Un autre sens pour la ‘’menace’’ par temps de pandémie.

« l’humanité entière produit une image de la menace »

Extrait du « Manifeste par des temps de pandémie », Collectif Malgré Tout.

C’est en effet par le retour des corps que la menace se donne à voir. Ces corps que l’hyper-modernité a cru pouvoir dépasser ou circonscrire au seul rôle de support, non plus à l’esprit ou à l’âme, mais à une conscience algorithmique faite d’éléments d’information. Dans ce paradigme l’action est le fait de « décideurs », non pas les citoyens électrices et électeurs, mais de ceux qui maîtrisent et orientent les « unités d’information » et en gèrent les flux. Soudain celles et ceux qui agissent aujourd’hui sont celles et ceux qui « mettent » le corps, qui l’exposent, l’action est redevenue l’apanage des corps qui agissent. Et l’image de la menace jaillit simultanément des corps qui pâtissent. C’est cette simultanéité qui ré-inscrit chacun, chacune de nous dans un processus auquel le temps présent demande de donner un sens, et c’est peut être le moment favorable, le kairŏs des Grecs anciens, pour redéfinir une « cosmologie ».

La mise en perspective des affects et des faits du présent avec l’histoire connue des sociétés humaines est un moyen nécessaire de connaissance et de compréhension des causes à l’œuvre et éviter les corrélations hasardeuses ou manipulatoires. On ne peut ignorer l’effet d’amplification sans précédant générés par les moyens techno-médiatiques actuels. Il y a un aspect propre à toute pandémie : malgré le nombre effroyable de victimes, aucun virus n’a jamais exterminé à lui seul une société entière. C’est d’ailleurs pour cela que les prédicateurs de toutes sortes peuvent produire un discours qui donne un sens aux événements, un sens expiatoire dans ce cas, qui s’adresse aux vivants, les morts ne reçoivent jamais de paroles piaculaires. On donne sens aux événements en construisant un ordonnancement du monde, une hiérarchie et son échelle de valeur. Aujourd’hui cette pandémie apparaît dans le contexte de l’anthropocène et pourrait en effet paradoxalement, servir de support structurant la perception d’un autre monde et sortir ainsi de l’absence de sémantique inhérente aux catastrophes de l’ère industrielle souvent présentées comme un accident de fonctionnement. Il n’y a pas de sens à donner, de valeur dans un fonctionnement : soit il marche, soit il ne marche pas. Il s’agit donc d’élaborer du sens non pas mortifère, menaçant et vengeur qu’on sent bien sourdre de la part des grands et petits tyranneaux, mais un sens opératoire, et les corps-agissants en sont l’expression : ceux qui soignent et ceux qui sauvent aujourd’hui, ceux qui nourrissent et qui produisent depuis toujours.

Pour donner un sens opératoire libérateur il est nécessaire de mettre de côté la peur et la menace qui rabattent le sens vers l’impuissance qui est l’absence de mouvement. Mais comme souvent dans le passé, le paradoxe des corps-agissants développe ce que les adeptes des oppositions duales nomment une contradiction : corps (irrationnel) /esprit (rationnel) qui selon la doxa traditionnelle se résout dans un Absolu unique, un principe d’identité dont le Sujet et le Fait seraient en soi des points de références. Les résistances à l’interprétation qui nous est imposée, aux règles hiérarchiques co-substancielles à ce sens, font émerger le corps-agissant vite qualifié d’irrationnel quand la peur et la menace ne le corsètent pas. En effet cette qualification d’irrationnel renvoie à la notion de perte, le comportement d’un individu qui entraîne « sa perte » rentre dans la catégorie « irrationnel » selon les critères de la modernité. Or ce modèle utilisé encore aujourd’hui, augmenté du support informatique qui sert à la décision et à l’élaboration des règles, dérive de la plupart des études comportementales menées au USA dès le début de la « guerre froide », soit la fin des années 40.

Produites par la synergie entre certains secteurs de l’armée, notamment l’US Air Force, des industriels comme IBM et les grandes universités américaines, ce que l’on appellera le « complexe militaro-industriel », les recherches sur la prise de décision rationnelle s’inspirèrent toutes de la théorie des jeux – soit à somme nulle ou non, à deux ou plusieurs « joueurs »- qui suppose un cadre de pensée où chaque individu agit en vue d’un « gain maximum » et de « perte minimum ». Mais surtout admet une solution dans tous les cas, caractéristique d’une décision rationnelle selon les critères de références. Notons que ces critères ressortissent à la doxa d’une des branches dominantes du libéralisme où la vie en société et les rapports sociaux sont identifiés à un « jeux à somme nulle ». Mis sous forme d’une simple matrice mathématique, l’exemple emblématique de cette approche est le fameux dilemme du prisonnier. Expérience de pensée devenue expérience de laboratoire, elle a été élaborée et vulgarisée dès l’année 1950 à partir de ce modèle conceptualisant les comportements sociaux. Il met en scène deux individus accusés d’une infraction à qui l’on expose, chacun séparément, le « marché » suivant :

  • Si l’un avoue et l’autre se tait, le premier aura une récompense d’une unité et le second une amende de deux unités.
  • S’ils avouent tous les deux, ils auront tous les deux une amende d’une unité.
  • Il est entendu que si aucun d’entre eux ne passe aux aveux, ils seront tous deux disculpés.
 avoueSe tait
avoue(-1,-1)(1,-2)
Se tait(-2,1)(0,0)

Les premiers résultats de ces expériences de laboratoire montraient une prévalence pour les comportements dits « égoïstes » dans le cas du « dilemme de deux personnes » et donc contredisaient le modèle, c’est à dire qu’ayant plutôt tendance à avouer, les sujets s’éloignaient d’un optimum garantissant un gain mutuel ou du moins une « perte minimale ». Mais au fil des expériences il fallut interchanger les joueurs qui peu à peu se connaissaient et faisaient converger des résultats ainsi « biaisés ». D’autres expériences avec plusieurs sujets aboutirent à des coalitions qui eurent là aussi pour effet de biaiser les résultats. L’ambition pour élaborer un modèle mathématique pouvant déboucher sur un algorithme décisionnel, dut déchanter. Ce qui ressortit par contre, fut l’observation de comportements de « conformité », de mimétisme social : lorsqu’une tendance se dessinait, soit allant vers l’entente entre les joueurs, soit au contraire vers la non-coopération, elle se renforçait avec des effets feed-back. Mais c’est précisément dans ces comportements de conformité que les aspects irrationnels au regard de la théorie, apportèrent les enseignements les plus intéressants. Le mathématicien-psychologue nord-américain Anatol Rapoport qui travailla un temps pour l’US Air Force, en vint à conclure que les différences notables dans les résultats « ne proviennent pas des tendances intrinsèques des joueurs à coopérer ou non, mais des instabilités caractéristiques du processus dynamique régissant les interactions dans le dilemme du prisonnier ». Cette « tendance à apprendre la conformité » comme le souligne Rapoport, met en lumière la structure sémantique catégorisée instable par les cognitivistes parce que non-prédictible, menant les joueurs vers telle ou telle tendance dans laquelle ils évoluent et qui ne dépend pas de propriétés individuelles mais de l’acceptation commune d’un degré ou seuil de « perte ». Seule une reconstruction a posteriori permet d’établir la forme de la tendance.

Le scientifique œuvrant pour la RAND (pour Recherche et Développement) think tank créé par l’US Air Force, « découvrait » l’impossibilité de prédire l’évolution d’un système dynamique tels les processus sociaux et concluait à l’irrationalité des sujets. Le paradigme sous-tendant ces recherches ne s’écroulait pas pour autant. Pour contrôler et optimiser quantitativement le « fonctionnement » de n’importe quel agent dans toute situation, il fallait dissocier les actions propres de chaque sujet du contexte social. Il n’y a plus de « comportement social », il n’y a que des actes « purs » que l’arrivée de la computation digitale permettra d’analyser pleinement. On remarquera que la problématique du dilemme du prisonnier allait s’étendre à d’autres domaines comme la biologie évolutive.

John von Neumann un des fondateurs de la cybernétique, a tenté lui aussi de parvenir à une « solution » mathématique, c’est à dire à la formulation d’un algorithme au problème du dilemme du prisonnier – dans sa version à deux joueurs et à somme nulle où le gain pour l’un équivaut à la perte pour l’autre. Il n’a pu prouver que l’existence de solutions mais pas d’algorithme décisionnel. En effet selon Neumann, la stratégie visant à minimiser le gain de l’adversaire ne doit pas suivre une tactique prédéterminée mais répéter des choix au hasard qui selon une distribution probabiliste fera émerger une tendance. Il suivait en cela les enseignements de son professeur Georges Polya qui donna son nom à une expérience d’épistémologie connue sous l’appellation ‘’urne de Polya’’. L’expérience décrit l’évolution d’un système dynamique – il y a une action qui se répète – qui a une mémoire et dont la tendance finale est asymptotique mais imprévisible. (Précisons que nous ne sommes pas dans le cas de la loi des grands nombres -loi stochastique – où l’itération d’un lancé de dés par exemple, aboutit toujours à une valeur moyenne prédictible et d’autant plus précise que le nombre de lancés est grand.)

Le philosophe et épistémologue Jean-Pierre Dupuy explique : « Chaque fois que l’on refait l’expérience, une valeur émerge, certes, mais elle est chaque fois différente. Elle est intimement liée à l’expérience singulière. La dynamique semble converger vers une valeur préexistante, être guidée par elle, mais la valeur en question est le produit causal de l’expérience elle-même. » Il souligne : « Le hasard fait émerger un type de nécessité qui n’est tel que pour un regard a posteriori. »

Pourtant John von Neumann en 1953 dans « Theory of Games and Economic Behavior » avec Oscar Morgenstern, avait définit comme « solution caractérisant un comportement rationnel » un « ensemble complet de règles de conduites dans toutes les situations imaginables ». Mutatis mutandis, voyez l’écho aujourd’hui dans la débauche de protocoles émis par notre État. Cela concernait la résolution de jeux, mais la socio-psychologie comportementale de l’époque s’est emparée de ces recherches pour essayer de définir et de comprendre ce qui apparaissait comme un comportement irrationnel.

La mise au point des machines à états discrets ou ordinateur digital et leurs capacités exponentielles à traiter et stocker des données permit de relancer ces recherches. La machine digitale permet en effet de comptabiliser des micro-comportements en s’abstrayant de toute axiologie : chaque « fait » en soi n’a aucune signification nécessaire, aucune valeur, il ne doit répondre à aucune « tactique déterminée », on ne cherche plus une structure sémantique pouvant donner une orientation tendancielle, mais c’est un algorithme qui va corréler chaque unité comportementale et en dégager une forme. Une fois analysée cette forme, et afin de l’orienter vers la « solution » visée c’est à dire dès la conception de l’algorithme, il revient à définir « un ensemble (le plus) complet de règles de conduites dans toutes les situations imaginables », c’est le rôle des prescripteurs aujourd’hui.

Nous voici donc revenus aux présupposés de la socio-psychologie comportementale grâce à l’outil digital (nous éviterons les termes « d’intelligence artificielle » par respect pour nos cousins non-humains). Ainsi le bio-pouvoir s’attribue-t-il la « mission » d’arriver à définir un seuil d’acceptation de « perte » dans la population, et de l’appliquer. Mais rappelons-nous des effets feed-back propre à toute dynamique sociale qui annihilent toute prétention à orienter une tendance, sinon de manière coercitive ou par l’acceptation commune et pour un certain temps d’un certain degré de « perte ». C’est précisément le talon d’Achille de ce cadre théorique : le processus dynamique qui maintient la tendance vers l’acceptation d’une aliénation politique et liberticide est instable, non-prédictible. En figeant la société et par effet transitif la pandémie, le bio-pouvoir se saisit « en même temps » de l’opportunité de reprendre la main peut-être pas sur le virus, mais sur l’interprétation, le sens justifiant son existence.

Dans notre situation, il est supposé une forme d’égalité, une relation de symétrie entre tous de par la propriété commune d’être impliqué par le virus. La simultanéité de ces propriétés communes permet d’une part, comme abordé en préambule, l’émergence « d’une image de la menace » qui modifie le cours des choses. Elle crée d’autre part la possibilité de cette transitivité évoquée précédemment, pivot du sens et de l’interprétation voulue par le bio-pouvoir. Cet « effet transitif » se déroule ainsi : A) accepter la « perte » de liberté par l’observation des règles de comportement prescrites en vue B) d’arrêter la pandémie, pour enfin C) recouvrer la liberté. (Nous laissons à chacun l’appréciation des sous-entendus latents relatifs à l’ordre économique).

Un des effets feed-back généré par la relation transitive ainsi établie à partir de cette situation, est la mise en place des conditions d’un contrôle par les autorités de l’évolution des comportements sociaux qui justifient l’action de ces mêmes autorités. Cet aspect est particulièrement valorisé car il permet d’exploiter tout azimut les capacités informatiques déjà à l’œuvre dans la société numérisée et renforce leurs emprises. L’apparent paradoxe de cette circularité où les effets deviennent des causes nécessaires, participe en fait d’une dynamique évolutive dont la tendance est invisible de l’intérieur de la situation.

L’observance actuelle des prescriptions des règles repose sur l’interprétation partagée du seuil d’acceptation de « perte ». Cette intentionnalité partagée semble des plus fragile tant elle se fonde sur la contrainte des corps, modifiant simultanément la tendance dont on tirera le sens après coup. Mais contrairement aux jets de dés, on ne repart pas à zéro à chaque coup comme sur une tabula rasa, le corps social, la société ont une mémoire qui « charge » la tendance, comme dans « l’urne de Polya », vers ce qui apparaîtra comme une prédestinée mais qui ne se réalise que par l’expérience vécue des corps-agissants.

En touchant à l’expérience du corps, on change la perception qu’il produit du monde. Autrement dit, comment percevons-nous le monde à l’heure de l’anthropocène ? Si nous ne sommes pas déjà des ‘’moutons électriques rêvant’’ …

William Ferrari

Références bibliographiques : Bertrand Russel -La Méthode Scientifique en philosophie ; Francisco Varela – L’autonomie, conférence 1976 commentée par Jean-Pierre Dupuy (recueil de texte : Le Cercle Créateur, Seuil 2018) ; Quand la Raison Faillit Perdre l’Esprit, la rationalité mise à l’épreuve de la guerre froide, ouvrage collectif, Zones Sensibles 2015 ; Miguel Benasayag, Fonctionner ou Exister 2019.

Eloge du bricolage par temps de confinement (ceci n’est pas un tutoriel)

Par Fanny Lederlin, ex-communicante en reconversion, doctorante en philosophie.

La crise sanitaire qui touche la quasi-totalité de la population humaine est l’occasion inattendue d’un questionnement collectif sur la place et sur les modalités actuelles du travail dans nos sociétés. En effet, parce qu’elle provoque un arrêt de travail planétaire dans certains secteurs de l’économie (les transports, le tourisme, la restauration, etc.), parce qu’elle révèle l’importance vitale de travailleurs jusqu’ici ignorés et parfois même méprisés – des personnels soignants aux agents d’entretien, en passant par les professeurs, les manutentionnaires, les hôtesses de caisse, les personnels d’Ephad, les agents communaux ou les livreurs -, mais aussi parce qu’elle impose brusquement à des millions de travailleurs l’expérimentation du télétravail[1] à haute dose, la crise du Covid-19 met au jour certaines caractéristiques du travail contemporain. Ainsi, l’absurdité de certains de nos modes de déplacement et de consommation, les inégalités entre les travailleurs (inégalités salariales, inégalités de conditions, inégalités face au droit, inégalité en matière de reconnaissance sociale), mais aussi l’aliénation du télétravail (combien ont ressenti, au cours des derniers jours, un sentiment de fatigue ou d’asphyxie devant l’invasion, par les appels et les viso-conférences, de l’intégralité de leur espace domestique ?), tous ces phénomènes nous sont apparus dans leur brutale clarté.

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« Penser et agir dans la complexité » : prochain séminaire le 05 février 2020

La prochaine séance du séminaire « Penser et agir dans la complexité » se déroulera le mercredi 05 février 2020 à 20 h 30.

Rendez-vous au CICP, 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris / salle L’internationale.

Axes de travail 2019/2020

Dans le cadre de la continuation du séminaire « Penser et agir dans la complexité », nous vous proposons d’engager une nouvelle année de travail axée sur ce qu’on pourrait appeler un parcours phénoménologique.

Nous souhaitons comprendre de façon théorique et pratique sous quelles conditions et sous quelles formes commencent à émerger aujourd’hui de nouveaux modes d’agir, de compréhension et de connaissance situationnels. Pour ce faire, nous interrogerons l’actualité de la phénoménologie dans un forçage qui la décentre de la primauté donnée à la conscience pour mettre à sa place le vivant et les corps. 

Pendant plusieurs siècles, l’Occident s’est construit derrière le rêve (devenu cauchemar) d’une rationalité totale, capable de congédier définitivement les pulsions, contrôler les affects, bref de domestiquer les corps. Alors que cette rationalité est depuis un siècle (1900) mise en échec, les humains s’apprêtent aujourd’hui à déléguer la fonction raisonnante à l’hyper rationalité des machines calculantes (IA).

Notre défi, notre urgence consiste donc dans la possibilité de participer à la production d’une rationalité complexe qui sache cohabiter avec son autre, les passions, les affects. Si nous ne sommes pas capables d’une telle tâche, le danger sera celui de tomber dans des obscurantismes irrationnels divers ou de nous condamner à obéir à la « rationalité » calculante des machines qui nous poussent à fonctionner en abandonnant toute velléité d’exister. 

Si nous mettons au cœur de notre travail la question fondamentale du corps comme condition de l’agir, nous n’oublions pas que les progrès considérables de la technique ont produit l’illusion d’un « trop de savoir » sur les corps dérivant aujourd’hui vers une métaphysique quasi-religieuse qui s’ignore. Or dans notre perspective, la centralité de la réflexion sur les corps doit plutôt se structurer autour d’une connaissance qui n’évite pas, en suivant en cela Spinoza, le « non-savoir » sur les corps (« Nul ne sait ce que peut le corps »). 

Nous interrogerons notamment sur le rôle de l’imaginaire, de l’intuition ainsi que du sacrificiel et du sacré dans nos cultures qui semblent aujourd’hui s’orienter vers un nouvel animisme. 

Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active ". Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.

Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.

Attention : séminaire du 11 décembre annulé

Comme nous restons optimistes sur la capacité d’organisation et de lutte des gens, nous prévoyons (et même souhaitons) la continuation de fortes perturbations pour mercredi soir.

C’est pourquoi le Collectif Malgré tout a décidé d’annuler la session du séminaire du mercredi 11 décembre.

Le séminaire reprendra donc en janvier, après la démission de Macron.

Les dates de nos rendez-vous au premier semestre 2020 vous seront prochainement transmises.

D’ici là, le CMT vous souhaite de joyeuses fêtes.

« Penser et agir dans la complexité » : prochaine séance le 20 novembre

La prochaine séance du séminaire « Penser et agir dans la complexité » se déroulera le mercredi 20 novembre à 20 h 30.

Rendez-vous au CICP, 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris / salle L’internationale.
Vous pouvez d’ores et déjà noter les dates des prochaines séances : 16 octobre – 20 novembre – 11 décembre. 

Axes de travail 2019/2020

Dans le cadre de la continuation du séminaire « Penser et agir dans la complexité », nous vous proposons d’engager une nouvelle année de travail axée sur ce qu’on pourrait appeler un parcours phénoménologique.

Nous souhaitons comprendre de façon théorique et pratique sous quelles conditions et sous quelles formes commencent à émerger aujourd’hui de nouveaux modes d’agir, de compréhension et de connaissance situationnels. Pour ce faire, nous interrogerons l’actualité de la phénoménologie dans un forçage qui la décentre de la primauté donnée à la conscience pour mettre à sa place le vivant et les corps. 

Pendant plusieurs siècles, l’Occident s’est construit derrière le rêve (devenu cauchemar) d’une rationalité totale, capable de congédier définitivement les pulsions, contrôler les affects, bref de domestiquer les corps. Alors que cette rationalité est depuis un siècle (1900) mise en échec, les humains s’apprêtent aujourd’hui à déléguer la fonction raisonnante à l’hyper rationalité des machines calculantes (IA).

Notre défi, notre urgence consiste donc dans la possibilité de participer à la production d’une rationalité complexe qui sache cohabiter avec son autre, les passions, les affects. Si nous ne sommes pas capables d’une telle tâche, le danger sera celui de tomber dans des obscurantismes irrationnels divers ou de nous condamner à obéir à la « rationalité » calculante des machines qui nous poussent à fonctionner en abandonnant toute velléité d’exister. 

Si nous mettons au cœur de notre travail la question fondamentale du corps comme condition de l’agir, nous n’oublions pas que les progrès considérables de la technique ont produit l’illusion d’un « trop de savoir » sur les corps dérivant aujourd’hui vers une métaphysique quasi-religieuse qui s’ignore. Or dans notre perspective, la centralité de la réflexion sur les corps doit plutôt se structurer autour d’une connaissance qui n’évite pas, en suivant en cela Spinoza, le « non-savoir » sur les corps (« Nul ne sait ce que peut le corps »). 

Nous interrogerons notamment sur le rôle de l’imaginaire, de l’intuition ainsi que du sacrificiel et du sacré dans nos cultures qui semblent aujourd’hui s’orienter vers un nouvel animisme. 

Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active ". Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.

Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.

La tyrannie des algorithmes, rencontre publique le 15 novembre

Les éditions Textuel et le collectif Malgré Tout vous invitent à la présentation publique de La tyrannie des algorithmes, dernier livre de Miguel Benasayag, en collaboration avec Régis Meyran, le 15 novembre à 21 h 00, à la Maison de l’Amérique latine.

MAL – 217 boulevard Saint-Germain – 75007 – Metro Solférino

Entrées libres / 21 h 00 – 22 h 30

Lors de cette soirée, vous aurez l’occasion de dialoguer avec Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, Régis Meyran, anthropologue, et Antoinette Rouvroy, juriste et philosophe du droit, chercheuse à l’Université de Namur en Belgique et auteure de nombreux articles sur la gouvernementalité algorithmique. 

PRESENTATION DU LIVRE

Miguel Benasayag nous alerte sur le risque majeur que font peser les algorithmes sur nos démocraties alors que les big data sont en train de décider des orientations du monde. C’est au quotidien que la vie collective est insidieusement « prise en charge » par les machines :

logiciels de surveillance couplés à des caméras, justice prédictive, suivi marketing de nos moindres faits et gestes sur internet pour élaborer des prédictions d’achat… Ce n’est pourtant pas en technophobe que l’auteur dénonce la colonisation du vivant, conscient que regarder l’avenir dans un rétroviseur n’est pas possible. Loin du clivage qui consiste à renvoyer dos à dos technophiles et technophobes, Miguel Benasayag démontre ici comment la résistance à la colonisation de l’humain par la machine doit passer par une recherche d’hybridation entre les deux.

Hybrider, ce n’est ni refuser l’intelligence artificielle ni se laisser dominer par elle, c’est savoir tirer les conséquences politiques et démocratiques de cette nouvelle forme de domination. Si l’économie est pilotée par l’IA qui détermine aujourd’hui le politique, il n’y a plus de conflictualité possible, il n’existe plus qu’une gestion des comportements. Comment les individus peuvent-ils retrouver une puissance d’agir dans ce monde post-démocratique ?

« Penser et agir dans la complexité » : reprise du séminaire le mercredi 18 septembre

Le séminaire « Penser et agir dans la complexité » reprendra le mercredi 18 septembre à 20 h 30.

Rendez-vous au CICP, 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris / salle L’internationale.
Vous pouvez d’ores et déjà noter les dates des prochaines séances : 16 octobre – 20 novembre – 11 décembre. 

Axes de travail 2019/2020

Dans le cadre de la continuation du séminaire « Penser et agir dans la complexité », nous vous proposons d’engager une nouvelle année de travail axée sur ce qu’on pourrait appeler un parcours phénoménologique.

Nous souhaitons comprendre de façon théorique et pratique sous quelles conditions et sous quelles formes commencent à émerger aujourd’hui de nouveaux modes d’agir, de compréhension et de connaissance situationnels. Pour ce faire, nous interrogerons l’actualité de la phénoménologie dans un forçage qui la décentre de la primauté donnée à la conscience pour mettre à sa place le vivant et les corps. 

Pendant plusieurs siècles, l’Occident s’est construit derrière le rêve (devenu cauchemar) d’une rationalité totale, capable de congédier définitivement les pulsions, contrôler les affects, bref de domestiquer les corps. Alors que cette rationalité est depuis un siècle (1900) mise en échec, les humains s’apprêtent aujourd’hui à déléguer la fonction raisonnante à l’hyper rationalité des machines calculantes (IA).

Notre défi, notre urgence consiste donc dans la possibilité de participer à la production d’une rationalité complexe qui sache cohabiter avec son autre, les passions, les affects. Si nous ne sommes pas capables d’une telle tâche, le danger sera celui de tomber dans des obscurantismes irrationnels divers ou de nous condamner à obéir à la « rationalité » calculante des machines qui nous poussent à fonctionner en abandonnant toute velléité d’exister. 

Si nous mettons au cœur de notre travail la question fondamentale du corps comme condition de l’agir, nous n’oublions pas que les progrès considérables de la technique ont produit l’illusion d’un « trop de savoir » sur les corps dérivant aujourd’hui vers une métaphysique quasi-religieuse qui s’ignore. Or dans notre perspective, la centralité de la réflexion sur les corps doit plutôt se structurer autour d’une connaissance qui n’évite pas, en suivant en cela Spinoza, le « non-savoir » sur les corps (« Nul ne sait ce que peut le corps »). 

Nous interrogerons notamment sur le rôle de l’imaginaire, de l’intuition ainsi que du sacrificiel et du sacré dans nos cultures qui semblent aujourd’hui s’orienter vers un nouvel animisme. 

Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active ". Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.

Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.

« Fonctionner ou exister ? » : rencontre le 18 janvier

Rencontres et Débats Autrement vous invitent à dialoguer avec Miguel Benasayag à l’occasion de la sortie de son dernier livre « Fonctionner ou exister ? » :

Vendredi 18 janvier 2019, 19H45

Café de la Mairie, 8, Place St Sulpice, Paris 6e, métro : St Sulpice, Saint-Germain.
Salle au 1er étage.

Les places étant limitées, l’inscription est obligatoire ainsi qu’une consommation sur place.

Réservez ici: http://rencontres-et-debats-autrement.org/index.php?page=contact-inscription

Séminaire « Penser et agir dans la complexité » : les rendez-vous de 2019

Le séminaire mensuel « Penser et agir dans la complexité » reprendra dès janvier 2019. Les séances du premier semestre auront lieu aux dates suivante :

Mercredi 16 janvier / 13 février / 13 mars / 10 avril / 15 mai / 12 juin

Rendez-vous à 20 h 30 au Centre international de culture populaire (CICP) :

21 ter rue Voltaire – 75011 Paris

Vidéo du dernier séminaire :

Fonctionner ou exister ? : voir ou revoir la présentation publique

A l’occasion de la sortie du dernier livre de Miguel Benasayag, « Fonctionner ou exister ? »,  le collectif Malgré tout et les éditions du Pommier organisaient, le 09 novembre dernier, une présentation publique en présence de l’auteur et animée par Raphaël Bourgeois, journaliste à France Culture. 

Découvrez la captation de cette rencontre enregistrée à la Maison de l’Amérique latine : 

« Fonctionner ou exister ? » : présentation publique le 09 novembre

A l’occasion de la sortie du dernier livre de Miguel Benasayag, « Fonctionner ou exister ? »,  le collectif Malgré tout et les éditions du Pommier vous invitent à rencontrer l’auteur lors d’une présentation publique, le 09 novembre à 21 h 00, à la Maison de l’Amérique latine.

Présentation du livre 

Mais que s’est-il passé dans nos sociétés occidentales pour que les Anciens de naguère soient devenus des « vieux », pour que les jeunes n’aient plus le temps d’être jeunes, pour que la fragilité, les failles ne soient plus assimilées qu’à des dysfonctionnements ?

A une époque où on nous demande de gérer nos existences comme on gère des entreprises, où les technologies digitales nous promettent de nous débarrasser des complications de la vie, la différence entre fonctionner et exister ne paraît plus aller de soi.

Que peut encore signifier l’idée d’existence à l’heure où les technosciences nous expliquent que la différence entre le vivant et la machine ne serait que quantitative ? Quelle est encore la valeur de l’expérience dès lors que les dimensions de la pensée, de la création, et même de l’amour seraient réductibles à des fonctionnements modélisables et améliorables ?

La rationalité occidentale est en crise, le grand mythe du progrès s’est fracassé, l’Homme a failli… Qu’à cela ne tienne ! Le bonheur et l’harmonie parfaite restent à portée de main, mais à une condition : accepter ce devenir machine.

Ce livre s’adresse à tous ceux qui ne veulent pas céder à cette peur qui nous invite à « entrer dans la cage pour notre plus grand bonheur ».

Car quelque chose reste et résiste. Ce quelque chose nous dit que la vie, la culture, l’amour ne se résument pas à leurs seuls mécanismes identifiables et modélisables.  Ce quelque chose résonne aujourd’hui comme une plainte, un appel mais il est aussi un pari. Celui que dans ce reste, ce « bruit dans le système », se niche encore les conditions mêmes de l’existence.

Philosophe, psychanalyste, chercheur en épistémologie, Miguel Benasayag est l’auteur de nombreux ouvrages dont La Singularité du vivant, Le Pommier, 2017 et Cerveau augmenté, homme diminué, La Découverte, 2016. Il anime avec Angélique Del Rey et Bastien Cany le collectif « Malgré tout ».

Invitation – « Vers un nouveau paradigme du contre-pouvoir »


Rencontres de novembre à Buenos Aires

Penser et agir dans la complexité :
vers un nouveau paradigme du contre-pouvoir

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À l’heure de la post-démocratie, dans une période où le « tout est possible » techniciste nous promet un monde « sans limites » et alors que nous traversons une crise de sens et d’identité d’une ampleur inédite, nous pensons qu’il est urgent de repenser la question des pratiques de résistance et de contre-pouvoir.Lire la suite

Séminaire international pour une économie féministe et émancipatrice

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Les 28 et 29 novembre derniers, une trentaine d’économistes, de féministes et d’universitaires se sont réunies à Asuncion, la capitale du Paraguay, pour un séminaire intitulé « Luttes et alternatives pour une économie féministe et émancipatrice ». Cet événement, gratuit et ouvert au public, était organisé par le Centre de documentation et d’études (CDE), l’Articulation féministe Marcosur (AFM) et le Groupe de travail «Economie émancipatrice féministe» (GT EFE) du Conseil latino-américain des sciences sociales (CLACSO). Nous diffusons ici un résumé des conférences de six expertes latino-américaines intervenues lors de ces deux journées de travail (en espagnol).

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« La singularité du vivant » : voir (ou revoir) la présentation à la Maison de l’Amérique Latine

Le 17 novembre dernier, Miguel Benasayag présentait son dernier ouvrage, La singularité du vivant, à la Maison de l’Amérique Latine.  Une soirée qui était organisée autour d’un échange avec le philosophe Jean-Michel Besnier et le mathématicien Giuseppe Longo.
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Reprise du séminaire « Comprendre et agir dans la complexité »

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La prochaine séance du séminaire se déroulera le 04 octobre à 20 h 30 au 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris.

Nouveau lieu, nouvelle adresse…

A partir de la rentrée, le séminaire sera accueilli par le Cedetim (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale) et se déroulera dans les locaux du Centre international de culture populaire (CICP) qui héberge de nombreuses associations engagées dans la solidarité internationale, la défense des droits humains, économiques, sociaux et culturels.

Cedetim (CICP) : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris (métros Rue des Boulets, Avron, Nation).

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