Rappel Séminaire du collectif ce mercredi 17 + code Zoom

La prochaine séance se déroulera ce mercredi 17 décembre 2025 à 20 h 30 au CICP

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d’un lien Zoom
Lien Zoom
ID de réunion: 897 3875 3584
Code secret: 498945
Zoom réunion

Nous vous attendons le 17 décembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Plan de la ligne 9

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.


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Poèmes

En lien avec cette séance du séminaire, lire ces deux poèmes de Jorge Luis Borgès qui sont, à leur façon, une expression d’une épistémologie du devenir :

Les FleuvesNuages
Nous sommes le temps
Nous sommes la fameuse
parabole d’Héraclite l’Obscur,
Nous sommes l’eau, non le diamant dur,
celle qui se perd, non celle qui repose.
Nous sommes le fleuve et sommes ce Grec
qui se mire dans le fleuve. Son reflet
change dans l’eau du changeant miroir,
dans le cristal qui change comme le feu.
Nous sommes le vain fleuve fixé d’avance,
en route vers sa mer. L’ombre l’a encerclé.
Tout nous dit adieu, tout s’éloigne.
La mémoire ne frappe pas sa monnaie.
Et pourtant il y a quelque chose qui reste
et pourtant il y a quelque chose qui geint.
Extrait de: 
1985, Les Conjurés
Nulle chose au monde qui n’ait été
nuages. Nuages, les cathédrales,
vitraux bibliques et roc monumental,
que rasera le temps. Et l’Odyssée,
changeante comme la mer. Et distincte
chaque fois que nous l’ouvrons. Ton visage
dans le miroir reflète une autre image
et le jour un incertain labyrinthe.
Nous sommes ceux-là qui partent. Profus
le nuage qui s’efface au couchant
est à notre semblance. Constamment
la rose en autre rose se transmue.
Tu es nuage et mer, tu es oubli.
Tu es aussi les choses qui t’ont fui.
Traduit de l’espagnol par Jacques Ancet
In, Jorge Luis Borges : « La proximité de la mer »
Editions Gallimard, 2010

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