Les 4 et 5 mai prochains auront lieu deux journées d’études sur le thème « Anarchisme et Education « , dont le résumé, le programme et l’argumentaire sont reproduits ci-dessous.
Ces journées auront lieu à la Bourse du Travail de Paris, 3 rue du Château d’Eau, salle Jean Jaurès.
L’inscription est demandée, à ce lien : https://framaforms.org/inscription-aux-journees-anarchisme-et-education-des-4-et-5-mai-2026-1773582870
Anarchisme et Education.
L’idée de ces Journées d’études interdisciplinaires (philosophie, histoire, sociologie, sciences de l’éducation, science politique, pédagogie…) est de réunir à la fois des personnes dont le lien entre anarchisme et éducation est l’objet d’étude, ainsi que des acteur-ices de terrain qui tentent de faire vivre concrètement ce lien, sans avoir toujours le temps d’en faire le bilan. Ces deux journées, bien que de fondement universitaire, offriront l’occasion de donner aussi la parole à des acteur-ices « de terrain » et de présenter des expériences contemporaines concrètes.
Cela permettra de confronter des expériences internationales, de pratiquer l’auto-formation sur des thèmes et des pratiques parfois peu visibilisées, et de travailler sur les modèles alternatifs aux injonctions d’ autonomie (faussée) par les écoles d’ordre, dont les systèmes étatiques et institutionnels n’ont jamais permis, voire ont empêché qu’ils organisent une démocratie éducative au sens de l’invention par et pour les travailleur-ses des règles démocratiques de leur propre émancipation.
Programme (en PJ également, version PDF)

La pensée anarchiste de l’éducation, en tant qu’elle est une pensée de l’auto-émancipation, sans et contre les maîtres et les dominants, sans et contre l’autorité transcendante, sans et contre les exploiteurs et les colonisateurs, est un point central de notre réflexion. En s’écartant peu ou prou d’une pensée politique générale sur l’autonomie (qui implique obéissance, même s’il s’agit de règles auto-prescrites, depuis Rousseau et Kant), le mouvement anarchiste dans sa grande diversité constitue une réflexion à l’endroit des conditions matérielles concrètes, dans l’émancipation du peuple par et pour lui-même, rendant possible une éducation qui évacue toute autorité ou toute référence extérieure au collectif qui s’en prescrit. Il serait trop volumineux de résumer toutes les contributions à l’étude ce problème. Renvoyons ici simplement, pour exemple, à l’entrée » Autonomie » du dictionnaire anarchiste de S. Faure (1934). Cette réflexion possède une histoire longue et riche en matière de pensée de l’émancipation éducative, et de démasquage des pièges tendus, génération après génération, par diverses formes d’école d’ordre, à laquelle appartient en grande partie l’école dite gratuite, laïque et obligatoire (Société Pierre-Joseph Proudhon, 2020).
Pourtant, malgré :
1) une histoire internationale extrêmement féconde en termes de pensées (voir l’anthologie de Baillargeon, 2016 & 2019) : L. Michel, F. Pelloutier, P.-J. Proudhon, M. Bakounine, S. Faure, F.Ferrer, W. Godwin, P. Kropotkine, P. Robin, J. M. Luengo, M. Lacerda, bell hooks, etc.) ;
2) une pléthore de mouvements internationaux (fouriéristes, bourses du travail des anarcho-syndicalistes français et états-uniens, mujeres libres en Espagne, communautés autonomes du Chiapas, zadistes, etc.) ;
3) des publications contemporaines (Avrich, 1980 ; Suissa, 2010 ; CIRA Lausanne, 2016 ; etc.) au sujet de la pensée anarchiste de l’éducation et de ses liens avec des praxis émergentes telles que celles des communs, par exemple,
force est de constater qu’il n’existe que peu d’espaces de travail interdisciplinaires et ancrés sur le terrain, dans la pratique, sur ces questions.
L’idée de ces Journées d’études interdisciplinaires (philosophie, histoire, sociologie, sciences de l’éducation, science politique, pédagogie…) est donc de réunir à la fois des personnes dont le lien entre anarchisme et éducation est l’objet d’étude ou l’un des objets d’étude, ainsi que des acteurs et actrices de terrain qui tentent de faire vivre concrètement ce lien, sans avoir toujours le temps d’en faire le bilan. L’occasion de les rassembler permettra aussi de confronter des expériences internationales et de pratiquer l’auto-formation sur des thèmes et des praxis parfois peu visibilisées dans la recherche française en éducation. Ainsi, ces deux journées, bien que de fondement universitaire, doivent être autant, sinon plus, l’occasion de donner la parole à des actrices et acteurs « de terrain » et de présenter des expériences contemporaines concrètes : par exemple l’école « Isauro Arancibia » en Argentine, les réseaux autogestionnaires syndicaux français, les « éducations » auto-gérées des centres urbains et des ruralités (GPAS), l’éducation au Chiapas, l’école Paideia en Espagne, etc.
Au-delà de l’intérêt pour la recherche, l’enjeu des journées est aussi pratique : travailler sur les modèles alternatifs aux injonctions d’ autonomie (faussée) par les écoles d’ordre, dont les systèmes étatiques et institutionnels n’ont jamais permis, voire ont empêché, qu’ils organisent une démocratie éducative au sens de l’invention par et pour les travailleur-ses des règles démocratiques de leur propre émancipation (Illich, 1971).
Angélique Benasayag, Jean-François Dupeyron, Leïla Frouillou et Vincent Legeay
