Redacción Canal Abierto | Para Miguel Benasayag, filósofo y psicoanalista argentino-francés, la hibridación no es simplemente la unión técnica entre humanos y máquinas, sino un proceso profundo y problemático de colonización de lo vivo por la lógica algorítmica.
Sostiene, el exmilitante del ERP y preso de la dictadura, que esta simbiosis entre lo vivo y lo técnico aplasta la singularidad del vector viviente; y recurrentemente insiste en la pregunta: “¿Funcionamos o existimos?”. “Hace ya bastante que trabajo en intentar comprender esta realidad evidente de nuestra época: la hibridación entre lo vivo y la cultura, y los artefactos creados por el ‘consorcio’ constituido por las nanotecnologías, las biotecnologías, la informática y las ciencias cognitivas”, describe.
Para pensar a partir de estos y otros interrogantes el colectivo A Pesar de Todo de Argentina (Malgré tout de Francia e Italia) comienza un seminario en FM La Tribu para contribuir a la emergencia de un imaginario alternativo, a la altura de los desafíos de la época. La cita será cada último sábado de mes en el local de la radio en Lambaré 873, Almagro, CABA; ocho encuentros desde el 25 de abril, de 11.30 a 13.30 horas, con modalidad presencial y virtual.
Animando los encuentros estarán Benasayag junto a Ariel Pennisi -con quien editaron “La inteligencia artificial no piensa : el cerebro tampoco”, de editorial Prometeo-, y distintos invitados en cada encuentro.
“Nosotros pensamos que para poder actuar la condición es comprender un cambio profundo de paradigma que realmente nos saque del paradigma occidental en el cual el pensamiento, la conciencia tiene que encontrar las vías del actuar. Para poder pensar esto, para poder comprender un poco los cambios epocales es que lanzamos este seminario, este trabajo”, explica el epistemólogo.
“Frente al derrumbe de lo que fue el sujeto sustancial de la modernidad, un sujeto que creyó en el progreso o en la revolución, habitamos un mundo de perplejidad y de dispersión”, sostiene Pennisi. “Las dos soluciones polares que se nos presentan son la nostalgia, la idea de volver a reconstruir la vieja institucionalidad o de volver a reconstruir la esperanza, o el cinismo que se abraza completamente a la demanda y exigencia de puro rendimiento, de puro funcionamiento. Nosotros tratamos de pensar en la hibridación como un modo de agenciar las nuevas tecnologías a prácticas que tengan que ver con la defensa de la vida. Estamos proponiendo juntarnos a pensar cómo articular investigación y compromiso social”.
En este primer encuentro la invitada será Flor Carbajal. En los próximos LAIA (Laboratorio Argentino de Inteligencia Artificial), Pablo Míguez, Fernando Peirone y un grupo de investigadoras e investigadores en biología, entre otros.
Équipe éditoriale de Canal Abierto | Pour Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste franco-argentin, l’hybridation n’est pas simplement l’union technique entre l’humain et la machine, mais un processus profond et problématique de colonisation de la vie par la logique algorithmique.
L’ancien militant ERP et prisonnier de la dictature soutient que cette symbiose entre le vivant et le technique étouffe la singularité du vecteur vivant ; et il insiste sans cesse sur la question : « Fonctionnons-nous ou existons-nous ? » « Je travaille depuis un certain temps déjà à comprendre cette réalité manifeste de notre époque : l’hybridation entre la vie et la culture, et les artefacts créés par le « consortium » composé de nanotechnologies, de biotechnologies, d’informatique et de sciences cognitives », explique-t-il.
Pour explorer ces questions et d’autres encore, le collectif argentin A Pesar de Todo (Malgré tout en France et en Italie) lance un séminaire sur FM La Tribu afin de contribuer à l’émergence d’un imaginaire alternatif, à la hauteur des défis de notre temps. Le séminaire se tiendra le dernier samedi de chaque mois dans les studios de la station de radio, situés au 873, rue Lambaré, à Almagro, Buenos Aires. Huit sessions débuteront le 25 avril, de 11h30 à 13h30, avec une participation en présentiel et en ligne.
Les sessions seront animées par Benasayag, en collaboration avec Ariel Pennisi – avec qui il a coédité « L’intelligence artificielle ne pense pas : le cerveau non plus », publié chez Prometeo – et différents intervenants à chaque séance.
« Nous pensons que pour agir, il est indispensable de comprendre un profond changement de paradigme qui nous affranchit du paradigme occidental selon lequel la pensée et la conscience doivent nécessairement se traduire en action. C’est pour réfléchir à cette question, pour mieux appréhender ces bouleversements majeurs, que nous avons lancé ce séminaire, ce travail », explique l’épistémologue.
« Face à l’effondrement du sujet substantiel de la modernité, un sujet qui croyait au progrès ou à la révolution, nous vivons dans un monde de perplexité et de dispersion », affirme Pennisi. « Deux solutions extrêmes s’offrent à nous : la nostalgie, l’idée de reconstruire les anciennes institutions ou de raviver l’espoir, ou le cynisme, qui embrasse pleinement l’exigence de performance et de fonctionnalité pures. Nous envisageons l’hybridation comme un moyen d’appliquer les nouvelles technologies aux pratiques liées à la défense de la vie. Nous proposons de nous réunir pour réfléchir à la manière d’articuler recherche et engagement social. »
Flor Carbajal sera l’intervenante invitée de cette première rencontre. Lors des prochaines réunions, le LAIA (Laboratoire argentin d’intelligence artificielle) accueillera notamment Pablo Míguez, Fernando Peirone et un groupe de chercheurs en biologie.
Nous vous donnons rendez-vous ce mercredi 13 mai à 20 h 30 au CICP de Paris, voir plan.
Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence, voici le lien Zoom :Lien zoom
ID de réunion: 830 2034 7394 Code secret: 756896
Pour venir
Adresse: CICP (21ter Rue Voltaire, 75011). Métro Rue-des-Boulets ou Nation
Axes de travail 2025/26 Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation
Présentation
Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.
Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous ce mercredi 13 mai à 20 h 30 au CICP de Paris, voir plan.
Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence, voici le lien Zoom :Lien zoom
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Axes de travail 2025/26 Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation
Présentation
Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.
Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous le mercredi 13 mai à 20 h 30 au CICP de Paris, voir plan.
Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence, un lien zoom sera communiqué 48 Heures à l’avance.
Pour venir
Adresse: CICP (21ter Rue Voltaire, 75011). Métro Rue-des-Boulets ou Nation
Axes de travail 2025/26 Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation
Présentation
Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.
Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
L’eccetera… non si arrende al come va a finire, tiene insieme l’adesso con un dopo, l’avanti con il qui e allude ad un possibile ignorato che deraglia ed è meglio se si fa due volte, eccetera, eccetera, un abbraccio al mondo, nonostante il mondo.
L”eccetera continua oltre questo tempo, oltre lo scontato, come un passo che comincia e ancora non atterra. Non conclude, non finisce. Nel nostro eccetera con questa sedicesima edizione continueremo ad interrogarci sulla sofferenza indotta dall’assoggettamento dell’uomo ull’uomo, sulla violenza di genere (quella plateale e quella larvata), sugli ostracismi, sulla colonialità che ci abita, su un tempo orfano di parole capaci di restituire senso, valore, cura, legami.
E lo faremo, ribaltando i finali, sulle tracce vivide e indelebili della poeta Anna Toscano, a cui sarà dedicata una giornata, e di Gianfranco Rizzetto, che ha visto nascere il Festival e che con la sua caparbietà e dedizione ha dato la forza di continuarlo.
domenica 17 maggio – Teatrino di Palazzo Grassi ore 15.30
Malgrado il mondo
Le lotte, le resistenze, le utopie possibili
Claudia Antonangeli e Noemi Donà incontrano Miguel Benasayag filosofo e psicoanalista Luca Casarini attivista e co-fondatore di Mediterranea Saving Humans, evento organizzato in collaborazione con Mediterranea Saving Humans
Etc.… ne se résigne pas à l’issue des choses, relie le présent à l’avenir, l’avant à l’ici, et fait allusion à un possible ignoré qui déraille et qu’il vaut mieux revivre deux fois, etc., etc., une étreinte au monde, malgré le monde.
« L’eccetera » se prolonge au-delà de ce temps, au-delà de l’évidence, comme un pas qui commence sans encore toucher le sol. Il ne conclut pas, il ne s’achève pas. Dans notre « etc. », avec cette seizième édition, nous continuerons à nous interroger sur la souffrance induite par l’assujettissement de l’homme par l’homme, sur la violence de genre (celle qui est flagrante et celle qui est larvée), sur les ostracismes, sur la colonialité qui nous habite, sur un temps orphelin de mots capables de redonner sens, valeur, soin, liens.
Et c’est ce que nous ferons, en renversant les fins, sur les traces vivantes et indélébiles de la poétesse Anna Toscano, à qui sera consacrée une journée, et de Gianfranco Rizzetto, qui a vu naître le Festival et qui, par sa ténacité et son dévouement, a donné la force de le poursuivre.
Dimanche 17 mai – Petit théâtre du Palazzo Grassi 15 h 30
Malgré le monde
Les luttes, les résistances, les utopies possibles
Claudia Antonangeli et Noemi Donà rencontrent Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste Luca Casarini, militant et cofondateur de Mediterranea Saving Humans, événement organisé en collaboration avec Mediterranea Saving Humans
La fête du printemps du Quartier Libre des Lentillères reste avant tout un incontournable dans l’histoire des luttes des territoires occupés.
Plus que jamais, et en ces temps de crispations et durcissements de toute sorte, c’est une nouvelle occasion de se retrouver, de se sentir ensemble et d’éprouver toute la richesse et la diversité du lieu, et de ce qui s’y vit au quotidien. De vendredi après-midi à dimanche soir, en plus des discussions, spectacles, film, concerts, on partagera des repas vegan à prix libre, des visites botaniques, des jeux grandeur nature et plus encore! Parallèlement, nous réaffirmons les axes qui sont et resteront le fondement de notre lutte : les Lentillères comme territoire d’expérimentations politique, écologique, culturelle et sociale. Vive la lutte des Lentillères!
PRESENTAN MIGUEL BENASAYAG, TEODORO COHEN Y ARIEL PENNISI JUEVES 30 DE ABRIL 18.30 HS PROMETEO CAFÉ Pringles 519, Buenos Aires, 🇦🇷 Argentina 1183
(français en dessous)
Decir que nuestra epoca esta fuertemente marcada por una serie de amenazas de todo tipo es una banalidad. Amenazas económicas epidemiológicas, económicas, ecológicas, sin hablar de la violencia cotidiana. Epoca entonces fantastica para todo aprendiz de dictador, la formula « sacrificar una parte de su ibrtad en cambio de seguridad… ». Pero el problema es que sacrificamos nuestra libertad sin jamas obtener una « seguridad ».
Los autores invitan a una presencia, a un estar ahi, sin caer en los cantos de sirena de los secretarios, estar ahi quiere decir estar en la inquietud, estar despiertos y abiertos al mundo y a la existencia. Sin dudas que una de las dimensiones fundamentales del « existir » esta marcado por el « estar abierto a la situación ». No pedir mas promezas a los « prometedores », actuar y reanudar con los lazos y la resistencia creación.
En este libro que parte de un dialogo, dos personas comprometidas social y políticamente intercambian una reflexión sobre la epoca, 40 años de diferencia y experiencias muy diversas, pero ambos son miembros activos del colectivo « Malgré Tout » ( a pesar de todo en la Argentina)
Les séminaires sont disponibles sur Peertube, Vodio, Youtube et Spotify et sont mis en ligne chaque mois dans les jours suivants le séminaire. Vous pouvez vous abonner pour suivre les séminaires ou recevoir des actualités en lien avec le collectif.
Aperçu de la séance d’avril:
Dans ce séminaire d’avril sont proposée entre autre une réflexion à partir d’expériences concrètes (en France et en Amérique latine) sur le rapport entre engagement de terrain, accès au pouvoir et transformations sociales. Il est mis en lumière une tension centrale : lorsque des acteurs issus du “contre-pouvoir” accèdent à des responsabilités institutionnelles, ils tendent souvent à s’éloigner des dynamiques de base qui faisaient leur force.
À travers des exemples récents, notamment une expérience municipale, ce séminaire d’avril interroge les limites des approches classiques de la gauche, confrontées aujourd’hui à une défiance croissante, à un sentiment d’humiliation sociale et à la montée de discours populistes et libéraux.
Ce séminaire invite ainsi à repenser les stratégies de transformation sociale : plutôt que de viser directement le pouvoir, il s’agit de partir des situations concrètes, de renforcer les initiatives locales et de penser une “rationalité complexe” articulant pratiques, désirs et réalités vécues.
Il est possible de nous contacter en utilisant le formulaire, nous ne répondons pas toujours individuellement mais nous intégrons les réflexions et questionnements au séminaire suivant.
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.
Nous demandons, avant et pendant chaque séance,que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.
🇮🇹 Per beneficiare di una traduzione dei sottotitoli da parte di Youtube 🇪🇸 Para beneficiarse de una traducción de subtítulos por parte de Youtube
Les séminaires sont aussi disponibles sur Youtube et Spotify et sont mis en ligne chaque mois dans les jours suivants le séminaire. Vous pouvez vous abonner pour suivre les séminaires ou recevoir des actualités en lien avec le collectif.
Le séminaire est aussi disponible sur Youtube sur la chaîne de Christian Mrasilevici
Aperçu de la séance de mai:
Dans ce séminaire de mai, Miguel Benasayag propose un aperçu d’une réflexion philosophique et politique sur la liberté, les formes de solidarité et les transformations sociales contemporaines. Il critique la conception occidentale classique de la liberté, fondée sur l’idée d’un individu autonome séparé du monde, et défend au contraire une vision où les individus sont constitués par les situations et les relations qu’ils traversent.
À travers des références à Spinoza, Sartre ou encore Foucault, il présente la liberté non comme un simple libre arbitre, mais comme la capacité d’agir selon une nécessité liée à une situation concrète. Le séminaire aborde également les expériences alternatives de solidarité, la critique du capitalisme et de la disciplinarisation des corps, ainsi que la manière dont chacun est impliqué dans les situations sociales et politiques qu’il rencontre.
Nous demandons, avant et pendant chaque séance,que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.
Il est possible de nous contacter en utilisant le formulaire, nous ne répondons pas toujours individuellement mais nous intégrons les réflexions et questionnements au séminaire suivant.
Nous vous donnons rendez-vous ce soir à 20 h 30 au CICP de Paris, voir plan.
Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence: Lien Zoom
ID de réunion: 852 7379 1484 Code secret: 290719
Pour venir
Adresse: CICP
(21ter Rue Voltaire, 75011).
Métro Rue-des-Boulets ou Nation
Axes de travail 2025/26 Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation
Présentation
Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.
Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Nous vous donnons rendez-vous ce mercredi 15 avril à 20 h 30 au CICP de Paris, voir plan.
Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence: Lien Zoom
ID de réunion: 852 7379 1484 Code secret: 290719
Pour venir
Adresse: CICP
(21ter Rue Voltaire, 75011).
Métro Rue-des-Boulets ou Nation
Axes de travail 2025/26 Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation
Présentation
Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.
Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Durant plusieurs échanges menés entre 2024 et 2026 avec « Le Monde », le philosophe, ancien résistant, analyse les soubresauts du monde contemporain, de la régression autoritaire en Occident aux conflits identitaires au Moyen-Orient, en passant par les nouvelles technologies ou l’écologie, dramatiquement passée au second plan. Né en 1921, Edgar Morin est un ancien résistant, un anthropologue de la mort et un sociologue du temps présent, un intellectuel prophétique et engagé dans la cité. Analyste des nouveaux paradigmes scientifiques qui l’ont conduit à forger, dans les six tomes de La Méthode (Seuil, 1977- 2004), sa pensée de la « complexité », et soucieux de saisir les ressorts des dynamiques historiques, comme dernièrement dans Y a-t-il des leçons de l’histoire ? (Denoël, 2025), le philosophe centenaire revient sur la situation française et mondiale.
Comment analysez-vous le climat politique du moment ?
Un grand courant de régression néoautoritaire se répand dans le monde. Sa forme accomplie est le néototalitarisme chinois, qui s’appuie non seulement sur la police mais également sur l’informatique − reconnaissance faciale, contrôle des mails et des échanges téléphoniques, etc. −, afin d’asseoir son pouvoir. En Russie, la dictature poutinienne s’est aggravée avec la guerre menée en Ukraine. La Hongrie subit un régime néoautoritaire. L’Italie est dirigée par un gouvernement dont certains membres sont nostalgiques du fascisme − on observe partout dans le monde des résurgences fascistes, mais le fascisme en tant que parti unique totalitaire n’a pas ressuscité en tant que tel. Donald Trump a fait triompher une Amérique réactionnaire. Et je pourrais évoquer de nombreux pays asiatiques et latino-américains. Il sera peut-être bientôt minuit dans le siècle.
La France est-elle également menacée ?
Oui, parce que le national-populisme favorise l’une des deux France, celle qui fut longtemps monarchique, aristocratique et religieuse, une France pétainiste pendant la guerre, face à la France républicaine, laïque et sociale. On ne peut y résister que par la lucidité et l’esprit critique.
Pourtant, n’est-ce pas parfois au nom des valeurs républicaines qu’une France conservatrice mène ses combats idéologiques aujourd’hui, notamment autour de la laïcité ?
La laïcité est tolérance, et non interdiction. L’un des grands problèmes est celui de l’identité française : les antihumanistes ou réactionnaires la voient monolithique dans son unité. Or, cette unité comporte la diversité des cultures, qui est une richesse pour la France. Il y a certes des difficultés d’intégration car la France n’a pas été en mesure de réussir une politique inclusive de l’immigration. Nous payons aujourd’hui cet échec.
Que faire, alors que la situation politique s’aggrave, notamment avec la possible victoire du Rassemblement national en 2027 ?
Les humanistes devraient se relier les uns aux autres et se rassembler. Dominique de Villepin a d’ailleurs lancé son mouvement, La France humaniste. En cette période troublée, il conviendrait d’élargir et d’amplifier cette initiative, afin de nouer des alliances qui pourraient aller de Dominique de Villepin à François Ruffin et bien d’autres. Mais je crois qu’il faut, au préalable, redéfinir ce que j’appelle un humanisme régénéré conscient de l’identité d’origine et de la communauté de destin de tous les humains.
Le Moyen-Orient est plongé dans une guerre sans précédent depuis les attaques d’Israël et des Etats-Unis contre l’Iran, suivies du conflit au Liban. Comment penser cette nouvelle déflagration dont les répercussions sont désormais mondiales ?
Le régime ignoble des mollahs subit les frappes ignobles de Donald Trump et de Benyamin Nétanyahou. Mais c’est le peuple iranien qui subit martyre après martyre. Tout le Moyen-Orient est en train de passer sous la coupe israélo-américaine, notamment parce que le pro-israélisme est un fondement du trumpisme. Un processus catastrophique est en cours, même si Trump et Nétanyahou ne sont pas éternels. Il n’y a actuellement aucune chance de salut. Nous ne pouvons que témoigner dans l’impuissance. Le seul espoir est dans l’improbable. Résistons.
Le régime iranien, avec son programme nucléaire, n’est-il pas une menace existentielle pour Israël ?
L’Iran et Israël sont l’un pour l’autre une menace.
Vous n’avez cessé d’écrire sur le Proche-Orient. Comment le paradigme de la « complexité » que vous avez forgé permet-il d’analyser le conflit israélo-palestinien aujourd’hui ? En contextualisant au préalable. En considérant les siècles de persécution religieuse ou raciale subie par les juifs. En considérant que si puissant que soit Israël il se trouve dans un environnement potentiellement hostile, que sa sécurité n’est pas assurée dans le futur et qu’il cherche cette sécurité dans la puissance militaire et l’extension territoriale. En considérant la disparition de la gauche israélienne et la domination politique des réactionnaires laïques et religieux qui ne peuvent concevoir ce qu’avait conçu Yitzhak Rabin : l’existence de deux Etats. En considérant la tragédie des Arabes palestiniens en partie chassés de leurs terres et réfugiés dans les camps, et la poursuite de la colonisation israélienne de la Cisjordanie tendant, au-delà de l’asservissement, à l’élimination. En considérant que le massacre de 1 221 Israéliens par le Hamas le 7 octobre 2023[selon un bilan établi par l’Agence France- Presse à partir de chiffres officiels], puis le carnage estimé à plus de 70 000 Gazaouis[d’après le ministère de la santé de l’enclave] sous les assauts de l’armée israélienne ont aggravé la situation. En considérant le contexte géopolitique où Israël est devenu l’avant-garde et le bastion avancé de l’Occident dans un monde arabe où les populations lui sont hostiles et où les incidents militaires risquent, à chaque fois, de dégénérer en guerre. En pensant que le droit à l’existence d’Israël et le droit de naissance d’une nation palestinienne s’imposent l’un et l’autre éthiquement et politiquement. Tous ces points constituent des présupposés ou préliminaires que j’ai tenté de déployer dans Le Monde moderne et la condition juive [Seuil, 2006].
Comme le philosophe Martin Buber (1878-1965), vous auriez préféré « une nation commune aux Juifs et aux Arabes » plutôt que cette guerre sans fin qui oppose Israéliens et Palestiniens. Qu’est-il permis d’espérer, aujourd’hui ?
J’espère l’inattendu.
« Je considère que je fais plus honneur à l’identité juive par mon œuvre universaliste que ceux qui injurient ou calomnient au nom d’une identité close et exclusive », écriviez-vous dans « Leçons d’un siècle de vie » (Denoël, 2021). Faites-vous le même constat aujourd’hui ?
Je me définis selon une unité plurielle. Je suis d’ascendance juive séfarade, j’ai rendu hommage à mon père et à mes ascendants séfarades dans Vidal et les siens [Seuil, 1989]. J’ai gardé mon nom de naissance − Nahoum − sur mes papiers d’identité. J’ai pris un pseudonyme en entrant dans la Résistance − Morin − et je l’ai gardé pour mes activités publiques. La honte de soi ne me concerne pas. Je porte en moi une identité méditerranéenne, italienne et espagnole de plusieurs siècles.
Je suis d’abord un être humain pour qui, comme le disait Montaigne, tout homme est mon compatriote ; puis je suis français, juif, méditerranéen, nourri par un humanisme universaliste qu’apportèrent le marrane Montaigne et l’apostat Spinoza, humanisme qu’a entretenu ma culture française faite de la fréquentation des œuvres de Voltaire, de Denis Diderot ou de Victor Hugo. J’ajoute pour me situer que je fais partie des juifs humanistes hostiles à toutes persécutions, tous mépris, tous rejets.
Vous n’avez cessé d’analyserles mouvements de la jeunesse, des yéyés aux générations désorientées par les crises écologiques et géopolitiques. Comment percevez-vous cette jeunesse qui témoigne de sa solidarité avec la population palestinienne ?
Je n’ai plus la possibilité de faire des investigations comme je les faisais dans le passé. Je suis frappé et ému par la compassion d’une partie de la jeunesse en Europe comme aux Etats-Unis au sort tragique d’un peuple en voie de destruction, celui des Palestiniens, en partie chassés de leur terre et en partie colonisés, comme en Cisjordanie. Les Palestiniens risquent d’être chassés de Cisjordanie par l’Etat d’Israël et diasporés comme le furent les juifs dans l’Empire romain.
A la suite d’une tribune parue dans « Le Monde » en 2002, évoquant un « cancer israélo-palestinien en cours de métastases dans le monde », deux associations vous ont poursuivi pour « diffamation à caractère racial » et « apologie du terrorisme ». Considérez-vous qu’il reste difficile de parler du sort fait aux Palestiniens, notamment lorsqu’on est juif ?
Il arrive d’être très critiqué lorsque l’on critique la politique répressive d’Israël envers les Palestiniens. Pour certains inconditionnels de tout acte du gouvernement israélien, il y a trahison si l’on est juif. Je n’ai pourtant jamais contesté l’existence d’Israël. Dans mon cas, je souhaite m’inscrire dans la lignée des juifs humanistes, de Baruch Spinoza à Hannah Arendt, mais aussi dans le sillage d’intellectuels israéliens tels que l’historien Shlomo Sandet bien d’autres, dont les rédacteurs du quotidien Haaretz. Cela dit, il y a distinction − mais il y a parfois aussi contamination − entre antisémitisme, antijudaïsme et anti-israélisme : j’ai traité de cela en 2004 dans un article pour Le Monde qui, je crois, reste d’actualité.
Comment appréhendez-vous le regain d’antisémitisme qui gagne la planète ?
La domination israélienne sur les Palestiniens a suscité un antijudaïsme dans le monde arabo-musulman qui fut, dans le passé, accueillant pour les juifs, comme l’Empire ottoman. Elle a suscité un nouvel antisémitisme identifiant tout juif à un Israël oppresseur, ne voyant que l’attachement inconditionnel des institutions juives officielles de la diaspora à Israël. L’ancien antisémitisme s’est ainsi quelque peu ranimé. Mais n’oublions pas l’anti-islam, non moins ravageur.
« Tous les arts ont produit leurs merveilles. Seule la politique n’a produit que des monstres », écrivait Saint- Just, que vous aimez à citer. Pourquoi soutenez-vous que la politique est ce qu’il y a de plus sous-développé dans notre société ?
Il n’y a plus de culture politique fondée sur de grandes pensées comme celles de Marx ou de Tocqueville. Beaucoup de personnalités politiques actuelles manquent de culture historique. Et dans le vide de pensée propre, la politique est réduite à l’économie, et même à la seule économie néolibérale. Mais ce n’est pas seulement la politique qui est sous- développée dans notre société, c’est la pensée, c’est l’équité.
Vous êtes un sociologue du temps présent. Quelle est votre définition de la sociologie ?
La sociologie doit avoir une définition de la société comme entité auto- éco-organisatrice complexe. Sur cette base, on peut pratiquer une recherche de sociologie ouverte. Par ailleurs, chaque étude concrète de terrain nécessite une méthodologie propre, avec une implication du chercheur dans sa recherche. Ce que j’ai fait en Bretagne dans mon étude sur la commune de Plozévet, entre 1966 et 1968, comme dans celle sur la rumeur d’Orléans, en 1969, ou au moment de Mai 68. Comprendre le temps présent nécessite une approche pluridisciplinaire, et pas seulement sociologique.
« La vida es duda/ Y la fe sin la duda es solo muerte », « La vie est doute/ Et la foi sans le doute n’est que mort », dites-vous avec le poète espagnol Miguel de Unamuno (1864-1936). Vous faites l’éloge du doute et de l’incertitude. Pour quelles raisons ?
La pensée complexe reconnaît qu’elle ne peut être complète, et reconnaît donc l’inéluctabilité des incertitudes. Pour le doute, je suis un héritier de Montaigne. Mais j’ai aussi en moi une foi dans les possibilités humaines. Chez moi, foi et doute dialoguent sans discontinuer.
De quoi doutez-vous ? Et en quoi avez-vous foi ?
Je doute de toute assertion tant que je n’ai pas la preuve de sa véracité. Je doute de l’humanité tout en croyant en elle. J’ai foi dans l’amour et dans la fraternité.
N’est-ce pas l’amour qui constitue le trait le plus saillant de votre « Méthode », que vous avez rédigée entre 1977 et 2004 ?
La méthode part du constat que concorde et discorde sont père et mère de toutes choses, que dans le monde physique comme dans la vie et l’histoire humaine, il y a conflit entre les forces d’union et celles de destruction, entre Eros et Thanatos. Je prends parti pour Eros, c’est-à- dire l’amour. Cela dit, La Méthode est d’abord un chant d’amour à la connaissance et à la « reliance ». L’amour est le comble de la reliance, l’union complexe d’êtres à la fois semblables et différents.
En quoi le paradigme de la complexité, qui relie ordre et désordre, création et destruction, demeure-t-il opérant pour comprendre le présent ?
Alors que le paradigme régnant impose de séparer et simplifier, la relation ordre-désordre, destruction-création est un constat quand on considère le mode physique, biologique, humain. Elle oblige d’abandonner l’idée d’ordre-roi du déterminisme des sciences classiques et celle du hasard- roi qui s’est imposée en biologie. Les concepts les plus opérants dépendent de l’objet qu’on étudie.
Dans quelle mesure l’avancée des sciences contemporaines invalide-t-elle ou confirme-t-elle vos intuitions ?
La découverte du boson de Higgs comme la théorie des cordes confirme la complexité de l’Univers. L’intelligence artificielle est l’ultime création humaine jusqu’à présent qui confirme que nous pouvons être instrumentalisés par nos instruments. Cela a été l’une de mes questions essentielles : l’homme peut être manipulé par ses instruments de manipulation.
Dans quel registre l’homme peut-il être aujourd’hui manipulé par ses propres instruments de connaissance ?
Les outils faits pour manipuler les choses ou domestiquer la nature sont devenus aussi des armes pour tuer des humains et ravager la nature, ont créé la menace écologique sur la biosphère et l’humanité, tout comme la machine libératrice d’énergies humaines a permis aussi l’asservissement des ouvriers voués à des tâches monotones ou épuisantes. Quant aux idées, aux mythes, aux dieux, ils sont les produits de l’esprit humain, mais prennent alors une réalité et une force qui peuvent asservir ce même esprit. Nous obéissons aveuglément aux dieux et aux idéologies, comme s’il s’agissait d’entités supérieures et extérieures à nous. J’appelle « noologie » l’étude de cette sphère des idées et mythes issus de l’esprit humain, mais qui en deviennent paradoxalement les maîtres et les souverains. De même, nous sommes dépendants des instruments si utiles que sont l’automobile, l’ordinateur ou le smartphone, qui dépendent initialement de nous, nous en devenons addicts. Nous subissons embouteillages automobiles et embouteillages d’informations. Les moyens techniques sont ambivalents, tandis que les moyens de connaissance sont faillibles et risquent de nous conduire vers l’erreur ou l’illusion.
Pourquoi écrivez-vous, dans « La Méthode de La Méthode » (Actes Sud, 2024), que le « concept de science s’est brisé » ? Et comment avez-vous pris conscience qu’il fallait mesurer la rationalité de la folie, et le rôle majeur de la déraison dans la connaissance ?
Ma formule brutale s’éclaire dans le contexte de ma démonstration : je montre que s’il y a continuité, il y a aussi rupture entre la science classique et le meilleur de la science contemporaine. Comme tant d’autres, j’ai soutenu que la science classique fondée sur le seul déterminisme et la clôture disciplinaire est dépassée, et je pense qu’une science ouverte aux complexités et aux travaux transdisciplinaires est en développement, notamment à la suite d’Ilya Prigogine et d’Isabelle Stengers, qui, dans La Nouvelle Alliance [Gallimard, 1979], démontrent les interactions entre science et culture. Tous les problèmes globaux appellent la mobilisation de connaissances issues de multiples disciplines.
Comment percevez-vous l’évolution des rapports de genre depuis la révolution #MeToo ?
La relation masculin-féminin est biologiquement de sexe et culturellement de genre. La soumission du genre féminin au masculin était un héritage issu de la biologie. La révolution féministe qui, à mes yeux, est la plus importante de notre époque, a commencé avec les suffragettes anglaises, s’est amplifiée et est arrivée au mouvement #MeToo, c’est-à-dire à l’affirmation d’une émancipation sexuelle. On devrait arriver au stade où la femme est reconnue à la fois égale et différente de l’homme.
Que pensez-vous de la question trans ?
Je suis pour tout ce qui est « trans », c’est-à-dire ce qui relie. Mais si vous parlez précisément de la question du transgenre ou du transsexuel, je rappelle qu’il y a dans le masculin une part féminine atrophiée, y compris physiquement (seins), et dans le féminin une part masculine atrophiée, y compris physiquement (clitoris). Quand la part atrophiée se réveille, il y a désir de changer de sexe ou de porter pleinement les deux sexes en soi.
La question écologique semble avoir été éclipsée. Pour quelles raisons ?
Les guerres en cours, l’industrie des armements, la puissance des gros céréaliers de la FNSEA, le problème du pouvoir d’achat des populations, c’est tout cela qui occulte le problème écologique et inhibe les prises de conscience.
En 1972, vous avez écrit « L’An I de l’ère écologique ». Dans quelle ère sommes-nous entrés à présent ?
Je croyais alors au développement irrésistible de l’écologie. Nous sommes dans l’anthropocène, qui signifie que ce sont les activités humaines qui déterminent le sort de la planète.
Quelles sont les nouvelles humanités dont nous avons besoin ?
La culture scientifique est aveugle à la subjectivité, la culture humaniste ignore les acquis scientifiques qui éclairent la situation de l’homme dans la vie et dans le monde. Il faut relier les deux cultures dans les nouvelles humanités.
Que pensez-vous du « droit à mourir dans la dignité » et de la loi sur la fin de vie ?
Une personne qui souffre excessivement, qui est atteinte d’une maladie incurable, qui ne veut pas que sa vieillesse soit à la charge d’autrui a le droit de décider de sa propre mort.
Le matin du 6 juin, animation joyeuse dans le café où j’allais le matin : ils ont débarqué. Bonheur ! Puis angoisse toute la journée que le Débarquement ait été repoussé par les forces allemandes, jusqu’à ce qu’on apprenne par la radio anglaise la première percée.
Un sentiment de désespoir semble gagner une partie des contemporains, notamment en raison de la prégnance des guerres, de la catastrophe écologique en cours et de la crise de l’avenir. Partagez-vous ce constat et quelle en est la nature ?
Nous vivons un ensemble de crises historiques interconnectées. Malgré leurs délimitations géographiques, les guerres sont déjà internationalisées et risquent de se généraliser. De fait, l’avenir est incertain et les probabilités sont inquiétantes. Mais il est déjà arrivé dans l’histoire − et je l’ai vécu en décembre 1941 avec l’offensive libératrice de Moscou, l’entrée en guerre des Etats-Unis après Pearl Harbour, suivie, en 1942, de la bataille de Stalingrad et pendant mes années dans la Résistance − que l’improbable advienne.
L’espoir n’a pas bonne presse chez les philosophes. Pourquoi considérez-vous qu’il y a, malgré tout, des vertus à l’espoir et au maintien de ce « principe espérance » formulé dans les années 1950 par le philosophe Ernst Bloch ?
L’espoir peut survenir quand tout semble désespéré. Dans sa superbe pièce de théâtre La Tragédie de l’homme [1861], le Hongrois Imre Madach nous montre une terre du futur complètement glacée. Soudain, la femme du couple accouche, un enfant naît, les parents sourient, l’espoir revient. « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer », ainsi que le disait le prince Guillaume d’Orange. L’important est la lucidité et la vigilance. Tant que l’irrémédiable n’est pas certain, l’espoir est possible et encourage l’action.
Quels sont les signaux, les faits et gestes, les initiatives et les alternatives, ou les utopies que vous observez aujourd’hui et qui sont porteurs d’espoir ?
Tout ce qui comporte de la solidarité.
Vous avez 104 ans. Comment vieillir sans être vieux dans sa tête ?
Lorsque l’amour et la curiosité demeurent présents.
Que diriez-vous à des enfants qui découvriraient cet entretien dans vingt ans ?
Résistez. Allez dans le sens de vos aspirations, mais évitez les illusions !
Ciudad Centro de Salud Mental N° 3 « Dr. Arturo Ameghino » Comité de Docencia e Investigación ❞Organiza grupo de investigación « subjetividad de la época❞
Pour Benasayag, nous vivons dans des mondes « saturés » d’information, d’interdépendances et d’incertitudes, ce qui rend illusoire l’idée de maîtriser totalement les situations avant d’agir. Il propose une épistémologie « située » : connaître n’est pas dominer la situation de l’extérieur, mais produire un savoir ancré dans des corps, des milieux et des pratiques, indissociable de l’agir lui‑même.
Limites du modèle technico‑gestionnaire
Il critique une rationalité fonctionnaliste qui prétend optimiser, gérer et contrôler le réel comme un système fermé, sans voir les effets anthropologiques et politiques de cette logique (fermeture d’écoles, d’hôpitaux, marginalisation du vivant et du commun).
Connaître, c’est déjà agir
Il insiste sur le fait que la connaissance n’est pas simple accumulation d’informations, mais production de « situations » par des corps engagés, ce qui implique que toute connaissance est déjà prise dans un certain agir. L’inflation d’informations non reliées à des pratiques concrètes conduit à l’inaction et à une forme d’impuissance sociale.
Principe de prudence et incertitude
Dans un monde complexe, on ne peut ni prévoir pleinement les conséquences, ni totaliser le système, d’où la nécessité d’un principe de prudence, non moralisant mais épistémologique : accepter les limites, observer les régulations et co‑évolutions, renoncer au fantasme de maîtrise totale.
Théorie de la situation et ancrage local
« Comprendre et agir dans la complexité » implique de partir des situations concrètes, de leurs multiples niveaux (corporel, social, technique, écologique), plutôt que d’appliquer des schémas abstraits. L’action pertinente n’est pas un grand plan global mais une multitude de pratiques situées, créatives, capables de tisser du commun et de la résistance dans les contextes singuliers.
Résister et créer dans un monde complexe
Benasayag défend une résistance qui ne se contente pas de dire « non », mais qui invente des formes de vie, des institutions, des pratiques de soin et d’entraide capables de faire exister d’autres rapports au vivant et au commun. Face au nihilisme d’un monde réduit au « fonctionnement » et aux logiques comptables, il valorise des expériences locales, des collectifs, des « laboratoires » où l’on expérimente d’autres manières d’habiter la complexité plutôt que de vouloir la simplifier.
Nous vous donnons rendez-vous le mercredi 15 avril à 20 h 30 au CICP de Paris, voir plan.
Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence: Lien Zoom
ID de réunion: 852 7379 1484 Code secret: 290719
Pour venir
Adresse: CICP
(21ter Rue Voltaire, 75011).
Métro Rue-des-Boulets ou Nation
Axes de travail 2025/26 Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation
Présentation
Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.
Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.
Objectifs
Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.
Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.
Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.
Notre période est celle d’une nouvelle reconfiguration du capitalisme, de la crise écologique et du développement de nouvelles technologies modifiant notre rapport à la réalité. A ce titre, le récit de la fin de l’histoire semble passé. Dans cette situation il convient de se saisir au mieux des grands enjeux de l’époque afin de ne pas répéter les mêmes gestes, les mêmes pratiques que celle d’une période passée.
QLF reçoit Miguel Benasayag, ancien guérillero ayant affronté la dictature en argentine dans les années 1970 et, maintenant, philosophe. La discussion portera sur les nouvelles formes de luttes et d’organisation possible en 2026.
Les 4 et 5 mai prochains auront lieu deux journées d’études sur le thème « Anarchisme et Education « , dont le résumé, le programme et l’argumentaire sont reproduits ci-dessous.
Ces journées auront lieu à la Bourse du Travail de Paris, 3 rue du Château d’Eau, salle Jean Jaurès.
L’idée de ces Journées d’études interdisciplinaires (philosophie, histoire, sociologie, sciences de l’éducation, science politique, pédagogie…) est de réunir à la fois des personnes dont le lien entre anarchisme et éducation est l’objet d’étude, ainsi que des acteur-ices de terrain qui tentent de faire vivre concrètement ce lien, sans avoir toujours le temps d’en faire le bilan. Ces deux journées, bien que de fondement universitaire, offriront l’occasion de donner aussi la parole à des acteur-ices « de terrain » et de présenter des expériences contemporaines concrètes. Cela permettra de confronter des expériences internationales, de pratiquer l’auto-formation sur des thèmes et des pratiques parfois peu visibilisées, et de travailler sur les modèles alternatifs aux injonctions d’ autonomie (faussée) par les écoles d’ordre, dont les systèmes étatiques et institutionnels n’ont jamais permis, voire ont empêché qu’ils organisent une démocratie éducative au sens de l’invention par et pour les travailleur-ses des règles démocratiques de leur propre émancipation. Programme (en PJ également, version PDF)
La pensée anarchiste de l’éducation, en tant qu’elle est une pensée de l’auto-émancipation, sans et contre les maîtres et les dominants, sans et contre l’autorité transcendante, sans et contre les exploiteurs et les colonisateurs, est un point central de notre réflexion. En s’écartant peu ou prou d’une pensée politique générale sur l’autonomie (qui implique obéissance, même s’il s’agit de règles auto-prescrites, depuis Rousseau et Kant), le mouvement anarchiste dans sa grande diversité constitue une réflexion à l’endroit des conditions matérielles concrètes, dans l’émancipation du peuple par et pour lui-même, rendant possible une éducation qui évacue toute autorité ou toute référence extérieure au collectif qui s’en prescrit. Il serait trop volumineux de résumer toutes les contributions à l’étude ce problème. Renvoyons ici simplement, pour exemple, à l’entrée » Autonomie » du dictionnaire anarchiste de S. Faure (1934). Cette réflexion possède une histoire longue et riche en matière de pensée de l’émancipation éducative, et de démasquage des pièges tendus, génération après génération, par diverses formes d’école d’ordre, à laquelle appartient en grande partie l’école dite gratuite, laïque et obligatoire (Société Pierre-Joseph Proudhon, 2020).
Pourtant, malgré :
1) une histoire internationale extrêmement féconde en termes de pensées (voir l’anthologie de Baillargeon, 2016 & 2019) : L. Michel, F. Pelloutier, P.-J. Proudhon, M. Bakounine, S. Faure, F.Ferrer, W. Godwin, P. Kropotkine, P. Robin, J. M. Luengo, M. Lacerda, bell hooks, etc.) ;
2) une pléthore de mouvements internationaux (fouriéristes, bourses du travail des anarcho-syndicalistes français et états-uniens, mujeres libres en Espagne, communautés autonomes du Chiapas, zadistes, etc.) ;
3) des publications contemporaines (Avrich, 1980 ; Suissa, 2010 ; CIRA Lausanne, 2016 ; etc.) au sujet de la pensée anarchiste de l’éducation et de ses liens avec des praxis émergentes telles que celles des communs, par exemple,
force est de constater qu’il n’existe que peu d’espaces de travail interdisciplinaires et ancrés sur le terrain, dans la pratique, sur ces questions.
L’idée de ces Journées d’études interdisciplinaires (philosophie, histoire, sociologie, sciences de l’éducation, science politique, pédagogie…) est donc de réunir à la fois des personnes dont le lien entre anarchisme et éducation est l’objet d’étude ou l’un des objets d’étude, ainsi que des acteurs et actrices de terrain qui tentent de faire vivre concrètement ce lien, sans avoir toujours le temps d’en faire le bilan. L’occasion de les rassembler permettra aussi de confronter des expériences internationales et de pratiquer l’auto-formation sur des thèmes et des praxis parfois peu visibilisées dans la recherche française en éducation. Ainsi, ces deux journées, bien que de fondement universitaire, doivent être autant, sinon plus, l’occasion de donner la parole à des actrices et acteurs « de terrain » et de présenter des expériences contemporaines concrètes : par exemple l’école « Isauro Arancibia » en Argentine, les réseaux autogestionnaires syndicaux français, les « éducations » auto-gérées des centres urbains et des ruralités (GPAS), l’éducation au Chiapas, l’école Paideia en Espagne, etc.
Au-delà de l’intérêt pour la recherche, l’enjeu des journées est aussi pratique : travailler sur les modèles alternatifs aux injonctions d’ autonomie (faussée) par les écoles d’ordre, dont les systèmes étatiques et institutionnels n’ont jamais permis, voire ont empêché, qu’ils organisent une démocratie éducative au sens de l’invention par et pour les travailleur-ses des règles démocratiques de leur propre émancipation (Illich, 1971).
Angélique Benasayag, Jean-François Dupeyron, Leïla Frouillou et Vincent Legeay
Les séminaires sont disponibles sur Peertube, Vodio, Youtube et Spotify et sont mis en ligne chaque mois dans les jours suivants le séminaire. Vous pouvez vous abonner pour suivre les séminaires ou recevoir des actualités en lien avec le collectif.
Il est possible de nous contacter en utilisant le formulaire, nous ne répondons pas toujours individuellement mais nous intégrons les réflexions et questionnements au séminaire suivant.
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.
Nous demandons, avant et pendant chaque séance,que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.