« Comprendre et agir dans la complexité »

séminaire

La prochaine séance du séminaire se déroulera le 04 octobre à 20 h 30 au 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris.

Dates à venir : mercredi 15 novembre et 6 décembre.

Nouveau lieu, nouvelle adresse…

A partir de la rentrée, le séminaire sera accueilli par le Cedetim (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale) et se déroulera dans les locaux du Centre international de culture populaire (CICP) qui héberge de nombreuses associations engagées dans la solidarité internationale, la défense des droits humains, économiques, sociaux et culturels.

Cedetim (CICP) : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris (métros Rue des Boulets, Avron, Nation).

Ce rendez-vous sera l’occasion d’aborder le travail au sein du séminaire en mode laboratoire, dans une codirection entre animateurs et participants.

Nous reviendrons également sur les axes de recherche engagés l’année précédente, à savoir :

1- L’élaboration d’un modèle organique qui nous permette de comprendre ce qui est réellement en jeu dans l’hybridation actuelle entre la technique, le vivant et la culture.

2 – Un travail de réflexion sur l’agir, à travers notamment cette question : après la décomposition du sujet, quel est le nouveau dispositif de l’agir ?

Entre un sentiment d’impuissance grandissant face à un monde vécu comme toujours plus chaotique et menaçant et les promesses de toute puissance incarnées par les machines digitales, il nous semble urgent de reposer la question de l’agir et la possibilité même d’un acte et d’une éthique par temps de crise.

Présentation générale du séminaire

Notre hypothèse de travail est qu’une grande partie du malaise et du sentiment d’impuissance actuel est due au mode d’hybridation du vivant avec les nouvelles puissances du monde digital.

La fascination pour les nouveaux possibles éclipse la difficulté que nous avons à coloniser les nouvelles techniques qui, à leur tour, imposent à la culture et au vivant, leur rythme et leur finalité. Pour sortir de la fascination et de l’impuissance, la question est : comment développer des modes d’utilisation des techniques qui soient régulés par cette « finalité sans fin… », cette fondamentale « inutilité » propre à la vie et à la culture ?

Le séminaire se tient une soirée par mois et notre défi réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active », c’est-à-dire tenter d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.

En 2016/2017, le séminaire s’est articulé autour de trois axes principaux :

1- Comment penser l’irrationnel dans la société et dans les vies individuelles, hors de l’illusion d’une rationalité triomphante ?

2- Les rapports artefacts/vie, artefacts/culture : vers une robotisation du vivant et de la culture…

3- Comment la rupture des liens sociaux, la naturalisation des injustices, les mécanismes de modification de la perception finissent par normaliser les situations de souffrance et les plus dures réalités de nos sociétés ?

Le travail au sein de ces groupes consiste à explorer les axes théoriques développés dans le séminaire en les transposant aux expériences et pratiques concrètes des participants qu’elles soient sociales, professionnelles, artistiques, scientifiques… L’objectif est d’identifier les points problèmes à travers lesquels se manifestent les défis de l’époque.

Nous vous proposons ci-dessous quelques pistes de recherche en lien avec les trois thèmes de travail du séminaire.

Thème 1

La croyance dans la rationalité du réel est un dispositif central de la pensée moderne. Depuis les Lumières, les sociétés occidentales ont cru dans la possibilité d’une rationalité totale et totalisante tournée vers la réalisation progressive d’un seul et même idéal de « maîtrise » et de « progrès ». Le sens de la vie, de l’histoire, de nos sociétés ne pouvait avoir qu’un objectif : l’élimination de toutes formes de négativité pour l’avènement final d’un monde sans ombre, sans perte, sans destruction. Si le 20e siècle (crise des fondements, rupture de 1900, guerres mondiales…) a profondément abîmé les idéaux de la modernité, on assiste aujourd’hui à la reconstruction brutale d’une nouvelle promesse d’hyper-rationalité incarnée par les machines digitales.

– Dans la médecine, dans l’économie, dans la politique, la postmodernité continue de nourrir cette croyance en la possibilité de mener des vies dans lesquelles le négatif pourrait être identifié et éliminé. Idéologie de l’adaptation dans le monde du travail, pédagogie des compétences, désir de transparence, refoulement du conflit… : il s’agit, à travers ce groupe de travail, de comprendre comment se joue (individuellement et collectivement) le décalage entre les exigences de rationalité dans laquelle on prétend (on souhaite) placer nos vies et notre expérience quotidienne de l’irrationnel.

– Entre la tentation de céder à un irrationnel religieusement structuré et celle d’adhérer à l’hyper-rationalité de l’algorithme, le défi réside aujourd’hui dans la possibilité de penser l’irrationnel et la négativité de façon organique (c’est à dire à travers les processus multiples, contradictoires et non unifiés de l’expérience humaine). L’un des objets de recherche de ce groupe pourrait donc porter sur la nécessité de renouer avec une rationalité plus complexe, plus riche, moins linéaire. Autrement dit : comment développer un agir et des pratiques qui intègrent que dans tout modèle du non-savoir cohabite avec le savoir, du non prévisible accompagne le prévisible. Bref, tenter de répondre à la question : comment agir sans solution ?

Thème 2

Nous souhaitons développer une petite recherche autour de la réalité de l’hybridation – évidente mais insuffisamment questionnée – entre le vivant et les artefacts digitaux, entre le cerveau et les machines.

– Il ne s’agit pas de développer une réflexion théorique mais au contraire d’essayer de repérer déjà les formes les plus simples d’hybridation dans le quotidien le plus immédiat (téléphone portable, GPS, objets connectés…).

– Une autre piste de travail consisterait à étudier la manière dont les technologies digitales s’imposent à nous, et sous quels modes (divertissement, simplification du quotidien…) mais aussi de regarder, à partir d’exemples précis, comment la technologie produit des possibles qui deviennent norme pour les hommes.

Thème 3

Dans un monde plus en plus dur, la violence, l’injustice, les menaces contre la vie même paraissent évidentes. Et pourtant, le sentiment d’impuissance et de « distance » est grandissant face à un monde vécu comme toujours plus complexe, menaçant et lointain.

– Un premier axe de la recherche serait  d’étudier à partir d’exemples concrets les mécanismes qui conduisent à cette « mise à distance » du monde et du vécu, les effets de saturation de la réalité par l’immédiat mais aussi les causes qui nous empêchent d’expérimenter certaines connaissances comme des vérités…

Tout se passe aujourd’hui comme si les souffrances, les horreurs vécues par certains de nos contemporains ne parvenaient plus à entrer en résonance avec la société. Séparées de la totalité, étiquetées, elles deviennent de simples catégories extérieures, formatées et pour ainsi dire « naturalisées ».

– Une autre voie de travail serait d’identifier et de décrypter les récits et les modèles qui participent à virtualiser les plus dures réalités de notre monde. Quels sont les récits économiques, sociologiques, médicaux, hygiénistes, statistiques… qui se substituent aux processus concrets, aux corps réels et finissent par les transformer en pures menaces ?

Présentation : 

Notre hypothèse de travail est qu’une grande partie du malaise et du sentiment d’impuissance actuel est due au mode d’hybridation du vivant avec les nouvelles puissances du monde digital.

La fascination pour les nouveaux possibles éclipse la difficulté que nous avons à coloniser les nouvelles techniques qui, à leur tour, imposent à la culture et au vivant, leur rythme et leur finalité. Pour sortir de la fascination et de l’impuissance, la question est : comment développer des modes d’utilisation des techniques qui soient régulés par cette « finalité sans fin… », cette fondamentale « inutilité » propre à la vie et à la culture ?

Le séminaire se tient une soirée par mois et notre défi réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active », c’est-à-dire, tenter d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.

Les thèmes abordés : 

Les trois révolutions anthropologiques : langage, écriture, digitalisation. Il s’agit de comprendre comment dans les trois grandes ruptures qui sont d’énormes progrès pour l’humanite, celle-ci a été profondement modifiée dans un mouvement qu’on pourrait présenter comme une augmentation de puissance et un éloignement de soi.

Le monde digital. La construction de modèles mathématiques qui prennent progressivement la place du réel en le déplaçant. Ou quand l’image devient plus réelle que l’objet représente. Introduction à la nouvelle théorie de l’information.

La rupture en 1900 de la modernite vers la post ou hyper modernite, à partir d’exemples lies aux arts, aux sciences, a la sociologie et à l’histoire.

Organisme et artefact. Les deux voies d’articulation de la technique au vivant et à la culture. La conquête du vivant par l’artefact ou la colonisation de la technologie par le vivant et la culture.

Le lien social. Le lien avec l’autre, mais aussi avec l’écosystème, l’histoire, etc. Agir dans la complexité.