Article Lundi Matin : « QLF : nouveau parti pris étudiant »

« Nous pensons que c’est par ces méthodes pirates et ces lieux de rencontres qu’on pourra lutter sérieusement. »

paru dans lundimatin#449, le 29 octobre 2024

Depuis les années 50 et la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, les universités françaises sont connues pour être l’un des principaux vecteurs de politisation de la jeunesse. Mai 68, loi Devaquet, mouvement contre le CPE, la LRU, etc. la plupart des mobilisations les plus vives de ces dernières décennies ont démarré dans les couloirs gris de quelques facs. Si certains ont pu regretter ou fantasmer l’influence des savoirs dispensés par quelques professeurs gauchistes, qui a vécu un mouvement étudiant sait que c’est d’abord une certaine flexibilité subjective qui fait le terreau de ces mobilisations. L’étudiant, c’est cet être social interlope que l’on ne peut plus enfermer toute la journée dans une classe de lycée et qui peut se débrouiller pour travailler le moins possible, il a donc du temps. Évidemment, tout est fait pour qu’une telle disponibilité ne puisse plus s’actualiser dans quelque chose de subversif, le relatif chaos qui nimbait pendant des décennies les universités a doucement mais sûrement été mis en ordre par l’injonction à réussir et ses milles petits dispositifs de mise au pas. La misère en milieu étudiant n’étant pas une fatalité, des élèves fraîchement inscrits dans le supérieur nous ont transmis leur plan d’action : QLF. Ils proposent de prendre la sociabilité étudiante et son quotidien comme point de départ et de se constituer en force depuis-là. Comme ils comptent voir tous les campus renouer avec les moments les plus glorieux de leur histoire, ils ont décidé de rendre la proposition publique [1]

[1] En rédigeant ce chapeau, nous nous sommes souvenus….

« Payant comme une vue sur la mer, gratuit comme une vue sur Uranus. »
PNL, Uranus

Nous sommes plusieurs dizaines de milliers dans les universités franciliennes, mais nos campus sont de plus en plus vides. Nous devons combler ce vide, proposer quelque chose de nouveau dans nos vies étudiantes, reprendre en main nos quotidiens. Dans une France, où la vie est toujours plus chère et ennuyeuse, il est crucial d’agir. Actuellement quelles sont les tendances politiques qui proposent une organisation de nos avenirs ?

Du côté institutionnel, en Île-de-France, les élections des représentants des étudiants au sein des Crous ont placé trois listes en tête : l’Union Etudiante, l’UNEF, et la FAGE.

Les trois syndicats partagent tous des tendances sociales démocrates. Ils sont habitués à de longues discussions interminables avec l’administration, sans aucun rapport avec la vie directe des étudiants et étudiantes. On peut résumer leur action politique par ce slogan : ‘’Du progrès dans l’ordre’’. Cette logique n’amène qu’à un seul chemin : l’obéissance.

« Demander la victoire et n’avoir pas envie de se battre, je trouve que c’est mal élevé. »

Du côté radical, il existe des initiatives promouvant l’anticapitalisme. Quelle que soit la justesse de ces théories, les groupes s’en revendiquant s’enferment dans des dynamiques groupusculaires qui n’arrivent pas à faire machine avec l’extérieur. Auto-référencement, spécialisation du discours, carte d’identité politique demandée à l’entrée des AG… L’autonomie universitaire nous paraît nager à contre-courant. Au sein d’une époque à ce point désorientée, il nous semble impossible, avec ce genre de pratiques, de s’aligner avec le reste de l’université et de ses habitants. Ce sont des parallèles inspirantes mais les parallèles ne se croisent pas.

Du coté administratif, on peut parler d’une politique beaucoup plus gazeuse avec la promotion des BDE étudiants qui ne proposent que des vacances et des soirées hors de prix, dans un style propre aux futurs cadres de la société. Structure hiérarchique, sélection économique, et silence radio sur les aspirations des étudiants, les BDE ne sont que le reflet de notre société égoïste.

Nous faisons aussi face à l’architecture des facultés : les couloirs universitaires sont devenus de gigantesques circuits-imprimés dans lesquels l’étudiant s’engouffre dès qu’il sort des transports. Métro-couloir-salle de classe, salle de classe-couloir-cantine, cantine-salle de classe-couloir-métro… Toujours plus de mobilités, toujours moins de rencontres.

Voilà notre routine où chaque espace est ponctué avant et après d’une séance d’écran bleu. Le smartphone est venu substituer le manque d’espace vivant et de vie sociale au sein des facs, rendant par là même ce vide « acceptable ».

« Les vides ont un sens : ils disent haut et fort la gloire et la puissance de l’Etat qui les aménage. »

Cette ’’techno-gouvernementalité’’ de la vie est notre ennemi direct. Elle est le projet politique non déclaré et impersonnel le plus expansif et structurant de notre histoire. Son pouvoir est sans cesse plus prégnant sur nos existences, sur notre espace et sur notre temps.

Le smartphone comme agent provocateur de la séparation entre tous. Le téléphone a dématérialisé la relation humaine jusqu’à l’extrême, où les douleurs sont devenues de simples informations. Il nous a plongé dans des boucles d’addictions qui nous isolent. Face à cela, offrons la beauté de l’imprévu, du hasard, offrons le quotidien du militant qui est de ne pas avoir de quotidien. Opposons à l’espace lisse du smartphone, l’espace imprévisible du réel.

C’est à nous militants de recréer un espace, de l’imposer et à terme d’en faire ressentir le manque et le besoin.

« Un véritable engagement révolutionnaire commence par le grand débarras des tares de la routine, par le rejet de l’institutionnalisation, par le refus de la récupération dans les cadres de la protestation symbolique, par l’abandon des rituels et des comportements puristes de la marginalité. C’est le processus stratégique dans lequel on se place qui est déterminant : comment on s’oppose à la domination et, armés d’une juste cause, on participe à l’émancipation. »

L’idée première est de s’organiser dans les facs par-delà tout purisme idéologique, loin de l’ennui qui y règne et depuis l’infinie diversité des profils qui s’y croisent sans jamais se rencontrer. Il s’agit simplement de prendre parti pour le quotidien, de le prendre au sérieux et de le façonner selon nos besoins et nos ambitions. Ce mouvement qui part du quotidien nécessite un processus d’ouverture large qui s’adresse à tout le monde. La mission, c’est de provoquer les rencontres, d’organiser leurs répétitions et de s’assurer que tout ce qui en émane saura coopérer pour résister et s’opposer à ceux qui voudront l’empêcher.

« Ce que je suis, c’est où est-ce que j’engage mes forces, comment je me bats, et vers quel objectif. »

La tâche des QLF est d’abord de construire des espaces, de se les approprier par rapport à ce que l’on veut et de se poser comme premier objectif la sociabilité sur le campus. Montrons que la fac n’est pas un simple lieu d’étude et d’examen, mais un espace qui nous appartient, que l’on peut transformer selon nos volontés. Réapproprions-nous ces lieux à travers des horizons ouverts comme la gratuité, le vol, les bons plans, les soirées…

Les réseaux QLF définissent ce qu’ils ne veulent pas à partir de ce qu’ils veulent

Qu’attendons-nous du quotidien lorsqu’on est à la fac ? On veut des espaces à nous, festifs, sympathiques, gratuits, et libres. Il s’agit de s’extraire de la pression de l’emploi du temps, de fuir les couloirs déprimants et de trouver des solutions immédiates et pratiques à la vie chère.

« La contestation c’est lorsque que je dis que ça ne me convient pas, la résistance c’est lorsque que je fais en sorte que ce qui ne me convient pas ne puisse pas durer plus longtemps. »

La pratique politique des QLF se fait à partir de lieux. On peut parler d’une forme de délocalisation du rapport politique qui se base habituellement sur des rapports idéologiques et doctrinaires. Cette délocalisation, si nous voulons la mener à bien, nécessite aussi d’effectuer un travail sur nous-mêmes, de combattre l’entre soi, et de miser sur l’humilité, la responsabilité et la confiance.

« Une forme d’organisation simple, uni-dimensionnelle, est en réalité la moins « anonyme » de toutes : à chaque fois qu’elle prend l’initiative, elle est contrainte d’exhiber sa nature entière : elle est donc continuellement contrainte de choisir entre paralysie politique et aventurisme organisationnel. Ce qu’il faut en revanche, c’est une grande richesse, une large multiplicité de formes, d’expressions et d’actions. »

— Pose de table et récupération de lieu au sein des facs : banquet & installation de magasins gratuits.

— Diffusion des bons plans de chaque université : machine à distribuer sabotée, distribution de sandwichs, échanges de devoirs…

— Organisation de soirées étudiantes inter-facs, qui rassemblent la masse étudiante sans sélection économique. Une vraie ambiance discothèque avec un côté gratuit-thèque.

— Feux de joie et d’artifices à l’heure de l’apéro.

— Chasses aux trésors dans les supermarchés.

— Propagande sur les réseaux sociaux pour populariser les QLF, avec un certain sens du montage et de l’humour. Plus la communauté se développe, plus les QLF proposeront des tutos pour se faciliter la vie : tuto vol, tuto fraude, tuto numérique (crack de logiciel, Netflix, Spotify & match de foot en accès libre).

Évidemment, les possibilités d’actions ne sont pas parfaitement définies, (chaque fac aura à trouver sa propre originalité en s’appropriant les QLF) mais nous sommes sûrs que celles-ci se dessineront dans le feu de l’action, sans jamais séparer le dire et le faire.

« Sans application organisée, pas de plan d’épreuve, pas de vérification, pas de vérité. »

Nous pensons que c’est par ces méthodes pirates et ces lieux de rencontres qu’on pourra lutter sérieusement, en réussissant à connecter différentes universités entre elles à partir d’un projet commun, capable de généraliser des pratiques et d’être un véritable moteur dans les luttes nationales qui nous attendent.

« N’imaginez pas qu’il faille être triste pour être militant, même si la chose qu’on combat est abominable. C’est le lien du désir à la réalité qui possède une force révolutionnaire. »

https://www.instagram.com/reel/DBWn3bit7v4/embed/captioned/?cr=1&v=14&wp=540&rd=https%3A%2F%2Flundi.am&rp=%2FQLF-nouveau-parti-pris-etudiant#%7B%22ci%22%3A0%2C%22os%22%3A1964%2C%22ls%22%3A577%2C%22le%22%3A1906%7D

Les QLF naissent de l’intuition des gilets jaunes. Sur un rond-point on se rencontre et on décide quelle orientation prendre ensemble.

Les ronds-points étudiants ont été créés plusieurs fois depuis la rentrée universitaire 2024 et à chaque fois, ils ont fonctionné. Bon, peut-être aussi parce que des crêpes et des sandwichs gratuits ça ne se refuse pas et que ça change de l’ambiance des queues pour quémander un panier alimentaire.

Mais ça va au-delà, le mal être étudiant est tel que même les organismes de santé diagnostiquent « une épidémie de solitude dans la jeunesse ». Qui n’a pas autour de soi des amis en dépression ou des camarades d’amphi complétement seuls ? Toutes ces pensées noires + la hess qui règnent dans les universités imposaient de prendre politiquement la situation en main.

Les QLF tentent de fédérer une communauté étudiante à partir d’un ensemble de pratiques que l’on définirait comme pré-politique : se réunir autour d’un banquet gratuit avec de la nourriture volée, défier l’administration pour brancher une machine à barbe papa, rencontrer des étudiants et étudiantes pendant une brésilienne ou un jeu de fléchettes… Ces moments sont pré-politiques, ils forment un « NOUS », créent un sentiment d’appartenance, développent « un inconscient communal  [2]

[2] Si on veut pousser l’idée jusqu’au…

 ». Les ronds-points qu’on met en place permettent d’aimer un lieu, de se battre pour le faire exister, et de le défendre si l’occasion se présente. La pré-politique commence par une situation et un lieu : sa puissance est bien plus importante que la fidélité à une idée morte-vivante de la politique.

« Se battre pour un lieu précis, ce n’est pas la même chose que se battre pour une idée. »

Pour contrer l’argument du ‘’la pré-politique dissout la politique’’, les QLF répondent que la politique est une affaire d’intensification et nous sommes sûrs que les organes qui soutiennent aujourd’hui la vie collective quotidienne seront les plus à mêmes pour organiser les soulèvements du futur.

« Je refuse qu’on soit soumis, je sors le gala. »
PNL, 91’s

Echangeons via @quelafac sur insta et préparons l’extension de la gratuité étudiante.

(Re)voir (Re)Écouter la dernière séance du séminaire « Comprendre et agir dans la complexité » – Séminaire du 11 juin 2025

Comprendre et agir dans la complexité - Séminaire 2024/2025

Nous demandons, avant et pendant chaque séance, que celles et ceux intéressés par cette invitation nous fassent parvenir leurs éventuelles questions, demandes et propositions afin de nous permettre de développer un processus de travail collectif.

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Le prochaine séance du séminaire
 Penser et agir dans la complexité

aura lieu après les vacances au CICP – Paris 11ème arrondissement.

En attendant nous vous donnons rendez-vous :

Le mercredi 18 juin 2025 au Café de la Mairie,
8 Place Saint Sulpice. 19H00,

pour la présentation de notre livre Contre Offensive

Livre Contre Offensive



Toutes les informations sont disponibles ici:

Lien d’information: Présentation du livre

Rappel : prochain séminaire du Collectif Malgré Tout, mercredi 11 juin 2025

Seminaire du collectif

Le prochaine séance du séminaire Penser et agir dans la complexité aura lieu le mercredi 11 juin au CICP de Paris (11e arrondissement).
Si vous ne pouvez pas venir en présence, il est possible de vous connecter avec le lien Zoom ci-dessous :
https://us02web.zoom.us/j/89320855267?pwd=5rB81QqPmx7G9bnlAA7Wf3Q1IKdN7v.1

ID de réunion: 893 2085 5267
Code secret: 632595

Axes de travail 2024/25
Comprendre et agir dans la complexité : pour une théorie de la situation

Après une année de travail consacrée à l’engagement, le séminaire du Collectif Malgré Tout a fait sa rentrée le mercredi 2 octobre pour une nouvelle saison articulée autour de cette question : quelle est la bonne mesure pour comprendre et agir dans la complexité ?  Autrement dit, comment identifier les lignes d’action qui structurent les paysages dans lesquels nous existons ?

Répondre à cette question suppose non seulement d’échapper aux grilles de lecture globalisantes où le monde n’apparaît plus que sous la figure du chaos et de la dispersion, mais aussi de déjouer cette vision néolibérale encore largement dominante qui fait de l’individu « la mesure de toutes choses ». Entre ces deux écueils, nous poserons l’hypothèse que la situation est la seule terre ferme qui permet aujourd’hui l’action.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir du lien Zoom ci-dessous :
https://us02web.zoom.us/j/89320855267?pwd=5rB81QqPmx7G9bnlAA7Wf3Q1IKdN7v.1
Zoom réunion

Ce séminaire réside dans le désir de construire un lieu de théorisation et de production de pratiques. On invite ainsi les participants à une « écoute active « . Autrement dit, il leur est proposé d’articuler le cours du séminaire avec leurs réalités et difficultés concrètes, que ce soit dans leur travail ou dans leurs liens sociaux.

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A vos agendas : Prochain séminaire du Collectif Malgré Tout, mercredi 11 Juin 2025

Seminaire du collectif

Le prochaine séance du séminaire Penser et agir dans la complexité aura lieu le mercredi 11 juin au CICP de Paris 11 ème arrondissement.
Si vous ne pouvez pas venir en présence le lien Zoom est sera disponible 48 H à l’avance.

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Miguel et bastien

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Penser et agir dans la complexité : prochain séminaire le 07 mai

La prochaine séance du séminaire Penser et agir dans la complexité aura lieu le mercredi 07 mai au CICP – Paris 11ème arrondissement.

Nous vous donnons rendez-vous à 20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011). Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir du lien Zoom qui sera communiqué 48 h avant la séance.

Les précédentes séances sont accessibles en vidéos ou en podcasts.

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EXPULSION DE LA GAÎTÉ LYRIQUE : ETAT FASCISTE, MAIRIE COMPLICE

Gaete lyrique

Hier soir, quelques heures après la parution de l’arrêté d’expulsion de la Gaîté Lyrique, nous nous sommes rassemblés massivement. Toute la nuit, des centaines de personnes se sont mobilisées en résistance aux côtés du Collectif des Jeunes du Parc de Belleville, pour exiger un toit pour tous.tes les occupant.e.s.

Rien dans cette opération ne s’est déroulé dans le respect du droit et des personnes présentes. Moins de 24h se sont écoulées entre la publication de l’arrêté et le début de l’expulsion, l’opération devait commencer à 6h, les policiers nous ont chargé.es dès 5h40. Après cette première charge, nous avons attendu des heures dans le froid, nassé.es, sans pouvoir soigner les blessé.es. Nous avons ensuite été gazé.esmatraqué.esinterpellé.es arbitrairement et pourchassé.es dans les rues et bouches de métro.

Aujourd’hui, nous avons subi le déploiement total du racisme dans l’indifférence de la plus grande Mairie française dite de gauche : 

  • racisme d’un gouvernement qui déploie un dispositif quasi-militaire pour évacuer des jeunes déjà sortis du bâtiment occupé,
  • racisme des médias et des fascistes qui chaque jour nous ont harcelé et provoqué,
  • racisme de la police qui a séparé les “associatifs” des “migrants” pour procéder aux contrôles d’identités, nous a traqué et interpellé jusque dans les cafés adjacents
  • racisme d’un système qui refuse de nous intégrer alors que nous demandons juste à vivre, étudier, travailler, être considéré.es comme égaux et égales.

En un an, nous avons observé la lâcheté de la Mairie de Paris : alors que nous occupions la Maison des Métallos pour revendiquer un toit, la Mairie disait que nous devions cesser d’investir leurs bâtiments et engager un vrai rapport de force avec l’Etat. Ces trois derniers mois à la Gaité, nous avons visibilisé notre combat et renforcé notre réseau de solidarité. Nous avons  laissé l’opportunité à la Mairie de se battre à nos côtés pour nos droits. Elle ne l’a pas fait et pire encore : ce matin, Mme Hidalgo a préféré intervenir sur la matinale de France Inter, estimant qu’à “ce stade, c’est ce qu’il fallait faire”, en parlant de l’expulsion brutale sans solution que nous venions de vivre. La Maire de Paris a menti en direct en affirmant qu’il y avait des propositions d’hébergement à Paris, c’est faux : un seul bus a été déployé, direction Rouen, pour une durée de trois semaines. La honte !

Ce soir, tout le monde se demande où nous allons dormir, nous les 450 jeunes expulsé.es, parce que même dans la rue, nous sommes traqué.es sans pouvoir nous déplacer librement, encore moins poser une tente. Des dizaines de personnes sont blessées, tout le monde est traumatisé. En tout, on dénombre une grosse cinquantaine d’interpellations. Six de nos camarades en recours de minorité ont été libérés avec des OQTF. Une dizaine de jeunes sont toujours en garde à vue aux commissariats du 18ème et 12ème, risquant un transfert en CRA. 

Nous n’avons jamais vécu une telle situation en plein Paris. Que tout le monde prenne conscience de ce qui se joue autour de notre lutte : il ne s’agit pas seulement du droit à l’hébergement pour les mineur.es isolé.es, mais bien d’une bataille contre l’extrême-droite et son monde. 

Nous appelons à un rassemblement dès maintenant devant les commissariats du 18eme (rue de l’Evangile) et du 12ème arrondissement (rue Aubrac).

 

Ce samedi 22 mars, à l’occasion de la marche internationale contre le racisme, rejoignez notre cortège.