad total entre el mundo de la alta tecnología y el mundo neoliberal que virtualizan la vida, que nos hacen cada vez más impotentes y más utilizables.
Cerebros reseteados
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Benasayag tiene un largo recorrido en el campo de las neurociencias, aunque su enfoque no se inscribe en la tendencia mayoritaria de especialistas que comparten estante entre libros de autoayuda. Las investigaciones en el laboratorio, en su caso, siempre están atravesadas por la perspectiva política y las transformaciones sociales de la época.
En uno de los experimentos para estudiar la afectación cerebral que produce la tecnología, tomaron dos grupos de nuevos choferes de taxis: uno en Londres y otro en París. El grupo de Londres salía a conducir por las calles sin asistencia tecnológica, mientras que el grupo de París se valía del GPS.
Al cabo de tres años, los choferes que se apoyaban en el GPS para geolocalizarse sufrieron una atrofia en los núcleos subcorticales del cerebro que se encargan de la ubicación espacio-temporal. En criollo: las partes del cerebro en desuso se fueron marchitando.
La sorpresa mayor de Benasayag no fue este descubrimiento, sino presentar a la comunidad científica los resultados y que no hubiera una reacción de sopresa, sino un asentimiento complaciente. Algo parecido a la sensación de un destino irreversible para la humanidad... con validación científica.
–De los trabajos que vos venís realizando desde hace años con tu equipo de investigación, vinculados a lo que vos llamás las delegaciones cerebrales en la tecnología, ¿qué es lo que más te llamó la atención o te alarmó sobre el estado de la humanidad en este contexto?
–Lo más inquietante son dos cosas. Una, efectivamente, esta delegación masiva de funciones individuales, sociales, económicas, todo, hacia las máquinas. Nosotros delegamos en el GPS la orientación, pero en realidad la sociedad delega en las máquinas la macroeconomía, la demografía, la epidemiología, todo está delegado. Eso provoca una debilitación, por supuesto, de las capacidades cerebrales. Por otro lado, es cierto que todo muestra que la dependencia individual o del grupo a las máquinas es muy nefasta; por empezar, para los chicos. Todas las experiencias científicas muestran que la relación demasiado continuada, que crea una dependencia para los adultos, es nefasta, pero para los chicos es realmente peligrosa. Una preocupación sería ésa. Después, por supuesto que yo no soy tecnófobo para nada, yo pienso que lo que hay que hacer es aprender a ver cómo la humanidad se las arregla con la máquina, porque la máquina está acá para quedarse. Por el momento es muy inquietante, porque hay una fascinación total pero no hay una reflexión. La gente aparece como felizmente vencida, dicen “bueno, yo entiendo que es jodido, yo entiendo que esto va mal”, pero no hay una reacción. Hay algo ahí un poco inquietante, efectivamente, porque es cierto que la gente empieza a darse cuenta que es complicado, pero esa complicación, ¿qué tiene como efecto político? Bueno, creo que estamos debilitando la capacidad de un pensamiento crítico, la capacidad de una comprensión compleja. Es muy inquietante.
–En esta discusión en torno de la Inteligencia Artificial hay un gran temor y se pierde de vista que detrás de eso hay creación humana. La importancia también de hasta dónde el ser humano puede poner un límite o tratar de direcccionarla en un sentido que sea mejorador de la humanidad. Pareciera que está creado el cuco y que ahora ya no se puede controlar, siendo que es una creación humana también.
–Sí, pero el hecho de que sea una creación humana no quiere decir que nosotros podamos controlarla. O sea, es una potencia, son potencias muy muy fuertes que tenemos mucha dificultad al manejarlas, regularnos con ellas. Es lo mismo que si uno dijera “bueno, está la bomba atómica, que la hicieron los humanos”, pero vos ves bien que desde el momento que está el arma atómica hay algo que cambió en la faz del mundo. Primero, porque está la posibilidad del apocalipsis; y segundo, porque efectivamente eso modifica las relaciones de fuerza. Aparte, no sabemos muy bien si lo pueden utilizar o no, o si de alguna manera va a haber una especie de escalada no querida por nadie y se utiliza. Hay que tener cuidado con la idea de que fue creada por los humanos, entonces es manejable por los humanos. Porque no hay humano y tecnología, es una hibridación. Yo creo que hay que tener prudencia con esta idea un poco demasiado optimista de que porque nosotros lo creamos, nosotros podemos manejarlo. Eso en realidad no es tan así.
–¿La imbricación con las máquinas, con la tecnología, de alguna manera le captura la rebeldía a la juventud? ¿Podría ser, en cambio, una plataforma para potenciar las rebeldías? Es un momento de la vida crucial la juventud, cuando uno tiene todos los sueños por delante. ¿Qué pensás de eso?
–Yo pienso que lo peligroso sería que una parte de la juventud se deje entrampar por el mundo virtual, porque de todas maneras los que deciden las cosas son los cuerpos entre los cuerpos, encontrándose, haciendo cosas. Lo cual no impide, efectivamente, utilizar prudentemente la tecnología con un objetivo de emancipación. Pero lo que pasa es que la juventud está hoy en día aplastada. La aplastan a la juventud, es muy difícil ser joven hoy porque los adultos tienen tanto miedo del futuro que no les dejan a los jóvenes vivir su juventud, buscar su camino, desarrollar sus afinidades selectivas. Entonces se la pasan aplastando a los jóvenes, diciéndoles que tienen que hacer cosas útiles, que tienen que hacer de su vida un currículo. Yo encuentro es que es muy muy duro para los jóvenes de esta época: una época donde se les impide soñar, donde se les pide que sean de un realismo reaccionario. Y a pesar de eso hay muchos jóvenes que no ceden a esta presión.
–Hablás de ser útil, del utilitarismo. Me gustaría que desarrolles brevemente esta gran paradoja que plantean ustedes desde el colectivo: funcionar o existir como un paradigma de la humanidad en este tiempo.
–Sí, es un paradigma. Es un paradigma funcionalista donde hay que funcionar bien, donde todos son medios sin ningún sentido y hay que ser útil. Y entonces la gente se autoevalúa: cómo soy útil, no soy útil, funciona bien, no funciona bien. Y es ahí donde efectivamente tenemos que hacer una suerte de apología teórica y práctica de la profunda inutilidad de la vida, de que la vida es su propio fin. La vida no debe servir a algo. Y es ahí donde hay que tratar de ayudar a los jóvenes, sobre todo, a que reivindiquen que para ellos la vida es lo que hay que hacer: hay que vivir, no para algo. O sea, salir de la tiranía de la evaluación, salir de la tiranía del utilitarismo y reivindicar una profunda inutilidad, lo cual no quiere decir no hacer nada. Pero salir de esa transitividad de “yo soy útil para...”. No, no hay que ser útil para nada. Hay que vivir.
–Recuperar la experiencia, las experiencias.
–Recuperar las experiencias sabiendo que la experiencia es tu propio fin, no es experiencia para ser útil. Que se desarrollen todos los modos de vida, de experiencia. A los jóvenes no pueden... hay que parar de hinchar las pelotas diciéndoles “no pierdas tu tiempo”. Hay que decirles “tomá tu tiempo, explorá”, que es lo que hicimos nosotros, exploramos los posibles. Y ahora es muy difícil para los jóvenes, porque entre el mundo de la tecnología y de la macroeconomía, se los disciplina, se los trata de encuadrar. Y si los jóvenes están con las máquinas, bueno, que estén con las máquinas para explorar lo que se les cante a ellos, no para transformarse en seres útiles para el mundo de las finanzas.
Militancia 3.0
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La vida de Miguel Benasayag está plagada de descubrimientos. Descubrió el vértigo de la militancia en los turbulentos años setenta. En ese tiempo también descubrió (en cuerpo y mente) la tortura cuando la dictadura lo capturó por su pertenencia al PRT-ERP. Luego recuperó la libertad y descubrió en Francia una nueva patria donde seguir haciendo.
En el laboratorio siguieron los descubrimientos: sobre el cerebro humano, sobre la vida mediada por dispositivos electrónicos, sobre las mutaciones de la política en el cuerpo social. Y descubrió, a una edad en la que los prejuicios heredados desestiman los nuevos descubrimientos, la paternidad. Por eso se descubre en su departamento porteño esquivando juguetes mientras piensa su vida en espejo con la historia argentina.
–Vos venís de la militancia de las décadas del 60 y el 70, que creía efectivamente que mediante la lucha armada se podía tomar el poder y transformar el mundo. ¿Sentís que todo este trabajo que estás haciendo ahora, de divulgación científica en un tema que es muy sensible y que atraviesa a toda la humanidad, tiene una continuidad con esa militancia?
–Para mí hay una continuidad total. Primero, el colectivo que yo creé y que coordino en Francia, y que ahora aparece acá, es un colectivo que justamente trata de articular la complejidad del mundo con el compromiso político y social. O sea, que para mí todo sigue igual. Pero cuando decís la lucha armada para tomar el poder, yo lo que pienso es que no hay que tomar el poder: hay que cambiar la sociedad. Pero la lucha armada es otra cosa, depende de la situación. Yo no diría para nada, frente a la violencia de los poderes, que la lucha armada es algo bueno o malo en absoluto. Lo que sí digo claramente es que la lucha armada no fue y ni es terrorismo, que el terrorismo es otra cosa.
–¿Cómo es esa distinción?
–Yo creo que cuando un grupo, en nombre de una causa justa, utiliza métodos terroristas, traiciona a la causa. Yo creo que no hay la separación entre medios y fines. Para ser muy claro: más allá de toda mi adhesión a la causa palestina, yo creo que cuando Hamas, el 7 de octubre, hace este acto terrorista masivo, condena la causa. Y cuando se hace un paralelo entre Netanyahu y Hamas, me parece que hay que tener cuidado, porque Netanyahu es un fascista, un fascista racista y hace lo que hacen los fascistas racistas. Pero Hamas pretendía ser un grupo de liberación. Como yo digo, para cambiar la sociedad tenemos que olvidarnos de la hipótesis vertical, colonial, patriarcal, etcétera, de la toma del poder. Hay que olvidarse de eso. Pero yo no diría, dentro de las luchas por la justicia, que hay que olvidarse de la violencia. Para nada, depende de la situación. Lo que sí digo es que el terrorismo es siempre reaccionario, más allá del nombre que se pretende utilizar, porque el terrorismo utiliza vidas humanas como un medio. Entonces, me parece que es absolutamente reaccionario, pero hay que evitar que la condena del terrorismo caiga en una condena de toda posibilidad de una acción violenta en ciertas situaciones.
–Y ahí entra el criterio de violencia. Si en una manifestación reprimen a los jubilados o tiran gases a los niños, ¿no hay violencia también por parte del poder?
–La violencia del sistema es enorme y es una violencia fría y cruel, que pasa por la vigilancia, por los medios de vigilancia modernos. El sistema ejerce una violencia total cuando considera que lo humano son recursos humanos o capital humano. Cuando considera que el beneficio económico debe ser el único norte y nos cagamos en lo que pasa con la gente. No, la violencia del sistema es enorme. Lo que pasa después, cómo responde o actúa la gente, bueno, eso hay que verlo. Yo pienso, por un lado, que hay que abandonar como una hipótesis equivocada la toma del poder y rechazar, por otro lado, cualquier acción que vaya hacia el terrorismo; lo cual, repito, no impide que en ciertas situaciones haya una resistencia. La resistencia francesa contra los nazis no era terrorismo. Y nosotros en la Argentina no hicimos terrorismo. Nosotros en la Argentina, equivocados o acertados o como venga, no hicimos terrorismo a pesar de que tomamos las armas.
–Yo te planteo esto también porque, no sé qué lectura hacés vos, pero el relato que quedó de los 70, por lo menos el relato mayoritario, plantea que las ideas de esa generación fueron derrotadas y también quedó condenada la parte de la lucha armada. No hay muchas personas que digan públicamente “la lucha armada, la violencia del pueblo contra otra forma de violencia, se justifica”. No hay tantos militantes de aquella época que lo reivindiquen abiertamente.
–Claro, depende de la situación. A mí me parece que es mentira, que cuando condenan la lucha armada, que repito: no fue terrorismo, en realidad lo que están queriendo hacer de contrabando es condenar todo protagonismo autónomo del pueblo. Porque la vía violenta o cierto tipo de violencia no es nada más que una dimensión dentro del protagonismo popular. Vos ves bien cómo todos estos fascistas llaman terrorista a un chango que hace un piquete, a una manifestación; la utilización de la palabra terrorista viene a condenar no la lucha armada de los 70, sino todo protagonismo popular. Tenemos que tener una visión de los 70 que no sea ni apologética al pedo, ni tampoco un balance un poco cobarde, un poco perezoso, “¡oh, cómo nos equivocamos!”. Todos los grupos que trataron de tomar el poder, no solamente se equivocaban históricamente, sino que provocaron lo contrario. Pero con la lucha feminista, la lucha de las minoridades sexuales, la lucha de las minoridades cívicas, las luchas decoloniales, no se puede hacer un balance diciendo “oh, nos equivocamos”. Para nada. Es complejo, es contradictorio; y por supuesto que en los años 70 el único que se equivocaba es el que no hacía nada. La única posición equivocada de un joven en los años 70 sería la posición de los que no hacían nada: no reaccionaban, no actuaban. Después, el actuar que va desde ser un hippie que se va al Bolsón a ser contrapoder, a la lucha armada, a los sindicatos combativos, a hacer teatro o alfabetización... bueno, eso ya es cada uno, poco importa. Pero los únicos que seguramente se equivocaron profundamente y que hoy lo lamentan son los que dejaron pasar esta primavera de los años 70 guardados en sus casas.
–En el desarrollo conceptual de A Pesar de Todo tiene bastante peso la cuestión decolonial. Salir de los centros hacia la periferia, retomando conceptos de otro tiempo, ¿tiene que ver con encontrar nuevas formas de resistencia, generar otras formas de poder en términos de potencia? Mirar, por ejemplo, Latinoamérica, los contornos del viejo mundo.
–La periferia está en todos lados. La periferia está también en nosotros como una posibilidad. O nosotros queremos ser centrales, entonces somos colonizados y coloniales, o nosotros podemos desear de otra manera. Yo trabajo mucho dentro de la Psiquiatría alternativa. En Venecia hay un centro que se llama el Festival de los Locos y acá en Mar del Plata nos reunimos con los psiquiatrizados artistas. Efectivamente, la posición nuestra es decir “acá el problema son los normales, los que son peligrosos son los normales”; porque los normales están destruyendo el mundo, porque los normales consumen normalmente, los normales se portan normalmente, los normales aceptan la disciplina normalmente... bueno, entonces son muy muy peligrosos los normales, para los otros y para ellos mismos. Ahora decimos “hay que ayudar a los normales”.
–La búsqueda de la propia periferia, de salir de la norma de este tiempo, también es una ayuda, un alivio frente a la angustia de no pertenecer.
–Sí, totalmente. Ir a explorar sus posibilidades como periferia es muy divertido, muy agradable. Yo, por ejemplo, aparte de ser un poco loco, nunca me gustó tener un celular, y nunca tuve un celular. Y es muy divertido ver, como una especie de ser de otro planeta, a qué punto la sociedad está disciplinada por el celular. La gente no se da cuenta, porque están totalmente adentro. Y bueno, ésas son las posibilidades de explorar periferias... no perderse sin GPS, porque es así como podés encontrar cosas nuevas; no tratar de ser útil, sino tratar de vivir una vida: eso es explorar y devenir periférico, esté donde estés. Porque no basta estar en La Quiaca viviendo en una choza, no es eso ser periférico; porque vos podés estar en La Quiaca viviendo en una choza y ser totalmente normal o desear ser normal. No tiene formas muy claras la periferia. La periferia es más bien un deseo de contestar la norma.
« Il y a une fascination totale pour la technologie, mais sans réflexion. »Entretien avec Miguel Benasayag par Critica Magazine .
Traduction par google translate
La routine de Buenos Aires ne laisse aucun répit. Durant son séjour dans la capitale argentine, Miguel Benasayag alterne son temps entre réunions de travail, appels vidéo avec des collègues en France (son lieu de résidence depuis 1978) et vie de famille avec sa compagne et leur jeune fille. Ce programme chargé comprend également des entretiens journalistiques et des présentations de livres. Aux plus de 40 titres portant la signature de ce psychologue, philosophe et chercheur infatigable ont récemment été rejoints par Artificial Intelligence Doesn't Think (Neither Does the Brain) (Prometheus, 2023) et Counteroffensive. Agir et résister dans la complexité (Prométhée, 2024).
Ce qui a amené Benasayag dans le pays fin 2024, c'est aussi le lancement du collectif A Pesar de Todo, une équipe de recherche multidisciplinaire qui considère en Amérique latine les problématiques que Malgré Tout , le collectif de base, aborde en Europe. Ses réflexions combinent son passé militant des années 1970 (il faisait partie du PRT-ERP), la rigueur scientifique pour enquêter sur l’hybridation entre humains et machines (avec l’émergence de l’Intelligence Artificielle), et sa vocation à penser les manières dont le pouvoir peut être construit pour transformer l’état actuel du monde.
–Vous êtes très lié à l’Argentine car certaines de vos équipes de travail sont ici, et vous avez également des liens avec ce pays. Mais qu'avez-vous trouvé sur place , pour le meilleur ou pour le pire, par rapport à votre perception de l'époque de Milei ?
– L’essentiel est de voir qu’il fait réellement ce qu’il dit : qu’il dérégule tout, que les gens sont vraiment dans une mauvaise passe. Nous économisons toute l’année pour les voyages et, en général, l’argent que nous économisons est suffisant pour vivre ici. Mais pas maintenant, cette fois c'est très dur. Vous voyez ça et vous voyez que les gens sont rassasiés, une sorte de fatigue, de désillusion. Il y a un côté légèrement défait et, bien sûr, sans opposition claire. C'est une situation un peu… dégonflée.
– Et y a-t-il quelque chose qui vous donne de l’espoir ? Vos jours à Buenos Aires ont également coïncidé avec les prises de pouvoir des professeurs. Un petit feu d’espoir brûle-t-il ?
–Non, eh bien, ce qu’il y a en Argentine, pour quelqu’un qui vit en France, c’est qu’il y a toujours une polenta, une force, une inventivité ici. Au-delà de tout ce qui se passe, il y a beaucoup de vie ici. J'étais là il y a cinq mois quand a eu lieu la première grande marche pour l'université, et maintenant il y a les prises de contrôle. J'étais dans une faculté, à José C. Paz, j'étais un peu ici et là. Alors, en effet, oui, l’Argentine est insubmersible. Quoi qu’il arrive, il y a quelque chose dans la polenta qui apporte toujours de la joie ; malgré tout, ça donne de la joie. Les gens sont vivants, les gens ont encore des projets. Mais il est vrai, je crois, qu’il ne s’agit plus de l’Argentine, mais d’une situation mondiale qui constitue un point d’interrogation inquiétant. Je veux dire, personne ne sait vraiment ce qui se passe et où nous allons.
–Le document de présentation du collectif A Pesar de Todo soulève la question de la complexité des temps, et les membres admettent être dans un état de questionnement. D’une certaine manière, les réponses qui existaient pour le monde du XXe siècle n’existent plus, et les questions se sont multipliées et accélérées.
–On pourrait dire avec cette formule que le grand changement que l’on vit à l’échelle mondiale, ce changement d’ère, a en réalité à voir avec l’agonie finale de l’Occident ; le passage de la modernité, avec sa crise, à l’hypermodernité technologique. Il y a un monde qui est passé d’une foi totale dans l’avenir à une peur profonde de ce qui va arriver, parce que nous ne savons pas ce qui va arriver. Nous croyons que la complexité n’est pas une méthode d’analyse, ni une théorie, mais plutôt le nom d’une ère qui s’est ouverte, où il y a beaucoup de choses inconnues, voire inconnaissables.
– Quel rôle joue la technologie dans cette complexité ?
–La différence entre la technologie en tant qu’outil et la technologie actuelle est que la technologie n’est pas un outil pour les humains, mais plutôt la technologie crée un monde, un monde différent où les humains doivent s’adapter et comprendre ce qu’ils peuvent faire. Dans ce cas, Milei est un peu à l’avant-garde, car elle impose ce monde de fonctionnement, d’Intelligence Artificielle, laissant de côté toute préoccupation pour la vie. Milei est la réaction, au sens réactionnaire du terme, l’aile la plus dure de cette nouvelle ère de complexité. Et les forces progressistes, démocratiques, de gauche, ont du mal à trouver des moyens d’agir dans cette complexité, parce que toutes ces forces ont toujours été constituées avec une promesse d’avenir ; Et maintenant, ne pouvant rien calculer concernant le futur, étant dans une sorte de présent permanent, nous oblige à chercher d’autres manières de penser, de comprendre, d’agir.
–À un moment donné, le slogan de la lutte était « Prolétaires du monde entier, unissez-vous ! Pourrait-on désormais envisager, puisque cela se produit aussi à l’échelle mondiale, une unité des luttes, ou la réponse à la complexité devrait-elle venir d’une perspective plus localisée ?
–L’unité de la lutte est compliquée pour moi, pour nous, pour le collectif. C'est compliqué parce que l'unification de la lutte a souvent abouti à une sorte d'entonnoir où, en fin de compte, beaucoup des causes de la lutte ont été laissées derrière. Par exemple, pour les gens de ma génération, pendant la lutte de gauche, il y avait une contradiction primaire et une contradiction secondaire. Ainsi, par exemple, lorsque les femmes disaient : « Eh bien, il s’agit aussi de féminisme », on leur répondait : « Le féminisme, oui, mais la lutte des classes passe avant tout. » En d’autres termes, l’idée de la convergence des luttes, en général, est un piège, et c’est un piège aussi parce que le système est unifié. Le système est unifié et partout, unifié et diffus. Je pense que nous devons apprendre à lutter, à résister et à créer des choses diverses de manière multiforme. Les alliances sont toujours possibles, mais il faut être prudent et se débarrasser de cette idée selon laquelle il faut s’aligner sur des forces opposées pour obtenir une position de pouvoir. Ce que nous devons oublier, c’est cette idée selon laquelle le pouvoir est le lieu du changement. Un élément fondamental de la complexité est le suivant : le pouvoir n’est pas le lieu du changement. Toutes les luttes horizontales ont changé le monde. Toutes les luttes verticales visant le pouvoir, lorsqu’elles triomphaient, faisaient le contraire de ce qu’elles voulaient. Et l'opposition à cette prise de pouvoir, disons, qui est un pouvoir plus vertical ou exalté, serait un pouvoir et un pouvoir localisés.
–D’où pensez-vous que viendra la sortie ?
– Eh bien, je ne sais pas si c’est la sortie. Nous avons publié ce livre, Contre-offensive , qui est en fait le résultat de plusieurs années de travail avec Raúl Zibechi et d’autres collègues du Brésil, d’ici, de France et d’Italie. Comment pouvons-nous penser cette action dans la complexité aujourd’hui ? Nous pensons qu’il n’y a absolument aucune perspective visible, du moins pas dans l’esprit d’un changement dans l’équilibre des pouvoirs. C’est-à-dire que la destruction va continuer, ce qui se passe va continuer et va devenir plus prononcé. Alors, nous disons qu’il faut tendre vers ce que nous appelons la résistance créatrice, dans le sens de créer, de manière multiple, conflictuelle, sans commissaires politiques, des modes de vie, de relation aux autres, à soi-même, de production différents. Non pas parce que cela va changer les choses progressivement, mais parce que quelque chose de nouveau doit commencer à exister maintenant, et non pas la promesse de « d’abord nous prenons le pouvoir et ensuite nous changeons les choses ». De notre point de vue, de nouvelles possibilités et de nouvelles relations doivent être créées, mais il n’y a aucune promesse ni issue visible pour le moment.
–Cette confluence technopolitique de la nouvelle montée de la droite et de la vie sociale, si étroitement liée au monde numérique, s’est-elle produite par hasard ? Ou pouvons-nous devenir plus conspirationnistes et réfléchir à un plan pour le capitalisme à notre époque ?
–Je ne pense pas qu’il y ait un Big Brother . Je pense qu’il y a des processus et au sein de ces processus, il y a des gens qui poussent de ce côté. Précisément, une analyse à partir de la conception de la complexité part de l’idée d’une certaine autonomie des processus. En tout cas, au-delà de tout hypothétique Big Brother , il est vrai que l’émergence de nouvelles technologies, ainsi que l’épuisement du capitalisme moderne, coïncident avec la relance d’une nouvelle ère du capitalisme : le capitalisme néolibéral, avec une force terrifiante. Je ne crois pas que le monde algorithmique soit nécessairement réactionnaire, mais pour l’instant il y a une consubstantialité, une unité totale entre le monde de la haute technologie et le monde néolibéral qui virtualise la vie, nous rendant de plus en plus impuissants et utilisables.
Réinitialiser les cerveaux
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Benasayag a une longue histoire dans le domaine des neurosciences, même si son approche ne correspond pas à la tendance majoritaire des spécialistes partageant les étagères avec des livres d’auto-assistance. La recherche en laboratoire, dans son cas, est toujours influencée par la perspective politique et les transformations sociales de l’époque.
Dans l’une des expériences visant à étudier les dommages cérébraux causés par la technologie, ils ont pris deux groupes de nouveaux chauffeurs de taxi : l’un à Londres et l’autre à Paris. Le groupe londonien a parcouru les rues sans aucune assistance technologique, tandis que le groupe parisien s'est appuyé sur le GPS.
Après trois ans, les conducteurs qui se fiaient au GPS pour la géolocalisation ont souffert d’une atrophie des noyaux sous-corticaux du cerveau responsables de la localisation spatiale et temporelle. En créole : les parties du cerveau qui n’étaient plus utilisées étaient en train de dépérir.
La plus grande surprise de Benasayag n’était pas cette découverte, mais plutôt le fait que les résultats aient été présentés à la communauté scientifique, et qu’il n’y ait pas eu de surprise, mais plutôt un assentiment complaisant. Quelque chose comme le sentiment d’un destin irréversible pour l’humanité… avec une validation scientifique.
– Parmi les travaux que vous menez depuis des années avec votre équipe de recherche, liés à ce que vous appelez les délégations cérébrales dans la technologie, qu’est-ce qui a le plus retenu votre attention ou vous a le plus alarmé sur l’état de l’humanité dans ce contexte ?
–Ce qui est le plus dérangeant, ce sont deux choses. Une, en effet, cette délégation massive de fonctions individuelles, sociales, économiques, de tout, aux machines. Nous déléguons le guidage au GPS, mais en réalité, la société délègue la macroéconomie, la démographie et l’épidémiologie aux machines : tout est délégué. Cela conduit bien sûr à un affaiblissement des capacités cérébrales. D’un autre côté, il est vrai que tout montre que la dépendance individuelle ou collective aux machines est très néfaste ; pour commencer, pour les garçons. Toutes les expériences scientifiques montrent que les relations trop longues, qui créent une dépendance pour les adultes, sont néfastes, mais pour les enfants, elles sont véritablement dangereuses. Cela serait une préoccupation. Alors, bien sûr, je ne suis pas du tout technophobe. Je pense que ce que nous devons faire, c’est apprendre à voir comment l’humanité fait face à la machine, car la machine est là pour rester. En ce moment, c'est très dérangeant, parce qu'il y a une fascination totale mais aucune réflexion. Les gens semblent joyeusement vaincus, ils disent : « Bon, je comprends que c’est difficile, je comprends que ça se passe mal », mais il n’y a aucune réaction. Il y a quelque chose d'un peu dérangeant là-dedans, en effet, parce qu'il est vrai que les gens commencent à se rendre compte que c'est compliqué, mais quel effet politique a cette complication ? Eh bien, je pense que nous affaiblissons la capacité de pensée critique, la capacité de compréhension complexe. C'est très dérangeant.
–Dans ce débat autour de l’intelligence artificielle, il y a beaucoup de peur, et le fait que la création humaine soit derrière tout cela est négligé. L’importance réside également dans la mesure dans laquelle les humains peuvent fixer des limites ou essayer de les orienter dans une direction qui améliore l’humanité. Il semble que le coucou ait été créé et ne puisse plus être contrôlé, même s'il est également une création humaine.
– Oui, mais ce n’est pas parce que c’est une création humaine que nous pouvons la contrôler. C'est-à-dire que c'est un pouvoir, ce sont des pouvoirs très, très forts que nous avons beaucoup de mal à gérer, à nous réguler avec eux. C'est comme si quelqu'un disait : « Eh bien, il y a la bombe atomique, fabriquée par les humains », mais vous pouvez voir qu'à partir du moment où l'arme atomique est née, quelque chose a changé sur la face du monde. D’abord parce qu’il y a la possibilité de l’apocalypse ; et deuxièmement, parce que cela modifie effectivement l’équilibre des pouvoirs. De plus, nous ne savons pas vraiment s'ils peuvent l'utiliser ou non, ou si d'une manière ou d'une autre il y aura une sorte d'escalade que personne ne veut et qui sera utilisée. Nous devons être prudents avec l’idée selon laquelle cela a été créé par les humains, donc cela est gérable par les humains. Parce qu’il n’y a pas d’humain et de technologie, c’est une hybridation. Je pense que nous devons être prudents face à cette idée légèrement trop optimiste selon laquelle, parce que nous l’avons créé, nous pouvons le gérer. Ce n’est pas vraiment le cas.
– L’imbrication avec les machines, avec la technologie, capture-t-elle d’une certaine manière la rébellion de la jeunesse ? Pourrait-il plutôt s’agir d’une plateforme pour encourager la rébellion ? La jeunesse est une période cruciale de la vie, où vous avez tous vos rêves devant vous. Qu'est-ce que tu penses de ça ?
–Je pense que le danger serait que certains jeunes se laissent piéger par le monde virtuel, car de toute façon, ceux qui décident des choses sont des corps parmi des corps, qui se rencontrent, qui font des choses. Ce qui n’empêche pas, en effet, l’usage prudent de la technologie dans un but d’émancipation. Mais le problème est que la jeunesse d’aujourd’hui est écrasée. Ils écrasent la jeunesse. Il est très difficile d’être jeune aujourd’hui parce que les adultes ont tellement peur de l’avenir qu’ils ne laissent pas les jeunes vivre leur jeunesse, trouver leur chemin ou développer leurs affinités sélectives. Alors ils passent leur temps à écraser les jeunes, à leur dire qu'ils doivent faire des choses utiles, qu'ils doivent faire de leur vie un CV. Je trouve cela très, très dur pour les jeunes de cette époque : une époque où on les empêche de rêver, où on leur demande d’être des réalistes réactionnaires. Et pourtant, nombreux sont les jeunes qui ne cèdent pas à cette pression.
–Vous parlez d’utilité, d’utilitarisme. J’aimerais que vous élaboriez brièvement sur ce grand paradoxe que vous, le collectif, proposez : fonctionner ou exister comme paradigme de l’humanité à notre époque.
–Oui, c’est un paradigme. C'est un paradigme fonctionnaliste où il faut bien fonctionner, où tout est un moyen dénué de sens et où il faut être utile. Et puis les gens s’évaluent : en quoi suis-je utile, en quoi ne suis-je pas utile, en quoi je travaille bien, en quoi je ne travaille pas bien. Et c’est là que nous devons effectivement faire une sorte d’excuse théorique et pratique pour la profonde inutilité de la vie, que la vie est sa propre fin. La vie n’est pas censée servir à quelque chose. Et c'est là que nous devons essayer d'aider les jeunes, surtout, à affirmer que, pour eux, la vie c'est ce qu'il faut faire : il faut vivre, pas pour quelque chose. C’est-à-dire échapper à la tyrannie de l’évaluation, échapper à la tyrannie de l’utilitarisme, et se réapproprier une profonde inutilité, ce qui ne signifie pas ne rien faire. Mais pour sortir de cette transitivité du « je suis utile à… ». Non, tu n’as pas besoin d’être utile à quoi que ce soit. Il faut vivre.
–Récupérer l’expérience, les expériences.
–Récupérer des expériences en sachant que l’expérience est sa propre fin, ce n’est pas une expérience d’être utile. Que tous les modes de vie et toutes les expériences se développent. Les jeunes ne peuvent pas... il faut arrêter de leur gonfler les couilles en leur disant « ne perdez pas votre temps ». Il faut leur dire : « Prenez votre temps, explorez », et c’est ce que nous avons fait, nous avons exploré les possibilités. Et maintenant c'est très difficile pour les jeunes, parce qu'entre le monde de la technologie et la macroéconomie, ils sont disciplinés, ils sont contraints d'entrer dans une case. Et si les jeunes sont avec les machines, eh bien, qu'ils soient avec les machines pour explorer ce qu'ils veulent, pas pour se transformer en êtres utiles au monde de la finance.
Militance 3.0
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La vie de Miguel Benasayag est pleine de découvertes. Il découvre le vertige du militantisme dans les turbulentes années 70. A cette époque, il découvre également (corporellement et mentalement) la torture lorsque la dictature le capture pour son appartenance au PRT-ERP. Il retrouve alors sa liberté et découvre en France une nouvelle patrie où il peut poursuivre son œuvre.
Au laboratoire, les découvertes se poursuivent : sur le cerveau humain, sur la vie médiatisée par les appareils électroniques, sur les mutations du politique dans le corps social. Et il découvre, à un âge où les préjugés hérités écartent les nouvelles découvertes, la paternité. C'est pourquoi il se retrouve dans son appartement de Buenos Aires à esquiver les jouets tandis qu'il pense à sa vie dans le miroir de l'histoire argentine.
–Vous venez de l’activisme des années 1960 et 1970, qui croyait vraiment que par la lutte armée, on pouvait prendre le pouvoir et transformer le monde. Pensez-vous que tout le travail que vous faites actuellement, en diffusant des connaissances scientifiques sur un sujet très sensible qui touche toute l’humanité, a un lien avec cet activisme ?
–Pour moi, il y a une continuité totale. Tout d’abord, le collectif que j’ai créé et que je coordonne en France, et qui apparaît désormais ici, est un collectif qui essaie justement d’articuler la complexité du monde avec l’engagement politique et social. Donc, pour moi, tout reste pareil. Mais quand on parle de lutte armée pour prendre le pouvoir, ce que je pense c'est qu'il ne faut pas prendre le pouvoir : il faut changer la société. Mais la lutte armée, c’est autre chose, ça dépend de la situation. Je ne dirais pas du tout, face à la violence des pouvoirs en place, que la lutte armée est quelque chose de bon ou de mauvais. Ce que je dis clairement, c’est que la lutte armée n’était pas et n’est pas du terrorisme, que le terrorisme est autre chose.
–Comment est cette distinction ?
–Je crois que lorsqu’un groupe, au nom d’une cause juste, utilise des méthodes terroristes, il trahit la cause. Je crois qu’il n’y a pas de séparation entre les moyens et les fins. Pour être très clair : au-delà de tout mon soutien à la cause palestinienne, je crois que lorsque le Hamas a perpétré cet acte terroriste massif le 7 octobre, il a condamné la cause. Et quand vous faites un parallèle entre Netanyahou et le Hamas, je pense qu’il faut être prudent, car Netanyahou est un fasciste, un fasciste raciste, et il fait ce que font les fascistes racistes. Mais le Hamas prétend être un groupe de libération. Comme je le dis, pour changer la société, nous devons oublier l’hypothèse verticale, coloniale, patriarcale, etc. de la prise de pouvoir. Il faut oublier ça. Mais je ne dirais pas que dans la lutte pour la justice, nous devrions oublier la violence. Pas du tout, cela dépend de la situation. Ce que je dis, c’est que le terrorisme est toujours réactionnaire, quel que soit le nom qu’il utilise, car le terrorisme utilise la vie humaine comme moyen. Il me semble donc que c’est absolument réactionnaire, mais il faut éviter que la condamnation du terrorisme ne devienne une condamnation de toute possibilité d’action violente dans certaines situations.
– Et c’est là qu’intervient le critère de la violence. Si des retraités sont réprimés lors d’une manifestation ou si des enfants sont gazés au gaz lacrymogène, n’est-ce pas aussi de la violence de la part de ceux qui sont au pouvoir ?
–La violence du système est énorme, et c’est une violence froide et cruelle, qui s’obtient par la surveillance, par les moyens modernes de surveillance. Le système exerce une violence totale lorsqu’il considère que ce qui est humain, ce sont les ressources humaines ou le capital humain. Quand on considère que le profit économique devrait être le seul objectif et que nous nous fichons de ce qui arrive aux gens. Non, la violence du système est énorme. Ce qui se passera ensuite, comment les gens réagiront ou agiront, eh bien, cela reste à voir. Je pense, d’une part, qu’il faut abandonner l’idée que prendre le pouvoir est une hypothèse erronée et, d’autre part, rejeter toute action qui mène au terrorisme ; ce qui, je le répète, n’empêche pas la résistance dans certaines situations. La résistance française contre les nazis n’était pas du terrorisme. Et nous, en Argentine, nous n’avons pas commis d’actes terroristes. En Argentine, à tort ou à raison, nous n’avons pas commis d’actes terroristes, même si nous avons pris les armes.
–Je vous pose aussi cette question parce que, je ne sais pas comment vous l'interprétez, mais le récit qui reste des années 70, du moins le récit majoritaire, suggère que les idées de cette génération ont été vaincues et que la lutte armée a également été condamnée. Il n’y a pas beaucoup de gens qui disent publiquement : « La lutte armée, la violence du peuple contre d’autres formes de violence, est justifiée. » Il n’y a pas beaucoup de militants de l’époque qui le revendiquent ouvertement.
– Bien sûr, cela dépend de la situation. Il me semble que c'est un mensonge, que lorsqu'ils condamnent la lutte armée, qui, je le répète, n'était pas du terrorisme, ce qu'ils essaient en réalité de faire c'est de faire passer en fraude la condamnation de tout protagonisme autonome du peuple. Parce que la violence, ou un certain type de violence, n’est rien d’autre qu’une dimension du protagonisme populaire. Vous voyez clairement comment tous ces fascistes qualifient de terroriste un type qui fait du piquetage ou qui manifeste ; L’utilisation du mot terroriste n’a pas pour but de condamner la lutte armée des années 1970, mais plutôt tout protagonisme populaire. Nous devons avoir une vision des années 1970 qui ne soit ni une apologie inutile, ni une évaluation quelque peu lâche et quelque peu paresseuse du genre : « Oh, comme nous avions tort ! Tous les groupes qui ont tenté de prendre le pouvoir ont non seulement eu tort historiquement, mais ils ont en réalité provoqué le contraire. Mais avec la lutte féministe, la lutte des minorités sexuelles, la lutte des minorités civiques, les luttes décoloniales, on ne peut pas faire le bilan en disant : « Oh, nous avions tort. » Pas du tout. C'est complexe, c'est contradictoire ; Et bien sûr, dans les années 70, le seul qui faisait des erreurs était celui qui ne faisait rien. La seule mauvaise position pour un jeune des années 1970 serait celle de ceux qui n’ont rien fait : ils n’ont pas réagi, ils n’ont pas agi. Ensuite, les actions qui vont du fait d'être un hippie qui va à El Bolsón à celui de contre-pouvoir, à la lutte armée, aux syndicats militants, à faire du théâtre ou de l'alphabétisation... eh bien, cela dépend de chacun, peu importe. Mais les seuls qui ont sûrement commis une erreur profonde et qui la regrettent aujourd’hui sont ceux qui ont laissé passer ce printemps des années 1970, enfermés chez eux.
–Dans le développement conceptuel de A Pesar de Todo, la question décoloniale a un poids considérable. Passer des centres à la périphérie, revenir à des concepts d’une autre époque, est-ce que cela revient à trouver de nouvelles formes de résistance, à générer d’autres formes de pouvoir en termes de potentiel ? Regardez par exemple l’Amérique latine, les contours du vieux monde.
–La périphérie est partout. La périphérie est aussi en nous comme une possibilité. Soit nous voulons être centraux, alors nous sommes colonisés et coloniaux, soit nous pouvons souhaiter le contraire. Je travaille beaucoup dans le domaine de la psychiatrie alternative. À Venise, il y a un centre appelé le Festival des Fous, et ici à Mar del Plata, nous rencontrons des artistes psychiatriques. En effet, notre position est de dire « le problème ici, ce sont les gens normaux, ceux qui sont dangereux, ce sont les gens normaux » ; Parce que les gens normaux détruisent le monde, parce que les gens normaux consomment normalement, les gens normaux se comportent normalement, les gens normaux acceptent la discipline normalement… eh bien, les gens normaux sont très, très dangereux, pour les autres et pour eux-mêmes. Maintenant, nous disons : « Nous devons aider les gens normaux. »
–La recherche de sa propre périphérie, d’une évasion de la norme de ce temps, est aussi une aide, un soulagement à l’angoisse de ne pas appartenir.
–Oui, absolument. Aller explorer ses possibilités en tant que périphérie est très amusant, très agréable. Par exemple, en plus d’être un peu fou, je n’ai jamais aimé avoir un téléphone portable, et je n’ai jamais eu de téléphone portable. Et c'est vraiment amusant de voir, comme une sorte d'être venu d'une autre planète, à quel point la société est disciplinée par les téléphones portables. Les gens ne le remarquent pas, parce qu’ils sont totalement à l’intérieur. Et bien, ce sont les possibilités d'explorer les environs... ne pas se perdre sans GPS, car c'est ainsi que l'on peut trouver de nouvelles choses ; ne pas essayer d'être utile, mais essayer de vivre une vie : c'est explorer et devenir périphérique, où que vous soyez. Parce qu’il ne suffit pas d’être à La Quiaca, de vivre dans une cabane, ce n’est pas être périphérique ; Parce que vous pouvez être à La Quiaca, vivre dans une cabane et être totalement normal ou vouloir être normal. La périphérie n'a pas de formes très nettes. La périphérie est plutôt une volonté de défier la norme.
https://www.youtube.com/watch?v=aS55z_vQ3to
Apolline Guillot, Miguel Benasayag, Gilles Dowek
L’arrivée de ChatGPT a tout changé. En réalisant que chacun d’entre nous peut se servir d’un outil d’IA d’une puissance ahurissante, nous sommes saisis d’une forme de panique. Il nous faut comprendre ce qui se joue dans cette période d’effervescence technologique. Dans un essai tonique, la philosophe Apolline Guillot invite à dépasser les fantasmes catastrophistes. L’IA n’est pas omnipotente : elle est par exemple incapable de prendre des risques. Mais quels risques nous fait-elle courir ? Deux penseurs en débattent pied à pied : Miguel Benasayag s’inquiète d’une digitalisation rapide du monde qui abîme nos cerveaux tandis que Gilles Dowek fait confiance à l’être humain pour tirer le meilleur parti d’un outil qu’il a créé.
Acheter L'IA est-elle une chance ?
Apolline Guillot, Miguel Benasayag, Gilles DowekAutour des auteurs
Philosophe, psychanalyste, ancien résistant guévariste, Miguel Benasayag est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Connaître est agir (La Découverte, 2006), Éloge du conflit (La Découverte, 2007) et Fonctionner ou exister ? (Le Pommier, 2018).
Née en 1994, Apolline Guillot est journaliste et philosophe des techniques. Normalienne agrégée de philosophie de l’ENS de Lyon, elle a fini ses études à HEC-Paris, où elle s’est spécialisée dans l’innovation et les médias avant de rejoindre l’équipe de Philonomist, dont elle est aujourd’hui la rédactrice en chef.Gilles Dowek, né le 20 décembre 1966 est un informaticien et logicien français, ancien élève de l'École polytechnique.
Comment promouvoir un changement social et écologique sans se heurter aux écueils anthropocentristes de l'Anthropocène ? Comment sortir du mode occidental de l'agir linéaire, rationaliste et programmatique, d'un sujet qui se conçoit comme extrait du monde sur lequel il veut intervenir.
Bref, comment agir et résister dans et par la complexité ? Poursuivant la réflexion de leurs précédents ouvrages (Les Nouvelles Figures de l'agir, La Découverte, 2019 ; Le Retour de l'exil, Le Pommier, 2019), Miguel Benasayag et Bastien Cany proposent ici de sortir des bibliothèques pour se tourner vers le terreau des pratiques concrètes.S'appuyant sur des pistes développées au sein d'expériences alternatives et radicales en Amérique du Sud mais aussi en Italie, en Belgique et en France, ils tentent de constituer un petit manuel de l'agir dans la complexité. Sans chercher à jouer à la nouvelle avant-garde éclairée, à fournir modèles ou recettes prêtes à l'emploi, ils veulent offrir au lectorat un vadémécum de résistance.
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Miguel Benasayag et Bastien CanyAutour des auteurs
Philosophe, psychanalyste, ancien résistant guévariste, Miguel Benasayag est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Connaître est agir (La Découverte, 2006), Éloge du conflit (La Découverte, 2007) et Fonctionner ou exister ? (Le Pommier, 2018).
Journaliste, formé à l’histoire contemporaine, Bastien Cany anime avec Angélique Del Rey et Miguel Benasayag le collectif Malgré Tout.
Présentation du livre à la Maison de l'Amérique Latine
https://www.youtube.com/watch?v=aS55z_vQ3to
Un senso di minaccia incombente è ormai parte integrante del nostro mondo, segnato in questi ultimi anni da pandemie, guerre e cambiamento climatico. Tristezza, paura e angoscia sempre più spesso assumono tratti patologici, soprattutto nel vissuto giovanile. Come pensare e agire dentro questo caos? Come vivere questo tempo in cui il mondo di prima sta venendo meno e il nuovo tarda ad apparire? A tali domande cercano di dare risposta Miguel Benasayag (filosofo e psicanalista argentino) e Teodoro Cohen (giovane laureato della Sorbona) scrivendo una lettera alle giovani generazioni, che non pretende di insegnare loro la ‘giusta via’ da percorrere, ma piuttosto offre spunti e pratiche per trovarla insieme. Gli autori – il ‘veterano’ e l’‘amico coetaneo’ – lasciano ai loro interlocutori questa sorta di ‘messaggio nella bottiglia’ da aprire e trasformare in proprio, in cui propongono dapprima una lettura fortemente critica della società del capitalismo digitale, con la sua pervasiva tirannia dell’algoritmo e l’imperativo della prestazione, e poi, nella parte finale, alcune prospettive di un impegno alternativo, che assuma la strutturale fragilità della condizione umana e l’attitudine all’‘intranquillità’ come spinta a «sostenere il desiderio che ci attraversa, che è desiderio di vita, di gioia, di solidarietà».
Prologo de Florencia Carbajal y Maria Elena Ramognini.
El problema de la relación entre el nivel de las formas de vida en su cotidiano, de las micro resistencias, de las apuestas colectivas más o menos clandestinas, de las redes de hermandad que tejen una politicidad para las vidas, por un lado, con las fuerzas militares, económicas y políticas exhaustivas, por otro, no puede sino ser pensado desde la complejidad. ¿Cómo se articulan esos niveles? ¿Dónde hay puro corte, incluso sordera? ¿Cómo es posible actuar en esa complejidad donde domina el conflicto?Como viene planteando Miguel, las condiciones, el modo en que el mundo se autoproduce, nos exceden y nos ponen ante el desafío de una complejidad material, según la cual, nada nos asegura a priori el sentido de una acción. Añadiendo otra pregunta: ¿quién o qué actúa?Raúl agrega otro plano: desde dónde planteamos lo que planteamos, qué nos encuentra. Una preocupación por las distintas formas de captura de la potencia, desde los mecanismos técnicos y científicos hasta la gubernamentalidad neoliberal e imperialista, una posición ante el conflicto social y un deseo de transformación al que no le ponemos un nombre único.
"La difusión masiva de los chats basados en Inteligencia Artificial despertó desde frenesí tecnófilo hasta temores dignos de la víspera de un apocalipsis. Este libro organizado como un largo diálogo elabora un diagnóstico epocal que permite situar el problema de la digitalización de la experiencia en sus distintas dimensiones: antropológica, neurofisiológica, cultural, política. ¿Qué imagen de la inteligencia y qué mitos sobre el cerebro sirven de modelo a la Inteligencia Artificial? Este libro se propone, entre otras cosas, argumentar sobre la diferencia de naturaleza entre los organismos (complejos de biología, técnica, cultura...) y las máquinas digitales (que en su lógica agregativa rompen toda unidad vital). También advierte sobre la diferencia ética y política entre la hibridación organismo-artefacto, hecho irreversible, y la colonización tecnocientífica de lo vivo. ¿Qué significa, entonces, actuar en nuestras condiciones? El desafío de una nueva figura múltiple de la acción quedará planteado y abierto."
"Miguel Benasayag, conosciuto in Italia per i suoi lavori clinici da psicanalista e la sua ricerca filosofico-scientifica, tra epistemologia e biologia, racconta qui la sua vita, dagli anni durissimi di prigionia sotto la dittatura militare argentina negli anni ’70, periodo in cui militava nella guerriglia guevarista, all’oggi. L’originalità di questa autobiografia, sta nell’avere ben poco di autoreferenziale. Come ama dire Benasayag «più la vita è "solo" personale, meno è vita». L’impegno e la ricerca di Benasayag ruotano attorno al concetto fondamentale di epoca: capirne le sfide, i processi e i meccanismi che la abitano, per liberare una potenza d’agire gioiosa e lontana da una visione teleologica del mondo, che ha nella conquista del potere il proprio obiettivo (illusorio). Ricercare quindi pratiche possibili «malgrado tutto», che è anche il nome del collettivo militante fondato da Benasayag, «Collectif Malgré Tout» composto da pensatori di vari Paesi del mondo, in dialogo fra le generazioni. Dialogo testimoniato anche in questo libro che si apre con una prefazione d Teodoro Cohen, giovane membro di «Malgré Tout»."
La traduzione del lavoro di Miguel Benasayag, pubblicato in Francia nel 2017 ("La singularité du vivant", éd. Pommier) è ora disponibile in Italia per Jaca Book.
"Dal mondo del digitale e della biologia molecolare ci viene annunciato che tutti i meccanismi biologici potranno essere finalmente svelati, modellizzati, superati. Sarebbe cioè giunto il tempo di passare dal mondo reale e dal vivente stesso, ormai riducibile alle proprie componenti, a uno meccanico. Dietro queste promesse di vita aumentata si cela in realtà un vecchio progetto reazionario: quello di sbarazzarsi dei corpi per giungere finalmente alla «vera vita», che sarebbe quella dei dati e degli algoritmi. Ma affermando che «tutto è informazione», il mondo digitale non soltanto ignora, ma annienta le singolarità proprie del mondo del vivente e della cultura, mettendo a repentaglio la nostra stessa possibilità di agire, pensare, desiderare e amare... Contro questa minaccia, Miguel Benasayag ci invita a elaborare una modalità di ibridazione tra la tecnica e gli organismi che non si riduca a una brutale assimilazione. Ciò implica la creazione di un nuovo immaginario, di un nuovo paradigma in grado di aiutarci a studiare ciò che nell'ambito della complessità propria del vivente e della cultura non può essere ricondotto al modello informatico dominante. Prefazione di Jean-Michel Besnier. Postfazione di Giuseppe Longo."
"Le monde est devenu complexe. Ce constat, mille fois énoncé sur le ton de l’évidence, est à ce point partagé que plus personne ne le questionne. Mais en quoi les arbres, les villes, les écosystèmes comme l’ensemble des êtres et des choses qui nous entourent, y compris nous-mêmes, se seraient transformés sous la figure de la complexité ? Pour les auteurs, cette complexité ne relève ni d’un récit ni d’une théorie, mais d’une transformation concrète de nos territoires. Plus qu’une grille de lecture, le devenir complexe du monde désigne de profonds changements matériels dans l’étoffe même de la réalité. Comment se manifeste ce caractère matériel ? Quels défis lance-t-il à l’agir ? Alors qu’émergent partout de nouvelles formes de résistance face la destruction du vivant, c’est à ces questions qu’entend répondre ce livre, pour battre en brèche le sentiment d’impuissance qui menace à tout moment de nous rattraper.Plutôt que d’appeler au retour de la figure de l’agir cartésien qui se prétend maître et possesseur de la nature, les auteurs proposent de revisiter la phénoménologie en déplaçant le rôle central qu’elle accorde à la conscience vers les corps. Un pas de côté qui se veut également une proposition pour une nouvelle éthique de l’acte, où la question est moins de savoir comment agir que de comprendre quelles seront les nouvelles figures de l’agir.Un essai engagé et stimulant, explorant les possibilités de renouer avec un agir puissant dans un monde où les phénomènes comme les effets de nos actes sont marqués du sceau de l’incertitude."
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Miguel Benasayag et Bastien CanyAutour des auteurs
Philosophe, psychanalyste, ancien résistant guévariste, Miguel Benasayag est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Connaître est agir (La Découverte, 2006), Éloge du conflit (La Découverte, 2007) et Fonctionner ou exister ? (Le Pommier, 2018).
Journaliste, formé à l’histoire contemporaine, Bastien Cany anime avec Angélique Del Rey et Miguel Benasayag le collectif Malgré Tout.
Présentations du livre
https://www.youtube.com/watch?v=U3ebVS9vpeM&ab_channel=ChristianMrasilevici
https://www.youtube.com/watch?v=ltmOwlB7Y-0&ab_channel=librairiemollat
À l’occasion de la sortie du livre« Les nouvelles figures de l’agir - Penser et s’engager depuis le vivant »
Le Collectif Malgré Tout et les Éditions La Découverte en collaboration avec Rencontres et Débats Autrement vous invitent à une soirée de présentation et d’échanges avec les auteurs Miguel Benasayag et Bastien Cany.
Le vendredi 30 avril à 19 h 00 lors d’une webconférence publique : lien zoom ici
Soirée en présence de François Gèze, éditeur aux Éditions La Découverte et animée par Rémi Larue, membre du collectif de la revue Ballast.
Comprendre ce qui agit avant de répondre au « comment agir ? »
Comment lutter concrètement contre le désastre environnemental ? Comment prendre sa part ? Et après tout, y a-t-il seulement quelque chose à faire ? On dénonce l’inaction de la classe politique, la passivité des masses, notre incapacité à changer nos modes de vies, la schizophrénie du citoyen indigné un jour, consommateur effréné l’autre jour.
Revient alors cette vieille et lancinante question : comment agir et convaincre les autres d’agir ? Or si cette interrogation reste aujourd’hui encore en suspens, c’est précisément parce qu’elle s’adresse à une figure, l’individu, qui croit voir le monde se décomposer sous ses yeux alors que c’est lui en tant que sujet qui est en train de se déconstruire.
D’où la question à laquelle tente de répondre ce livre qui ne vise pas à se demander une nouvelle fois « comment agir ? », mais plutôt « qui agit ? » et « qu’est-ce qui agit ? ».
Aujourd'hui 24 février parait, aux éditions "Le Pommier", "Le retour de l'exil. Repenser le sens commun", livre co-écrit par deux membres du Collectif Malgré Tout et co-animateurs du séminaire "Comprendre et agir dans la complexité", Miguel Benasayag et Bastien Cany.
Livre le retour de l'exile
"L’Occident s’est construit sur le rêve, devenu cauchemar, d’une rationalité capable de congédier définitivement les pulsions, de contrôler les affects et de domestiquer les corps. De ce geste est née la modernité, à partir de laquelle l’homme s’est séparé de l’ensemble auquel il appartient. Bref, le rationalisme nous a conduits à une vision virile et conquérante de ce continent noir que nous avons nommé « nature ».L’époque qui s’ouvre marque le retour de l’exil. Après avoir écrasé et ignoré la fragilité du vivant, nous la voyons faire irruption dans notre quotidien sous les traits d’une pandémie et d’un écocide. Nous sommes liés et ne pouvons plus prétendre, en toute impunité, exister depuis un point de vue abstrait, de nulle part.La fragilité est expérience, non savoir hors-sol. À nous d’en tirer les leçons, d’inaugurer une pensée et un agir qui intègrent cet autre de la rationalité, qui est non pas l’irrationnel des relativismes identitaires ni l’hyper-rationalité de la machine algorithmique, mais un savoir qui se tisse au plus proche de nos sensations, de nos émotions et du vécu du corps : le sens commun."
Esce oggi, edito da Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, il libro "Cinque lezioni di complessità" di Miguel Benasayag in collaborazione con Teodoro Cohen.
ISBN: 978-8868353797; 22.4 x 1 x 22.5 cm; 128 pp., 13€; Collana "Scenari"
"La Modernità, con le sue promesse universali di progresso, è finita. Viviamo nell'epoca della complessità, facciamo i conti con l'irruzione dell'imprevedibile, ciò che sfugge ai calcoli ci spaventa. Eppure abbiamo la chance di metterci in gioco, di sentirci parte di un mondo non più solo umano, di sperimentare ibridazioni possibili con le macchine e nuovi modi di relazionarci all'essere vivente. Il filosofo e psicoanalista Miguel Benasayag ci accompagna in un viaggio nella complessità che ci circonda, condizionata dagli effetti antropologici, psicologici e cognitivi della rivoluzione digitale."
Aujourd'hui sort en Italie, pour les éditions Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, le livre "Cinque lezioni di complessità" ("Cinq leçons de complexité") de Miguel Benasayag avec Teodoro Cohen issu du cycle de leçons données à la "Fondazione Feltrinelli" entre janvier et juin.
Fruit d'une conversation entre Miguel Benasayag et Régis Meyran, La tyrannie des algorithmes paraîtra aux Editions Textuel, le 23 octobre prochain.
Dans cet ouvrage, Miguel Benasayag nous alerte sur le risque majeur que font peser les algorithmes sur nos démocraties alors que les big data sont en train de décider des orientations du monde. C’est au quotidien que la vie collective est insidieusement « prise en charge » par les machines : logiciels de surveillance couplés à des caméras, justice prédictive, suivi marketing de nos moindres faits et gestes sur internet pour élaborer des prédictions d’achat…
Ce n’est pourtant pas en technophobe que l’auteur dénonce la colonisation du vivant, conscient que regarder l’avenir dans un rétroviseur n’est pas possible. Loin du clivage qui consiste à renvoyer dos à dos technophiles et technophobes, Miguel Benasayag démontre ici comment la résistance à la colonisation de l’humain par la machine doit passer par une recherche d’hybridation entre les deux. Hybrider, ce n’est ni refuser l’intelligence artificielle ni se laisser dominer par elle, c’est savoir tirer les conséquences politiques
et démocratiques de cette nouvelle forme de domination. Si l’économie est pilotée par l’IA qui détermine aujourd’hui le politique, il n’y a plus de conflictualité possible, il n’existe plus qu’une gestion des comportements. Comment les individus peuvent-ils retrouver une puissance d’agir dans ce monde postdémocratique ?
ISBN : 978-2-84597-789-1
11,3 x 21 cm, 132 pages, 17 €
Collection « Conversations pour demain »
A l'occasion de la sortie du dernier livre de Miguel Benasayag, « Fonctionner ou exister ? », le collectif Malgré tout et les éditions du Pommier vous invitent à rencontrer l'auteur lors d'une présentation publique, le 09 novembre à 21 h 00, à la Maison de l'Amérique latine.
Présentation du livre
Mais que s’est-il passé dans nos sociétés occidentales pour que les Anciens de naguère soient devenus des « vieux », pour que les jeunes n’aient plus le temps d’être jeunes, pour que la fragilité, les failles ne soient plus assimilées qu’à des dysfonctionnements ?
A une époque où on nous demande de gérer nos existences comme on gère des entreprises, où les technologies digitales nous promettent de nous débarrasser des complications de la vie, la différence entre fonctionner et exister ne paraît plus aller de soi.
Que peut encore signifier l’idée d’existence à l’heure où les technosciences nous expliquent que la différence entre le vivant et la machine ne serait que quantitative ? Quelle est encore la valeur de l’expérience dès lors que les dimensions de la pensée, de la création, et même de l’amour seraient réductibles à des fonctionnements modélisables et améliorables ?
La rationalité occidentale est en crise, le grand mythe du progrès s’est fracassé, l’Homme a failli… Qu’à cela ne tienne ! Le bonheur et l’harmonie parfaite restent à portée de main, mais à une condition : accepter ce devenir machine.
Ce livre s’adresse à tous ceux qui ne veulent pas céder à cette peur qui nous invite à « entrer dans la cage pour notre plus grand bonheur ».
Car quelque chose reste et résiste. Ce quelque chose nous dit que la vie, la culture, l’amour ne se résument pas à leurs seuls mécanismes identifiables et modélisables. Ce quelque chose résonne aujourd’hui comme une plainte, un appel mais il est aussi un pari. Celui que dans ce reste, ce « bruit dans le système », se niche encore les conditions mêmes de l’existence.
Philosophe, psychanalyste, chercheur en épistémologie, Miguel Benasayag est l’auteur de nombreux ouvrages dont La Singularité du vivant, Le Pommier, 2017 et Cerveau augmenté, homme diminué, La Découverte, 2016. Il anime avec Angélique Del Rey et Bastien Cany le collectif « Malgré tout ».
Miguel Benasayag, La Singularité du vivant, Le Pommier, octobre 2017, 192 Pages.
ISBN : 978-2-7465-1092-0
Présentation du livre
Depuis les domaines du digital et de la biologie moléculaire, on nous annonce que les différences entre le vivant et la machine, entre l’intelligence artificielle et l’intelligence animale, entre la vie artificielle et la vie tout court, seraient sur le point de s’effacer : tous les mécanismes biologiques pourraient enfin être révélés, modélisés, dépassés. De nouveaux démiurges nous font miroiter des existences libérées de toute limite, même de la mort. Le temps serait venu de se passer du monde réel et du vivant lui-même, désormais réductible à ses composants, à une mécanique.
Derrière ces promesses de vie augmentée se cache en réalité toujours le même projet réactionnaire : celui de se débarrasser des corps pour accéder enfin à la vraie vie qui serait du côté des données et des algorithmes.
La carte prend possession du territoire. Et c'est nos possibilités mêmes d’agir, de penser, de désirer et d’aimer qui mises à mal.
En assénant que « tout est information », le monde digital non seulement ignore mais écrase les singularités propres au monde du vivant et de la culture. Dans ce vaste processus d’artefactualisation du monde et de la vie, la carte prend possession du territoire. Et c'est nos possibilités mêmes d’agir, de penser, de désirer et d’aimer qui sont mises à mal.
Contre cette menace, Miguel Benasayag invite à penser la singularité radicale du vivant, à envisager un mode d’hybridation entre la technique et les organismes qui ne soit pas une brutale assimilation. Cela passe par la production d’un nouvel imaginaire, d’un nouveau paradigme capable de nous aider à étudier rationnellement ce qui, dans la complexité propre au vivant et à la culture, n’est pas réductible au modèle informatique dominant.
Le Collectif Malgré Tout et les éditions du Pommier vous invitent à la présentation du livre de Miguel Benasayag, en collaboration avec Giuseppe Longo :
"La singularité du vivant"
Le vendredi 17 novembre à 21 h, à la Maison de l'Amérique Latine : 217 Bd Saint Germain, 75007, Paris . Soirée avec le philosophe Jean Michel Besnier et l'éditrice Juliette Thomas directrice des éditions du Pommier.
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Présentation du livre
Depuis les domaines du digital et de la biologie moléculaire, on nous annonce que les différences entre le vivant et la machine, entre l’intelligence artificielle et l’intelligence animale, entre la vie artificielle et la vie tout court, seraient sur le point de s’effacer : tous les mécanismes biologiques pourraient enfin être révélés, modélisés, dépassés. De nouveaux démiurges nous font miroiter des existences libérées de toute limite, même de la mort. Le temps serait venu de se passer du monde réel et du vivant lui-même, désormais réductible à ses composants, à une mécanique.
Derrière ces promesses de vie augmentée se cache en réalité toujours le même projet réactionnaire : celui de se débarrasser des corps pour accéder enfin à la vraie vie qui serait du côté des données et des algorithmes.
La carte prend possession du territoire. Et c'est nos possibilités mêmes d’agir, de penser, de désirer et d’aimer qui mises à mal.
En assénant que « tout est information », le monde digital non seulement ignore mais écrase les singularités propres au monde du vivant et de la culture. Dans ce vaste processus d’artefactualisation du monde et de la vie, la carte prend possession du territoire. Et c'est nos possibilités mêmes d’agir, de penser, de désirer et d’aimer qui mises à mal.
Contre cette menace, Miguel Benasayag invite à penser la singularité radicale du vivant, à envisager un mode d’hybridation entre la technique et les organismes qui ne soit pas une brutale assimilation. Cela passe par la production d’un nouvel imaginaire, d’un nouveau paradigme capable de nous aider à étudier rationnellement ce qui, dans la complexité propre au vivant et à la culture, n’est pas réductible au modèle informatique dominant.
Tim Ingold
UNE BRÈVE HISTOIRE DES LIGNES
Traduit de l’anglais par Sophie Renaut. 256 p. 110 illustrations.
ISBN 978 293 060 102 1. 2011-2013
Présentation de l'éditeur. Où qu'ils aillent et quoi qu'ils fassent, les hommes tracent des lignes : marcher, écrire, dessiner ou tisser sont des activités où les lignes sont omniprésentes, au même titre que l'usage de la voix, des mains ou des pieds. Dans Une brève histoire des lignes, l'anthropologue anglais Tim Ingold pose les fondements de ce que pourrait être une "anthropologie comparée de la ligne" - et, au-delà, une véritable anthropologie du graphisme. Etayé par de nombreux cas de figure (des pistes chantées des Aborigènes australiens aux routes romaines, de la calligraphie chinoise à l'alphabet imprimé, des tissus amérindiens à l'architecture contemporaine), l'ouvrage analyse la production et l'existence des lignes dans l'activité humaine quotidienne.
Tim Ingold divise ces lignes en deux genres - les traces et les fils - avant de montrer que l'un et l'autre peuvent fusionner ou se transformer en surfaces et en motifs. Selon lui, l'Occident a progressivement changé le cours de la ligne, celle-ci perdant peu à peu le lien qui l'unissait au geste et à sa trace pour tendre finalement vers l'idéal de la modernité : la ligne droite. Cet ouvrage s'adresse autant à ceux qui tracent des lignes en travaillant (typographes, architectes, musiciens, cartographes) qu'aux calligraphes et aux marcheurs - eux qui n'en finissent jamais de tracer des lignes car quel que soit l'endroit où l'on va, on peut toujours aller plus loin.
Les éditions La Découverte invite Miguel Benasayag à présenter son dernier ouvrage "Cerveau augmenté, homme diminué" à la Maison de l'Amérique Latine.
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=h-6YgPGJ15A&w=560&h=315]
Dernier ouvrage de Miguel Benasayag, Cerveau augmenté, homme diminué, est publié aux éditions La Découverte (mai 2016).
Le cerveau humain connaît, étudie, explique et comprend, au point qu’il en est arrivé à prendre comme objet d’étude… lui-même. Et les nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau ébranlent profondément nombre de croyances au fondement de la culture occidentale. Car les remarquables avancées des neurosciences rendent en effet désormais envisageable pour certains la perspective d’améliorer le cerveau et de supprimer ses faiblesses et ses « défauts » : le rêve d’un cerveau « parfait » semble à portée de la main.
Cette vision conduit à considérer notre cerveau comme un ordinateur qu’il s’agirait d’optimiser en l’améliorant par divers outils pharmacologiques ou informatiques.
À partir d’une vulgarisation très pédagogique de recherches récentes souvent très « pointues » en neurosciences, Miguel Benasayag montre ici, de façon fort convaincante, pourquoi ce nouvel idéalisme du « cerveau augmenté » est en réalité une illusion dangereuse : le monde qu’entendent préparer les transhumanistes et certains scientifiques risque fort d’être surtout habité par la folie et la maladie…
Une thèse critique solidement argumentée, qui a commencé à faire son chemin dans le milieu des chercheurs les plus préoccupés par les apories et les failles de ce nouveau mythe du progrès.
Connaître, c’est agir. Mais pourquoi nous est-il si difficile de réagir, d’agir, face aux graves problèmes qui menacent nos sociétés, notre santé, nos vies, la vie même ? Serait-ce par manque d’informations, voire de connaissance ?
Pour Miguel Benasayag, ce n’est pas de ce côté-là qu’il faut chercher, mais plutôt de celui des modalités de la connaissance elle-même. C’est pourquoi il s’efforce de comprendre ici les différents mécanismes de constitution et de construction de notre perception du monde et de la réalité. Il s’agit d’étudier, au-delà de toute morale, les dispositifs à travers lesquels on " met à distance " la réalité, en nous condamnant souvent à subir ses effets sans pouvoir agir. La vieille querelle entre déterminisme et libre arbitre apparaît ainsi comme un faux débat. L’enjeu, le défi, c’est de penser la liberté réconciliée avec le destin. Jadis, l’agir dépendait de Dieu. Puis on l’a confié à l’homme, qui est le lieu de la séparation entre la connaissance, l’agir et le monde. C’est ainsi que l’agir et ses possibilités deviennent une question : depuis où agit-on ? Quelle serait la bonne optique ? Si Dieu nous condamne à une trop grosse focale, l’individu, lui, nous condamne à un zoom trop prononcé. Le paysage, qui n’est pas un simple décor où l’on déambule, pourrait être cette bonne distance pour renouer avec une connaissance qui redevient agir. Nous ne sommes jamais face à un paysage : nous sommes paysages. L’auteur continue ici sa déconstruction du mythe de l’individu, ainsi que son travail sur l’éthique en tant que fragilité. L’objectif reste clair : une philosophie de la situation et de l’action.
Miguel Benasayag avec la collaboration d’Angélique del Rey, La Découverte, Collection Armillaire, date de parution : 13 avril 2006.
Le siècle qui devait accoucher de toutes les émancipations est en train de finir comme un crépuscule mélancolique. Les expériences révolutionnaires ont tragiquement échoué, et le capitalisme, sous sa forme du libéralisme à outrance, paraît désormais aussi inévitable que le coucher du soleil, qui plonge dans l’ombre des millions d’hommes et de femmes auxquels on demande de se résigner.
Et pourtant... Au Chiapas ou en Afrique du Sud, en Belgique ou en France, les sans-terre, les sans-papiers, les sans-travail, tous ces « sans » là, paraissent ignorer le diktat des grands de ce monde. En prenant appui sur l’analyse de ces nouvelles formes de radicalité, et sur l’étude critique d’expériences plus anciennes (notamment des guérillas d’Amérique latine), les auteurs proposent dans ce livre une critique fondamentale du messianisme révolutionnaire et de la pensée classique de l’émancipation, qui ne concevait la liberté que comme la conséquence de la prise du pouvoir. Et ils explorent les voies d’une autre radicalité, plus porteuse de changements et d’espoir, et qui saurait éviter les pièges du pouvoir : celle d’une pratique de la liberté toujours en actes, ici et maintenant, et qui ne serait plus simple promesse.
Complexe, insaisissable, inquiétant, de plus en plus virtuel, violent, lointain... : tel se présente « le monde ». Face à lui, un petit personnage impuissant et triste qui ne peut que le regarder depuis une totale extériorité : l’individu. Création de la modernité, l’individu est ce sujet prétendu autonome devenu oeil, regard fixant un monde devenu écran sur lequel il n’a plus aucune prise.
Véritable « atome indivisible », fondement inquestionné de nos sociétés, l’individu semble être aujourd’hui le dernier rempart face à la crise et à la perte de repères que nous traversons. Pourtant, loin d’être cette instance trans-historique et trans-culturelle, l’individu est une forme d’organisation sociale, il est le nom d’un pouvoir, d’un projet économique, d’une philosophie et d’une Weltanschauung. De là que lorsque, avec la meilleure volonté du monde, nous essayons de protéger et de recréer le lien social entre les individus pour sauvegarder la vie face à la destruction capitaliste, nous ne faisons en fait que renforcer la logique que nous pensons combattre : dans le néolibéralisme avancé l’individu n’est autre que le nom du lien social régulé par la loi du profit et de l’intérêt.
Penser l’individu, ou un au-delà de l’individu qui ne tombe pas dans le piège de la dichotomie individu-masse, puisqu’aussi bien, il est l’instance fondamentale de toute massification ; élaborer une théorie de l’émancipation qui dépasse l’opposition forts-faibles régissant le fonctionnement de nos sociétés, une théorie de la situation qui parte de l’assomption de la « fragilité » comme dimension fondamentale de ce qui fait l’essence même de la vie, telles sont les quelques pistes qui constituent la démarche de l’auteur dans cet ouvrage.
Miguel Benasayag, Le mythe de l’individu , Editions La Découverte. L’auteur présentera son ouvrage le vendredi 13 novembre à 20 heures, à la Maison de l’Amérique Latine, 217, bd Saint-Germain, Paris 6ème. En présence de Daniel Mermet et de François Gèze. Entrée libre.