Article Lundi Matin : « QLF : nouveau parti pris étudiant »

« Nous pensons que c’est par ces méthodes pirates et ces lieux de rencontres qu’on pourra lutter sérieusement. »

paru dans lundimatin#449, le 29 octobre 2024

Depuis les années 50 et la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, les universités françaises sont connues pour être l’un des principaux vecteurs de politisation de la jeunesse. Mai 68, loi Devaquet, mouvement contre le CPE, la LRU, etc. la plupart des mobilisations les plus vives de ces dernières décennies ont démarré dans les couloirs gris de quelques facs. Si certains ont pu regretter ou fantasmer l’influence des savoirs dispensés par quelques professeurs gauchistes, qui a vécu un mouvement étudiant sait que c’est d’abord une certaine flexibilité subjective qui fait le terreau de ces mobilisations. L’étudiant, c’est cet être social interlope que l’on ne peut plus enfermer toute la journée dans une classe de lycée et qui peut se débrouiller pour travailler le moins possible, il a donc du temps. Évidemment, tout est fait pour qu’une telle disponibilité ne puisse plus s’actualiser dans quelque chose de subversif, le relatif chaos qui nimbait pendant des décennies les universités a doucement mais sûrement été mis en ordre par l’injonction à réussir et ses milles petits dispositifs de mise au pas. La misère en milieu étudiant n’étant pas une fatalité, des élèves fraîchement inscrits dans le supérieur nous ont transmis leur plan d’action : QLF. Ils proposent de prendre la sociabilité étudiante et son quotidien comme point de départ et de se constituer en force depuis-là. Comme ils comptent voir tous les campus renouer avec les moments les plus glorieux de leur histoire, ils ont décidé de rendre la proposition publique [1]

[1] En rédigeant ce chapeau, nous nous sommes souvenus….

« Payant comme une vue sur la mer, gratuit comme une vue sur Uranus. »
PNL, Uranus

Nous sommes plusieurs dizaines de milliers dans les universités franciliennes, mais nos campus sont de plus en plus vides. Nous devons combler ce vide, proposer quelque chose de nouveau dans nos vies étudiantes, reprendre en main nos quotidiens. Dans une France, où la vie est toujours plus chère et ennuyeuse, il est crucial d’agir. Actuellement quelles sont les tendances politiques qui proposent une organisation de nos avenirs ?

Du côté institutionnel, en Île-de-France, les élections des représentants des étudiants au sein des Crous ont placé trois listes en tête : l’Union Etudiante, l’UNEF, et la FAGE.

Les trois syndicats partagent tous des tendances sociales démocrates. Ils sont habitués à de longues discussions interminables avec l’administration, sans aucun rapport avec la vie directe des étudiants et étudiantes. On peut résumer leur action politique par ce slogan : ‘’Du progrès dans l’ordre’’. Cette logique n’amène qu’à un seul chemin : l’obéissance.

« Demander la victoire et n’avoir pas envie de se battre, je trouve que c’est mal élevé. »

Du côté radical, il existe des initiatives promouvant l’anticapitalisme. Quelle que soit la justesse de ces théories, les groupes s’en revendiquant s’enferment dans des dynamiques groupusculaires qui n’arrivent pas à faire machine avec l’extérieur. Auto-référencement, spécialisation du discours, carte d’identité politique demandée à l’entrée des AG… L’autonomie universitaire nous paraît nager à contre-courant. Au sein d’une époque à ce point désorientée, il nous semble impossible, avec ce genre de pratiques, de s’aligner avec le reste de l’université et de ses habitants. Ce sont des parallèles inspirantes mais les parallèles ne se croisent pas.

Du coté administratif, on peut parler d’une politique beaucoup plus gazeuse avec la promotion des BDE étudiants qui ne proposent que des vacances et des soirées hors de prix, dans un style propre aux futurs cadres de la société. Structure hiérarchique, sélection économique, et silence radio sur les aspirations des étudiants, les BDE ne sont que le reflet de notre société égoïste.

Nous faisons aussi face à l’architecture des facultés : les couloirs universitaires sont devenus de gigantesques circuits-imprimés dans lesquels l’étudiant s’engouffre dès qu’il sort des transports. Métro-couloir-salle de classe, salle de classe-couloir-cantine, cantine-salle de classe-couloir-métro… Toujours plus de mobilités, toujours moins de rencontres.

Voilà notre routine où chaque espace est ponctué avant et après d’une séance d’écran bleu. Le smartphone est venu substituer le manque d’espace vivant et de vie sociale au sein des facs, rendant par là même ce vide « acceptable ».

« Les vides ont un sens : ils disent haut et fort la gloire et la puissance de l’Etat qui les aménage. »

Cette ’’techno-gouvernementalité’’ de la vie est notre ennemi direct. Elle est le projet politique non déclaré et impersonnel le plus expansif et structurant de notre histoire. Son pouvoir est sans cesse plus prégnant sur nos existences, sur notre espace et sur notre temps.

Le smartphone comme agent provocateur de la séparation entre tous. Le téléphone a dématérialisé la relation humaine jusqu’à l’extrême, où les douleurs sont devenues de simples informations. Il nous a plongé dans des boucles d’addictions qui nous isolent. Face à cela, offrons la beauté de l’imprévu, du hasard, offrons le quotidien du militant qui est de ne pas avoir de quotidien. Opposons à l’espace lisse du smartphone, l’espace imprévisible du réel.

C’est à nous militants de recréer un espace, de l’imposer et à terme d’en faire ressentir le manque et le besoin.

« Un véritable engagement révolutionnaire commence par le grand débarras des tares de la routine, par le rejet de l’institutionnalisation, par le refus de la récupération dans les cadres de la protestation symbolique, par l’abandon des rituels et des comportements puristes de la marginalité. C’est le processus stratégique dans lequel on se place qui est déterminant : comment on s’oppose à la domination et, armés d’une juste cause, on participe à l’émancipation. »

L’idée première est de s’organiser dans les facs par-delà tout purisme idéologique, loin de l’ennui qui y règne et depuis l’infinie diversité des profils qui s’y croisent sans jamais se rencontrer. Il s’agit simplement de prendre parti pour le quotidien, de le prendre au sérieux et de le façonner selon nos besoins et nos ambitions. Ce mouvement qui part du quotidien nécessite un processus d’ouverture large qui s’adresse à tout le monde. La mission, c’est de provoquer les rencontres, d’organiser leurs répétitions et de s’assurer que tout ce qui en émane saura coopérer pour résister et s’opposer à ceux qui voudront l’empêcher.

« Ce que je suis, c’est où est-ce que j’engage mes forces, comment je me bats, et vers quel objectif. »

La tâche des QLF est d’abord de construire des espaces, de se les approprier par rapport à ce que l’on veut et de se poser comme premier objectif la sociabilité sur le campus. Montrons que la fac n’est pas un simple lieu d’étude et d’examen, mais un espace qui nous appartient, que l’on peut transformer selon nos volontés. Réapproprions-nous ces lieux à travers des horizons ouverts comme la gratuité, le vol, les bons plans, les soirées…

Les réseaux QLF définissent ce qu’ils ne veulent pas à partir de ce qu’ils veulent

Qu’attendons-nous du quotidien lorsqu’on est à la fac ? On veut des espaces à nous, festifs, sympathiques, gratuits, et libres. Il s’agit de s’extraire de la pression de l’emploi du temps, de fuir les couloirs déprimants et de trouver des solutions immédiates et pratiques à la vie chère.

« La contestation c’est lorsque que je dis que ça ne me convient pas, la résistance c’est lorsque que je fais en sorte que ce qui ne me convient pas ne puisse pas durer plus longtemps. »

La pratique politique des QLF se fait à partir de lieux. On peut parler d’une forme de délocalisation du rapport politique qui se base habituellement sur des rapports idéologiques et doctrinaires. Cette délocalisation, si nous voulons la mener à bien, nécessite aussi d’effectuer un travail sur nous-mêmes, de combattre l’entre soi, et de miser sur l’humilité, la responsabilité et la confiance.

« Une forme d’organisation simple, uni-dimensionnelle, est en réalité la moins « anonyme » de toutes : à chaque fois qu’elle prend l’initiative, elle est contrainte d’exhiber sa nature entière : elle est donc continuellement contrainte de choisir entre paralysie politique et aventurisme organisationnel. Ce qu’il faut en revanche, c’est une grande richesse, une large multiplicité de formes, d’expressions et d’actions. »

— Pose de table et récupération de lieu au sein des facs : banquet & installation de magasins gratuits.

— Diffusion des bons plans de chaque université : machine à distribuer sabotée, distribution de sandwichs, échanges de devoirs…

— Organisation de soirées étudiantes inter-facs, qui rassemblent la masse étudiante sans sélection économique. Une vraie ambiance discothèque avec un côté gratuit-thèque.

— Feux de joie et d’artifices à l’heure de l’apéro.

— Chasses aux trésors dans les supermarchés.

— Propagande sur les réseaux sociaux pour populariser les QLF, avec un certain sens du montage et de l’humour. Plus la communauté se développe, plus les QLF proposeront des tutos pour se faciliter la vie : tuto vol, tuto fraude, tuto numérique (crack de logiciel, Netflix, Spotify & match de foot en accès libre).

Évidemment, les possibilités d’actions ne sont pas parfaitement définies, (chaque fac aura à trouver sa propre originalité en s’appropriant les QLF) mais nous sommes sûrs que celles-ci se dessineront dans le feu de l’action, sans jamais séparer le dire et le faire.

« Sans application organisée, pas de plan d’épreuve, pas de vérification, pas de vérité. »

Nous pensons que c’est par ces méthodes pirates et ces lieux de rencontres qu’on pourra lutter sérieusement, en réussissant à connecter différentes universités entre elles à partir d’un projet commun, capable de généraliser des pratiques et d’être un véritable moteur dans les luttes nationales qui nous attendent.

« N’imaginez pas qu’il faille être triste pour être militant, même si la chose qu’on combat est abominable. C’est le lien du désir à la réalité qui possède une force révolutionnaire. »

https://www.instagram.com/reel/DBWn3bit7v4/embed/captioned/?cr=1&v=14&wp=540&rd=https%3A%2F%2Flundi.am&rp=%2FQLF-nouveau-parti-pris-etudiant#%7B%22ci%22%3A0%2C%22os%22%3A1964%2C%22ls%22%3A577%2C%22le%22%3A1906%7D

Les QLF naissent de l’intuition des gilets jaunes. Sur un rond-point on se rencontre et on décide quelle orientation prendre ensemble.

Les ronds-points étudiants ont été créés plusieurs fois depuis la rentrée universitaire 2024 et à chaque fois, ils ont fonctionné. Bon, peut-être aussi parce que des crêpes et des sandwichs gratuits ça ne se refuse pas et que ça change de l’ambiance des queues pour quémander un panier alimentaire.

Mais ça va au-delà, le mal être étudiant est tel que même les organismes de santé diagnostiquent « une épidémie de solitude dans la jeunesse ». Qui n’a pas autour de soi des amis en dépression ou des camarades d’amphi complétement seuls ? Toutes ces pensées noires + la hess qui règnent dans les universités imposaient de prendre politiquement la situation en main.

Les QLF tentent de fédérer une communauté étudiante à partir d’un ensemble de pratiques que l’on définirait comme pré-politique : se réunir autour d’un banquet gratuit avec de la nourriture volée, défier l’administration pour brancher une machine à barbe papa, rencontrer des étudiants et étudiantes pendant une brésilienne ou un jeu de fléchettes… Ces moments sont pré-politiques, ils forment un « NOUS », créent un sentiment d’appartenance, développent « un inconscient communal  [2]

[2] Si on veut pousser l’idée jusqu’au…

 ». Les ronds-points qu’on met en place permettent d’aimer un lieu, de se battre pour le faire exister, et de le défendre si l’occasion se présente. La pré-politique commence par une situation et un lieu : sa puissance est bien plus importante que la fidélité à une idée morte-vivante de la politique.

« Se battre pour un lieu précis, ce n’est pas la même chose que se battre pour une idée. »

Pour contrer l’argument du ‘’la pré-politique dissout la politique’’, les QLF répondent que la politique est une affaire d’intensification et nous sommes sûrs que les organes qui soutiennent aujourd’hui la vie collective quotidienne seront les plus à mêmes pour organiser les soulèvements du futur.

« Je refuse qu’on soit soumis, je sors le gala. »
PNL, 91’s

Echangeons via @quelafac sur insta et préparons l’extension de la gratuité étudiante.

Rappel Séminaire du collectif ce mercredi 17 + code Zoom

La prochaine séance se déroulera ce mercredi 17 décembre 2025 à 20 h 30 au CICP

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d’un lien Zoom
Lien Zoom
ID de réunion: 897 3875 3584
Code secret: 498945
Zoom réunion

Nous vous attendons le 17 décembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Plan de la ligne 9

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.


Soutenir Framasoft

Poèmes

En lien avec cette séance du séminaire, lire ces deux poèmes de Jorge Luis Borgès qui sont, à leur façon, une expression d’une épistémologie du devenir :

Les FleuvesNuages
Nous sommes le temps
Nous sommes la fameuse
parabole d’Héraclite l’Obscur,
Nous sommes l’eau, non le diamant dur,
celle qui se perd, non celle qui repose.
Nous sommes le fleuve et sommes ce Grec
qui se mire dans le fleuve. Son reflet
change dans l’eau du changeant miroir,
dans le cristal qui change comme le feu.
Nous sommes le vain fleuve fixé d’avance,
en route vers sa mer. L’ombre l’a encerclé.
Tout nous dit adieu, tout s’éloigne.
La mémoire ne frappe pas sa monnaie.
Et pourtant il y a quelque chose qui reste
et pourtant il y a quelque chose qui geint.
Extrait de: 
1985, Les Conjurés
Nulle chose au monde qui n’ait été
nuages. Nuages, les cathédrales,
vitraux bibliques et roc monumental,
que rasera le temps. Et l’Odyssée,
changeante comme la mer. Et distincte
chaque fois que nous l’ouvrons. Ton visage
dans le miroir reflète une autre image
et le jour un incertain labyrinthe.
Nous sommes ceux-là qui partent. Profus
le nuage qui s’efface au couchant
est à notre semblance. Constamment
la rose en autre rose se transmue.
Tu es nuage et mer, tu es oubli.
Tu es aussi les choses qui t’ont fui.
Traduit de l’espagnol par Jacques Ancet
In, Jorge Luis Borges : « La proximité de la mer »
Editions Gallimard, 2010

REVOIR LE DERNIER SÉMINAIRE

Vignette séminaire

A vos agendas : Prochain séminaire du Collectif Malgré Tout, mercredi 17 décembre 2025

Seminaire du collectif

La prochaine séance se déroulera le 17 décembre 2025 à 20 h 30 au CICP

Nous vous attendons le 17 décembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d’un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.Zoom réunion

REVOIR LE DERNIER SÉMINAIRE

Controffensive – Resistere qui e ora: 13 décembre, 10:00 – Palermo – Italia

Controffensive – Resistere qui e ora: 13 décembre, 10:00 – Palermo – Italia

Via Vittorio Emanuele, 463
Palermo

  • Miguel Benasayag
    FILOSOFO E PSICOANALISTA
  • Luca Casarini
    ATTIVISTA E CAPOMISSIONE MEDITERRANEA
  • Cristina Alga
    PRESIDENTE MARE MEMORIA VIVA ETS
  • Lina Issa
    MADRE E ARTISTA
  • Anna Staropoli
    SOCIOLOGA E DOCENTE FACOLTÀ TEOLOGICA
  • MODERA
    Martino Lo Cascio

RESISTERE QUI E ORA CONTR OFFENSIVE
organizzato da PerEsempio nottedoro in collaborazione con con il supporto di caritas
PLAZA I OPERA

Pontificia Facoltà Teologica di Sicilia “San Giovanni Evangelista”

A vos agendas: Mercredi 10 décembre, présentation du livre « N’être plus qu’un objet » organisé par Rencontres et débats Autrement.

Rencontres et débats Autrement vous invite à rencontrer Jean-Michel Besnier le mercredi 10 décembre à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage paru aux éditions Hermann : « N’être plus qu’un objet ».

Jean-Michel Besnier est philosophe, professeur émérite de l’université Paris-Sorbonne, spécialiste de la philosophie des techniques. Il a écrit entre autre:
Demain les posthumains : le futur a-t-il encore besoin de nous ? L’Homme simplifié : le syndrome de la touche étoile, Histoire des idées, Un cerveau très prometteur : conversation autour des neurosciences.

Le café de la mairie


Traiter l’humain comme un objet a souvent suscité réprobation et indignation. À juste titre, philosophes et humanistes y ont vu la marque de l’asservissement, de l’aliénation, de la réduction de l’individu à un numéro… Or les développements technologiques de ces dernières décennies dévoilent un phéno­mène surprenant. L’attirance pour les objets dits intelligents est devenue universelle et quasi vitale. Mais nous n’attendons pas seulement des chatbots qu’ils nous « parlent », des IA qu’elles « raisonnent » ou des algo­rithmes qu’ils « prennent des décisions ». Nous voulons leur ressembler, et nous nous laissons traiter comme des objets dans l’espoir d’acquérir leurs qualités : être toujours hypercon­nectés, réparables, améliorables, renouvelables, voire devenir immortels…

Retraçant l’histoire de nos relations ambivalentes avec les objets, ce livre analyse cet étrange désir de n’être plus qu’un objet, quitte à en finir avec la conscience, la finitude et la vie.

Le mercredi 10 décembre 2025 au Café de la Mairie,

8 Place Saint Sulpice. 19H00 à 21 H
(Métro Saint Sulpice ligne 4)

Salle à l’étage, chaque participant commandera au serveur une consommation à son arrivée.
Merci de vous inscrire sur le lien ci-dessus.

Au plaisir de vous revoir.

Christian


Vidéo

En attendant, revoir la présentation du livre la singularité du vivant, en présence de Jean-Michel Besnier

Rappel : Demain soir, séminaire du Collectif Malgré Tout + code Zoom

La prochaine séance se déroulera demain 19 novembre 2025
à 20 h 30 au CICP

Nous vous attendons demain à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien zoom ci-dessous).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.

Lien zoom:
https://us02web.zoom.us/j/85496081881?pwd=ubzWX7Yir8jkrO2QE6bcmba2vfnkAu.1

ID de réunion: 854 9608 1881
Code secret: 963546
Zoom réunion

REVOIR LE DERNIER SÉMINAIRE

A vos agendas : Prochain séminaire du Collectif Malgré Tout, mercredi 19 novembre 2025

Seminaire du collectif

La prochaine séance se déroulera le 19 novembre 2025 à 20 h 30 au CICP

Nous vous attendons le 19 novembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d’un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.Zoom réunion

LE DERNIER SÉMINAIRE

En replay: Giuseppe Longo et Jean Lassègue présentent leur ouvrage « L’empire numérique »

Pourquoi parler d’empire numérique ? Parce que les usages du numérique font désormais à ce point partie de notre environnement que nous n’avons plus le choix de les refuser, pour le meilleur mais aussi pour le pire.

Pourtant, nous savons encore peu de choses de la façon dont l’environnement numérique s’est progressivement imposé à nous parce que nous manquons du recul nécessaire. Ce livre a, de ce point de vue, une double ambition : clarifier le concept de numérique et lui redonner sa profondeur historique en utilisant trois notions, celle d’écriture, de calcul et de machine.

Contrairement à ce que l’on suppose habituellement, les données numériques n’existent pas dans la nature mais elles sont le fruit d’une synthèse culturelle hardie qui s’inscrit dans une tendance millénaire.

Aussi le lecteur sera-t-il peut-être surpris d’apprendre que le numérique entretient avec l’écriture alphabétique des liens profonds ou que le traitement numérique déstabilise des notions aussi capitales pour notre démocratie que celle de loi ou de souveraineté. Mais il apprendra aussi que mettre au jour les limites du concept de numérique permet de lui rendre pleinement justice et de devenir acteur des changements culturels qu’il induit.

Autour des auteurs

Jean Lassègue, philosophe, est directeur de recherche au CNRS (Centre Georg Simmel – EHESS). Il a notamment co-écrit aux Puf avec Antoine Garapon Justice digitale. (2018) et Le numérique contre le politique (2021).

Giuseppe Longo est mathématicien de la logique et épistémologue (DRE-CNRS, École normale supérieure de Paris). Il est l’auteur du Cauchemar de Prométhée. Les sciences et leurs limites (Puf, 2023). 

(Re)voir (Re)Écouter la dernière séance du séminaire « Comprendre et agir dans la complexité » du 17 décembre 2025

Comprendre et agir dans la complexité - Séminaire 2024/2025
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.

Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.

Nous contacter

Contact

Pour écouter ou ré-écouter le dernier séminaire:


Pour voir ou revoir le dernier séminaire :


Le prochaine séance du séminaire
 Penser et agir dans la complexité
aura lieu le mercredi 21 janvier au CICP – Paris 11ème arrondissement.
Si vous ne pouvez pas venir en présence
un lien Zoom sera communiqué 48 h avant la séance.



Recevoir les infos du collectif

(Re)voir (Re)Écouter la dernière séance du séminaire « Comprendre et agir dans la complexité » du 22 octobre 2025

Comprendre et agir dans la complexité - Séminaire 2024/2025
Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.

Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.

Nous contacter

Contact

Pour écouter ou ré-écouter le dernier séminaire:


Pour voir ou revoir le dernier séminaire :


Le prochaine séance du séminaire
 Penser et agir dans la complexité
aura lieu le mercredi 22 octobre au CICP – Paris 11ème arrondissement.
Si vous ne pouvez pas venir en présence
un lien Zoom sera communiqué 48 h avant la séance.



Recevoir les infos du collectif