A vos agenda: Mercredi 14 janvier, présentation du livre « Agrorecyclerie et maraichage sur sol vivant » organisé par Rencontres et débats Autrement.

Rencontre et débat autrement

Bonjour,

Rencontres et Débats autrement reçoit un couple d’auteur le 14 janvier 2026 à la Cité International Universitaire de Paris, à la Fondation Lucien Paye, de 18H30 à 20H30. 45B boulevard Jourdan 75014 Paris, RER B, station Cité Universitaire, Tram 3, station Montsouris

Nous débattrons autour de leur ouvrage 
LA FERME DE CAGNOLLE- Agrorecyclerie et maraichage sur sol vivant

de Benoît Le Baube et Alexia Detry


Nous nous battons, depuis 16 ans, pour l’avènement d’une nouvelle forme d’agriculture : une agriculture du vivant. Au fil d’expériences, nous avons développé des méthodes de culture de plus en plus abouties pour arriver à des pratiques vertueuses en rupture avec le modèle agricole dominant. Face aux constats consternants de l’action néfaste de ce dernier, notre ambition est de participer à l’élaboration d’un autre rapport à la terre et à la manière de la cultiver. Contrairement aux discours des lobbyistes de l’agro-industrie, nous avons prouvé qu’il était possible de produire des légumes de qualité, en quantité, avec un impact environnemental positif — et ce, sans dégrader ni polluer les sols.

 Benoît Le Baube et Alexia Detry nous expliquerons comment avec les résultats incroyables qu’ils obtiennent, ils ont l’espoir de changer les pratiques agricoles. Les techniques culturales se peaufinent et prouvent qu’un autre paradigme agricole existe et doit urgemment se généraliser.

Le mercredi 14 janvier 2026 à la
Fondation Lucien Paye, de 18H30 à 20H30

45B boulevard Jourdan 75014 Paris, RER B, station Cité Universitaire, Tram 3, station Montsouris

Salle à l’étage, Chaque participant commandera au serveur une consommation à son arrivée.
Merci de vous inscrire sur le lien ci-dessus.

 La rencontres sera diffusée en direct en ZOOM :
https://us02web.zoom.us/j/86125354462?pwd=qU5PoqXqbKoaDCRlWIxx0fISgButOS.1 

Au plaisir de vous revoir.

Christian

Article Lundi matin: ORGANISER LA RÉSISTANCE : L’AFFIRMATION

Réponse à QLF depuis Paris 8

paru dans lundimatin#454, le 2 décembre 2024

Source: https://lundi.am/Organiser-la-resistance-l-affirmation

Le mois dernier, nous publiions QLF : nouveau parti pris étudiant, une proposition stratégique pour réinvestir politiquement les universités à distance de la morosité et de l’ennui qui caractérisent les organisations « de gauche ». Au programme : banquets, feux d’artifices et chasses au trésor. S’ensuivit une réponse depuis la face de Tolbiac, c’est cette semaine au tour de Paris 8 de rejoindre le débat, en essayant cette fois d’analyser les conditions qui ont rendu possible la pacification des universités.

Quand on sort de l’université de Paris 8 à Saint-Denis, on tombe souvent, chaque étudiant pourra en témoigner, sur des distributions de flyer Uber Eats. A travers des codes promos, ces flyers promettent de nous ’’offrir’’ 10euros sur notre prochaine commande. Même si l’on est contre, à force, on finit parfois par en prendre un : on se dit que ça pourra toujours servir. En tant qu’étudiant difficile de cracher sur « 10 euros » écrit en gros sur un bout de papier.

C’est alors qu’on se demande : comment en est-on arrivé là ?! Comment, en sortant de l’héritière de mai 68 (l’université expérimentale de Vincennes, maintenant Paris 8), qui a accueilli les Foucault, Deleuze ou Guattari, on se retrouve à s’engouffrer dans une ligne treize bondée avec nos écouteurs Bluetooth sur les oreilles, le smartphone dans la main droite et le flyer Uber Eats dans la main gauche.

« Le caractère étranger de l’université apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, l’université est fuie comme la peste »
Karl Marx – Manuscrit de 1844 (mais il faut remplacer université par travail)

Si dans les facs plus rien ne résonne [1]

[1] « En 2023, les murs des facs chargés de tags et…

, si l’université est un milieu avec lequel nous n’entretenons plus qu’un rapport instrumental, se plier aux règles et essayer d’avoir de bonnes notes, ce n’est évidemment pas le fruit du hasard mais bien plutôt la conséquence d’une bataille autrefois perdue. En tant qu’étudiants de Paris 8, base arrière délabrée par la défaite, et partant du constat des QLF selon qui la fac est morte, il nous paraissait important de commencer par proposer une généalogie, très ramassée, de la situation au sein des universités.
Mieux comprendre d’où nous sommes partis permettra de mieux capter les raisons de la déroute actuelle.

A partir de la grande dépression des années 30, et sans entrer dans les détails d’un siècle d’histoire marqué, entre autres, par deux guerres mondiales et l’apparition-disparition de l’URSS (rien que ça), le libéralisme se retrouve en crise : ses violences intrinsèques se font trop visibles, son laisser-faire provoque une crise de la gouvernabilité et sa légitimité finit par être remise en cause. Une mauvaise (bonne ?) nouvelle en accompagnant toujours une autre, dans le camp d’en face, les idées subversives trouvent un sol en occident où se penser et s’organiser : les universités.
D’une crise interne, le capitalisme passe à une crise d’hégémonie.

Face à la démocratisation des études supérieures, à la diffusion élargie du savoir et à l’influence d’un certain nombre de penseurs (Foucault, Marcuse, Deleuze, etc.), le système capitaliste se retrouve mis en concurrence avec un bloc solide théoriquement, qui promeut des idées émancipatrices plus instinctives que la loi du marché et qui, de surcroît, semble incorruptible :

« Ils ne s’intéressent pas beaucoup à l’argent mais sont très intéressés par le pouvoir. […] Le pouvoir de façonner notre civilisation – un pouvoir qui, dans un système capitaliste, doit être réservé au marché libre. »
Irving Kristol – Buisness and « The New Class »

Dans ce premier temps, les défenseurs du libéralisme se retrouvent impuissants face à cette « new class » [2]

[2] « En remontant aux commencements même du capitalisme,…

qui prétend elle aussi pouvoir participer à l’orientation de la société. Inquiet, le très libéral juge de la cour suprême Lewis Powell ira jusqu’à considérer que de cette bataille dépend « la survie même de ce que nous appelons le système de la libre entreprise ». Car Powell le sait : « les idées sont des armes ». Le problème c’est que de son bord peu ont l’ »appétit pour une confrontation pure et dure avec leurs critiques » car peu ont le « talent pour s’engager dans d’authentiques débats intellectuels et philosophiques » [3]

[3] Lewis Powell – Attack on American Free Entreprise…

.

Malheureusement, la philosophie et les idées ne font pas tout et si les libéraux se trouvent bien maigres pour interpréter le monde, leurs moyens ne manquent pas pour le transformer [4]

[4] « Les philosophes n’ont fait qu’interpéter le monde de…

. Très vite, ils sélectionnent minutieusement les financements des universités dans lesquelles ils investissent, commencent à censurer dans leurs médias les opinions du camp d’en face et financent de nombreux Think tank pour préparer la contre-offensive. En parallèle, ils récupèrent dans un habile retournement une part de la critique gauchiste via l’émergence diabolique d’un « néolibéalisme éthique » et mettent en place à travers des procédés de micropolitique un projet politique impersonnel, jamais énoncé comme tel mais néanmoins terriblement expansif et structurant. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

« Pour le pouvoir, la critique peut être une chance. Il faut savoir en tirer profit, comme de toute chose, du reste. Principe de valorisation de la critique. »
Grégoire Chamayou – La société ingouvernable

« Marx et Freud, par exemple, réduits à l’état de bouillie dogmatique pourront être mis dans le commerce sans aucun risque pour le système. »
Felix Guattari – La Révolution Moléculaire

Si à l’époque, semblait-il, on gagnait la bataille, aujourd’hui on a perdu la guerre. A coup de censure, de répression, de micropolitique et de sûrement pleins d’autres trucs, le libéralisme s’est muté en néolibéralisme transformant les universités en de « gigantesques circuits imprimés dans lesquels l’étudiant s’engouffre dès qu’il sort des transports ». Or, que fait-on quand on a perdu la guerre, que nos villages ont été pillés et incendiés ?
On reconstruit.
Tel est le nindô [5]

[5] Littéralement : ’’Voie du Ninja’’ dans Naruto Shippuden…

, s’il l’accepte, du militant aguerri : la résilience. C’est en tous cas la tâche que les QLF se sont donnés au sein des universités.

Empruntée au latin construere, proprement ’’entasser par couches’’, l’idée de construire (ici on parle de ’’reconstruire’’ mais la nuance est fine vue l’état des facs) impose donc de commencer par la première couche : re-fertiliser les champs, reconstruire les espaces, autrement dit faire du pré-politique [6]

[6] « Les QLF tentent de fédérer une communauté étudiante à…

. Opter pour la pré-politique, c’est commencer par reposer les conditions de possibilité et d’émergence d’une politique d’affirmation. Faute de mieux et faute d’espace pour la penser, la critique de la situation actuelle est aujourd’hui monopolisée par la négation et dépourvue de toute positivité. [7]

[7] « La critique de tout cela me semble aujourd’hui…

Ce n’est pas pour rien si les QLF se proposent, parmi leurs mots d’ordres, de ’’définir ce qu’ils ne veulent pas à partir de ce qu’ils veulent’’. C’est parce qu’ils désirent remettre l’affirmation au centre.
La positivité plus couramment appelée ’’à la place du capitalisme on pourrait…« n’est pas ’’placée’’ (en dehors du poussiéreux mot communisme qui malheureusement ne fait plus l’affaire [8]

[8] A ce titre les QLF ambitionnent de »faire le communisme…

), en premier lieu car elle n’a pas de place pour être pensée. La politique a été chassée des universités et c’est une illusion de s’imaginer qu’elle pourra ressurgir durablement à travers des tractages jargonneux ou des assemblées générales en période de mouvement social. QLF tente une nouvelle approche et aspire à ré-introduire la politique de façon plus stratégique et micropolitique, à la manière de nos ennemis. Loin de ’’dissoudre la politique’’ [9]

, cette tentative est tout à son honneur. Faire de la pré-politique c’est engager la reconstruction du politique, évincée de nos universités depuis la défaite de la fin du XXe siècle.

« Nous savions que nous étions en train de faire une révolution. À la fin des années soixante c’était dans l’air du temps. Il y avait d’énormes manifestations à Londres, et les Universités britanniques étaient occupées par leurs étudiants. En France, le gouvernement de Charles de Gaulle était ébranlé par une vague de grèves et de contestation, Mais la révolution que nous faisions à Saint Andrews était différente. Leurs dieux étaient Karl Marx, Che Guevara et Herbert Marcuse ; les nôtres étaient Friedrich Hayek, Karl Popper et Milton Friedman. […] Voilà tout, en fait, sauf que c’est nous qui avons gagné. »
Madsen Pirie

On l’a vu un peu plus haut, le néolibéralisme nous a vaincu à coup de kichta [10]

[10] Liasse billets en…

et de censure mais aussi en nous émoussant, nous et nos armes. Notamment à travers l’émergence d’un « néoliberalisme éthique » qui s’accommode à sa manière de l’aspiration postmoderne et soixantehuitarde d’une « parfaite souveraineté du soi sur soi » [11]

[11] Foucault – Histoire de la…

en instrumentalisant l’autonomie subjective, issue des pensées libertaires de ces années-là, pour appeler l’individu à se prendre soi-même en main. En bref, « deviens toi-même », tri tes déchets, pisse sous la douche et toutes ces conneries. Des conneries qui avaient toutefois la force de satisfaire le désir d’agir en évitant tout rapport antagonique au capitalisme. A cet égard, les QLF ambitionnent d’inscrire leur lutte, dans un premier temps au moins, dans le concret du quotidien et du territoire universitaire. Loin des micro-actions individuelles au profit de luttes trop abstraites comme l’écologie planétaire, les QLF se battent non pas pour se donner bonne conscience ou se dispenser de la mauvaise mais pour de réelles conditions de vie matérielles et immédiates (les CROUS sont trop chers ? On vole et on partage ! Les contrôleurs de la Ratp sont là ? On les dégage ! Quelqu’un est viré de son logement CROUS ? On bloque le CROUS !). QLF veut mobiliser une légitimité évidente, instinctive et partageable par tous et toutes au sein du ronron universitaire quotidien. C’est en partie par là que se reconstruit le sens du collectif et par extension celui du politique. De surcroît, il faut être inscrit dans un milieu déterminé pour pouvoir métaboliser. Autrement dit, pour retrouver la satisfaction politique de la transformation de soi et de son espace il faut faire sien individuellement autant que collectivement un espace donné et circonscrit. Pour les QLF ce sera l’enceinte de l’université. C’est d’abord à travers des luttes au sein même des lieux d’études que les QLF exorciseront l’imaginaire collectif de l’impuissance politique généralisée.

« Se battre pour un lieu précis, ce n’est pas la même chose que se battre pour une idée. » [12]

Après avoir dompté la ferveur critique des pensées émancipatrices en rangeant le politique du côté de l’éthique individuel, il incombait aux néolibéraux l’ultime tâche de faire rentrer tout un chacun dans le moule du monde du travail (à l’époque nous étions trop nombreux pour être, juste, marginalisés). Ainsi dans la continuité de ’’la parfaite souveraineté du soi sur soi’’ à laquelle aspire le sujet postmoderne, le néo-libéralisme propose à cette époque, inspiré par la cybernétique, une ré-organisation de la société en réseau « où la communication se fait d’un voisin à un voisin quelconque, où les tiges ou canaux ne préexistent pas, où les individus sont tous interchangeables, se définissent seulement par un état à tel moment » Deleuze et Guattari, Mille Plateaux. Dans la continuité de la pensée rhizomatique de Deleuze et Guattari, le capitalisme les prend de court pour en faire la doctrine d’une société constituée d’individus pensés comme des « particules élémentaires » contractant les unes avec les autres et qui ne connaissent d’autres lois que celles auxquelles elles consentent dans leurs rapports contractuels avec les autres monades. Une fois transposé au monde du travail on dit au revoir à monsieur Taylor et bonjour à monsieur Uber. On n’a plus à faire aux tic-tac tayloriens mais à la réaction en « temps réel » de signaux.

« Brandi par eux comme un emblème de la radicalité, le rhizome pourrait aujourd’hui servir de logo au capitalisme globalisé. »
Alain Supiot– La Gouvernance par les nombres

Loin de ce texte (même s’il peut en donner l’air) l’idée d’accuser les penseurs postmodernes d’avoir fourni au Capital ses armes les plus acérées ! Nous verrons par la suite comment certaines de leurs intuitions pourront nous servir pour penser la contre-attaque. Ensuite l’imbrication entre néolibéralisme et pensée postmoderne est ici présentée de manière très schématique et il est évident qu’un travail plus approfondi permettrait de mettre en lumière des différences. Enfin une chose est sûre, si le capitalisme a su se jouer des attaques qu’il subissait pour penser l’ubérisation et la marchandisation d’une subjectivité amplifiée et scopique, aucun de ces penseurs ne souhaitait aller dans ce sens. Cela étant dit, il nous paraissait important, à nous étudiants de Paris 8 2024, issus de cet héritage, d’interroger comment nous sommes passés, dans ce qui semble être presque un même mouvement, de Paris 8 à Uber Eats.
De plus, cette prétentieuse acrobatie permet de mettre en lumière une autre intuition des QLF : si le dernier vrai soulèvement étudiant en date, à savoir mai 68, était celui d’une jeunesse qui voulait faire exploser le sujet, insistant sur un ’’individu roi’’ libéré des mœurs et de toute hétéronomie, il est probable qu’à terme, les étudiants réclament une sorte de mai 68 inversé (nous disons mai 68 inversé aux vues de ce que mai 68 est devenu aujourd’hui). En clair, un retour à une communauté particulièrement soudée, une sorte d’éloge de la stase fasse aux flux incessants d’un néolibéralisme qui nous somme de nous « adapter ». C’est en tout cas ce besoin que peuvent parfois ressentir les étudient des QLF : celui de reformer des villages loin de la globalisation et de vivre à « contretemps » de la temporalité excessivement rapide du néolibéralisme. Cela afin de prendre du recul et de développer la capacité d’observer les faits à la distance critique nécessaire pour affirmer peut-être, des idées réellement nouvelles. A ce titre, les ronds-points étudiants espèrent répondre aux attentes sans pour autant tomber dans le culte de la marginalité.

« Bref tout est politique, mais tout est à la fois macropolitique et micropolitique. »
Deleuze et Guattari – Mille Plateaux

En 1988, Madsen Pirie cofondateur et actuel président de l’Adam Smith Institute, publie son ouvrage Micropolitics. Sans pour autant connaître l’existence du concept de micropolitique de Deleuze et Guattari, Madsen Pirie montre à quel point l’organisation de la société en particules individuelles peut-être profitable au néolibéralisme. Sous sa plume, le micropolitics devient une vraie ingénierie politique qui consiste en « l’art de générer des circonstances (…) dans lesquelles les gens prendront individuellement et volontairement des décisions dont l’effet cumulatif sera de faire advenir l’état de choses désiré ». Pour le dire autrement, Pirie en appelle à l’orientation des choix individuels qui, une fois mis bout à bout, mettront en place ’’l’état des choses désiré’’ à savoir la société néolibérale. Le micropolitcs part du principe que l’appréciation des effets individuellement profitables primera sur les causes, la grande question du choix de société se dissolvant dès lors dans les ’’minuscules questions d’une société de choix’’ [13]

[13] Grégoire Chamayou – La société…

 : « les choix sont-ils progressivement faits par les individus, et, au fil des mois et des années, ils produisent cumulativement la nouvelle réalité. Les révolutions les plus sûres sont celles que les gens font pour eux-mêmes au cours du temps (…) La plupart des succès de la micro-politique ont précédé l’acceptation générale des idées sur lesquelles elles se fondaient. Dans bien des cas, c’est le succès de ces politiques qui a conduit à la victoire de l’idée plutôt que l’inverse. » [14]

[14] Micropolitics – Madsen…

. La table était renversée et la bataille des idées éludée.

« L’idéologie réside bien plus dans la manière d’être des Hommes que dans ce qu’ils croient. »
Horkheimer –Raison et conservation de soi

Dans le néolibéralisme, le lieu d’intervention se déplace de la strate manifeste des comportements (intervention dans la pratique même) aux conditions de possibilités des comportements. Cette intervention a-priori s’est évidemment répercutée aussi dans la jeunesse et dans les universités. La notion de ’’circuit imprimé’’ donnée aux universités par les QLF prend tout son sens.

Ces procédés machiavéliques de micropolitiques interrogent aussi très bien l’aphorisme du Comité Invisible selon lequel : « un geste est révolutionnaire, non par son contenu propre mais par l’enchaînement des effets qu’il engendre ». Dans ce sens et dans la continuité de la tactique de Pirie, la pré-politique est révolutionnaire. Les QLF tentent de s’arracher de ce circuit imprimé afin de proposer à leur tour des conditions de possibilités alternatives de nos comportements au sein des facs : vols, fêtes, solidarité pirate, rigolades, le tout le plus possible à distance de l’Etat, de la marchandise et du smartphone. Hayek, fondateur du libéralisme, voulait « détrôner la politique », force est de constater que cela a plutôt bien fonctionné, même si cette bataille est toujours en cours. En période d’accalmie et pour sortir du mouvementisme nous devons travailler à la retrôner, notamment via les mêmes procédés qui ont servi à la dégager.

« Du point de vue de la micro-politique, une société se définit par ses lignes de fuite, qui sont moléculaires. Toujours quelque chose coule ou fuit, qui échappe aux organisations binaires, à l’appareil de résonance, à la machine de surcodage. »
Deleuze et Guattari – Mille Plateaux

« Je crois que l’inquiétude d’aujourd’hui concerne fondamentalement l’espace, sans doute beaucoup plus que le temps ; le temps n’apparaît probablement que comme l’un des jeux de distribution possibles entre les éléments qui se répartissent dans l’espace. » Foucault –Des espaces autres. Hétérotopies

Nous l’avons suggéré au début de ce texte : l’important est de produire des affirmations. La force du politique, là où se loge son universalisme, là où le politique devient un authentique moteur qui met en mouvement les corps, réside dans la positivité. Jamais dans la réaction, la négation ou la victimisation. Pour sortir de cet immobilisme et tenter de produire un nouveau dictionnaire de la politique d’émancipation, il est nécessaire de trouver des espaces pour expérimenter et penser ces affirmations. Cela doit être notre première bataille et notre première victoire. Victoire sans laquelle il se révélera impossible de produire quoi que ce soit. Sans condition de possibilité pas de possibilité. La priorité est à la construction de nouvelles formes et espaces de contre-cultures, celles de notre temps. Il s’agit de faire exister, dans la pensée et la praxis, la possibilité de lier un diagnostic critique de l’état de la société à des possibilités pratiques de lutter contre et de faire exister une autre réalité. C’est à cet endroit que l’affirmation émerge. La contre-culture se doit d’être à la fois dans et contre l’air du temps, « par delà tout purisme idéologique » [15]

et porter attention à ce qui marche en ce moment. La forme-rond-point des QLF n’en est qu’une esquisse, cela pourrait-être beaucoup plus fort, devenir une vague.

« Nous décidons d’en appeler à toutes celles et tous ceux qui sont prêts à défendre (…) cette énergie presque invisible, transformatrice de l’espace public, où chacun peut et doit faire état de sa capacité d’inaugurer. Nous proposons de produire des formes et des idées, des images et des textes, nous proposons de produire des rencontres brèves, graves ou festives dont l’apparente inconsistance dissimule la puissance souterraine et mobilisatrice. »
Marie José Mondzain – Confiscation des mots, des images et du temps : pour une autre radicalité

C’est cette énergie presque invisible mais salutaire que les QLF caressent. Une sorte de pré-politique qui commence par la réappropriation de l’espace. Dans Des espaces autres, Foucault propose le concept d’hétérotopie au sujet d’espace jugé à part dans le tissu urbain. Des espaces qui cristallisent une ’’contestation à la fois mythique et réelle de l’espace où nous vivons’’. Au vu de la définition qu’il en donne, nous pensons que les rond-point étudiants font partie de ces hétérotopies  :

  • Le rond-point étudiant juxtapose en ’’un seul lieu réel plusieurs espaces, plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles’’. Le néolibéralisme dicte un ’’code de la route’’ [16][16] « Les fonctionnaires peuvent […] réguler le trafic… qui dans le ’’circuit-imprimé’’ universitaire impose l’itinéraire métro-couloir-classe. S’installer dans un couloir et en faire un rond-point c’est proposer un hors-piste au sein même du circuit.
  • « Les hétérotopies supposent toujours un système d’ouverture et de fermeture qui, à la fois, les isole et les rend pénétrables. En général, on n’accède pas à un emplacement hétérotopique comme dans un moulin. Ou bien on y est contraint (…) ou bien il faut se soumettre à des rites et à des purifications’’. Loin de contraindre qui que ce soit, participer au rond-point étudiant c’est accepter de prendre consciemment [17][17] Les rond-points QLF s’accompagnent toujours de… une crêpe au Nutella volé. C’est aussi accepter de rompre avec le rythme universitaire, d’assumer qu’on occupe le passage (souvent avec de la musique à haut décibel), en bref c’est se soumettre aux rites de la contre-culture.
  • Enfin, ’’les hétérotopies sont liées, le plus souvent, à des découpages du temps, c’est-à-dire qu’elles ouvrent sur ce qu’on pourrait appeler par pure symétrie des hétérochronies. L’hétérotopie se met à fonctionner à plein lorsque les hommes se trouvent dans une sorte de rupture absolue avec leur temps traditionnel’’. Loin du flux permanent d’information qu’un étudiant reçoit perpétuellement en pleine gueule et auquel il doit s’adapter et réagir (en cours, dans le métro, via les notifications du smartphone, etc.), le rond-point QLF propose une temporalité plus apaisée où les sollicitations incessantes sont suspendues. Prolongeant l’analyse de John Dewey pourqui l’évolution positive et collective de la société ne se fera que dans un respect de la tension entre stase et flux, nous pensons que les ronds-points étudiants peuvent être une ’’figure positive du retard’’ promouvant les habitudes, la notion de communauté locale et les relations vivantes de face à face. C’est dans ce genre d’hétérochronie qui laisse place à la réunion qu’émergeront les nouvelles idées, loin du piège qui laisse à penser que la dissémination subjective d’idées politiques sur les conversations digitales suffirait : ’’seul un échange intime et forcément d’une portée réduite peut donner lieu à des attachements profonds et vitaux’’ [18][18] John Dewey – The Public and its….

« Buissonnante, l’évolution ne suit par avance aucun telos, mais explore tout au contraire une multiplicité de directions, à la fois cohérentes, cumulatives et divergentes. Hétérogène, elle ne se départira jamais de l’hétérochronie des rythmes évolutifs, incompatible avec le rythme uniforme exigé par les cadences industrielles (…) . Imprévisible, son seul sens restera toujours de produire des « différences radicales », en contribuant à libérer les potentialités nouvelles que chaque nouveau venu apporte avec lui, et en prenant pour cela le risque de la confrontation collective. »
Barbara Stiegler – Il faut s’adapter : sur un nouvel impératif politique

En résumé, tout n’est pas encore perdu. D’un côté, le néolibéralisme continue d’avancer ses pions. Petit à petit, discrètement, à coup de micropolitique et d’algorithmes, il s’immisce toujours davantage dans nos existences et nos modes de vie. Si la partie est mal engagée, avancer ses pions c’est partir du principe que l’on est pas encore échec et mat. La bataille est encore en cours, à nous maintenant d’être à la hauteur de nos ambitions, ou plutôt de notre ennemi. Ce qui est paradoxal, c’est que cette grande ambition se matérialise aussi, voir surtout, dans l’insaisissable création d’une toile d’araignée de micropolitique.
Bien sûr, le rond-point n’est pas une fin en soi. Comme avec les Gilets jaunes, il devra s’accompagner d’autres choses. Mais le pari des QLF est que pour reconstituer des organisations étudiantes autonomes de masse, il faut commencer par fuir l’entre soi militant et la ’’radicalité abstraite’’ [19]

[19] « Il faut considérer le tact comme la vertu cardinale…

.
Il s’agit maintenant de relier la pensée, la parole et le geste, de trouver d’autres modes d’actions que les rond-points et le vol organisé, pour espérer un jour effleurer à nouveau l’hégémonie culturelle des pensées communistes [20]

[20] Il faudra notamment commencer par trouver un autre mot…

, comme ce fut le cas à une époque dans beaucoup de pays d’Europe. Organiser des concerts gratuits et des auto-réducs, généraliser la pratique du hack informatique et peut-être même (soyons fous) trouver un lifestyle, un style de musique, un langage propre à une contre-culture. Quoi qu’il en soit c’est dans la pratique que les meilleures idées referont surface.

Nous avons conscience que ce texte peut paraître relativement abstrait, à Paris 8 on a toujours été un peu perchés et dans les amphis on a beaucoup de temps alors on gratte… Sans apporter beaucoup de réponses concrètes, nous espérons néanmoins qu’il participera à l’effet d’émulation en cours quant à la question de l’état des universités à l’aube de 2025.
Tout reste à faire, alors le meilleur est devant nous.

« Ce qui donne le plus à penser est que nous ne pensons pas encore, toujours pas encore, bien que l’état du monde devienne constamment ce qui donne davantage à penser. » Heidegger – Qu’appelle t-on penser ?

[1] « En 2023, les murs des facs chargés de tags et d’inscriptions politiques ne peuvent rien y faire, à l’intérieur de celles-ci, plus rien ne résonne. » https://lundi.am/Une-MALA-et-ca-repart

[2] « En remontant aux commencements même du capitalisme, il y a toujours eu un petit groupe d’hommes et de femmes qui ont désapprouvé l’influence omniprésente du marché libre sur la civilisation dans laquelle nous vivons. On appelait ce groupe « les intellectuels » ce sont les ancêtres de notre « nouvelle classe » » Irving Kristol – Buisness and « The New Class »

[3] Lewis Powell – Attack on American Free Entreprise System

[4] « Les philosophes n’ont fait qu’interpéter le monde de diverses manières mais ce qui importe, c’est de le transformer » Karl Marx – 11e thèse sur Feurbach

[5] Littéralement : ’’Voie du Ninja’’ dans Naruto Shippuden Chapitre 103

[6] « Les QLF tentent de fédérer une communauté étudiante à partir d’un ensemble de pratiques que l’on définirait comme pré-politique : se réunir autour d’un banquet gratuit avec de la nourriture volée, défier l’administration pour brancher une machine à barbe papa, rencontrer des étudiants et étudiantes pendant une brésilienne ou un jeu de fléchettes… » https://lundi.am/QLF-nouveau-parti-pris-etudiant

[7] « La critique de tout cela me semble aujourd’hui difficile à raison de ce que sa critique donne le monopole à la négativité, c’est à dire à la critique. Au fond, une possible critique de ces phénomènes peut être construite, propagée, etc. mais elle est dépourvue de positivité » Alain Badiou dansLe Déclic

[8] A ce titre les QLF ambitionnent de »faire le communisme moins que le dire » https://lundi.am/Reponse-a-QLF-depuis-Tolbiac

[9https://lundi.am/QLF-nouveau-parti-pris-etudiant

[10] Liasse billets en argo

[11] Foucault – Histoire de la sexualité

[12https://lundi.am/QLF-nouveau-parti-pris-etudiant

[13] Grégoire Chamayou – La société ingouvernable

[14] Micropolitics – Madsen Pirie

[15https://lundi.am/QLF-nouveau-parti-pris-etudiant

[16] « Les fonctionnaires peuvent […] réguler le trafic sur les routes. […] Mais si, au lieu de définir les droits de tous les conducteurs, ils essaient de prescrire à chacun sa destination, de lui dire quand il doit partir, par quelle route il doit passer, et l’heure à laquelle il doit arriver […] [on] pense qu’ils peuvent diriger, non seulement le trafic sur les grandes routes, mais aussi toutes les occupations de tous les hommes » Lippmann – The Good Society
« Le mouvement est dicté par celui du flot et par les règles du code de la route. » La société industrielle et son avenir – Théodore Kaczynski

[17] Les rond-points QLF s’accompagnent toujours de nourriture gratuite et d’une banderole ’’c’est volé donc c’est gratuit’’ premier moyen de créer une forme de participation passive à la subversivité.

[18] John Dewey – The Public and its Problem

[19] « Il faut considérer le tact comme la vertu cardinale des révolutionnaires et non la radicalité abstraite. » – Comité invisible

[20] Il faudra notamment commencer par trouver un autre mot que celui-ci…

Article Lundi Matin : « QLF : nouveau parti pris étudiant »

« Nous pensons que c’est par ces méthodes pirates et ces lieux de rencontres qu’on pourra lutter sérieusement. »

paru dans lundimatin#449, le 29 octobre 2024

Depuis les années 50 et la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, les universités françaises sont connues pour être l’un des principaux vecteurs de politisation de la jeunesse. Mai 68, loi Devaquet, mouvement contre le CPE, la LRU, etc. la plupart des mobilisations les plus vives de ces dernières décennies ont démarré dans les couloirs gris de quelques facs. Si certains ont pu regretter ou fantasmer l’influence des savoirs dispensés par quelques professeurs gauchistes, qui a vécu un mouvement étudiant sait que c’est d’abord une certaine flexibilité subjective qui fait le terreau de ces mobilisations. L’étudiant, c’est cet être social interlope que l’on ne peut plus enfermer toute la journée dans une classe de lycée et qui peut se débrouiller pour travailler le moins possible, il a donc du temps. Évidemment, tout est fait pour qu’une telle disponibilité ne puisse plus s’actualiser dans quelque chose de subversif, le relatif chaos qui nimbait pendant des décennies les universités a doucement mais sûrement été mis en ordre par l’injonction à réussir et ses milles petits dispositifs de mise au pas. La misère en milieu étudiant n’étant pas une fatalité, des élèves fraîchement inscrits dans le supérieur nous ont transmis leur plan d’action : QLF. Ils proposent de prendre la sociabilité étudiante et son quotidien comme point de départ et de se constituer en force depuis-là. Comme ils comptent voir tous les campus renouer avec les moments les plus glorieux de leur histoire, ils ont décidé de rendre la proposition publique [1]

[1] En rédigeant ce chapeau, nous nous sommes souvenus….

« Payant comme une vue sur la mer, gratuit comme une vue sur Uranus. »
PNL, Uranus

Nous sommes plusieurs dizaines de milliers dans les universités franciliennes, mais nos campus sont de plus en plus vides. Nous devons combler ce vide, proposer quelque chose de nouveau dans nos vies étudiantes, reprendre en main nos quotidiens. Dans une France, où la vie est toujours plus chère et ennuyeuse, il est crucial d’agir. Actuellement quelles sont les tendances politiques qui proposent une organisation de nos avenirs ?

Du côté institutionnel, en Île-de-France, les élections des représentants des étudiants au sein des Crous ont placé trois listes en tête : l’Union Etudiante, l’UNEF, et la FAGE.

Les trois syndicats partagent tous des tendances sociales démocrates. Ils sont habitués à de longues discussions interminables avec l’administration, sans aucun rapport avec la vie directe des étudiants et étudiantes. On peut résumer leur action politique par ce slogan : ‘’Du progrès dans l’ordre’’. Cette logique n’amène qu’à un seul chemin : l’obéissance.

« Demander la victoire et n’avoir pas envie de se battre, je trouve que c’est mal élevé. »

Du côté radical, il existe des initiatives promouvant l’anticapitalisme. Quelle que soit la justesse de ces théories, les groupes s’en revendiquant s’enferment dans des dynamiques groupusculaires qui n’arrivent pas à faire machine avec l’extérieur. Auto-référencement, spécialisation du discours, carte d’identité politique demandée à l’entrée des AG… L’autonomie universitaire nous paraît nager à contre-courant. Au sein d’une époque à ce point désorientée, il nous semble impossible, avec ce genre de pratiques, de s’aligner avec le reste de l’université et de ses habitants. Ce sont des parallèles inspirantes mais les parallèles ne se croisent pas.

Du coté administratif, on peut parler d’une politique beaucoup plus gazeuse avec la promotion des BDE étudiants qui ne proposent que des vacances et des soirées hors de prix, dans un style propre aux futurs cadres de la société. Structure hiérarchique, sélection économique, et silence radio sur les aspirations des étudiants, les BDE ne sont que le reflet de notre société égoïste.

Nous faisons aussi face à l’architecture des facultés : les couloirs universitaires sont devenus de gigantesques circuits-imprimés dans lesquels l’étudiant s’engouffre dès qu’il sort des transports. Métro-couloir-salle de classe, salle de classe-couloir-cantine, cantine-salle de classe-couloir-métro… Toujours plus de mobilités, toujours moins de rencontres.

Voilà notre routine où chaque espace est ponctué avant et après d’une séance d’écran bleu. Le smartphone est venu substituer le manque d’espace vivant et de vie sociale au sein des facs, rendant par là même ce vide « acceptable ».

« Les vides ont un sens : ils disent haut et fort la gloire et la puissance de l’Etat qui les aménage. »

Cette ’’techno-gouvernementalité’’ de la vie est notre ennemi direct. Elle est le projet politique non déclaré et impersonnel le plus expansif et structurant de notre histoire. Son pouvoir est sans cesse plus prégnant sur nos existences, sur notre espace et sur notre temps.

Le smartphone comme agent provocateur de la séparation entre tous. Le téléphone a dématérialisé la relation humaine jusqu’à l’extrême, où les douleurs sont devenues de simples informations. Il nous a plongé dans des boucles d’addictions qui nous isolent. Face à cela, offrons la beauté de l’imprévu, du hasard, offrons le quotidien du militant qui est de ne pas avoir de quotidien. Opposons à l’espace lisse du smartphone, l’espace imprévisible du réel.

C’est à nous militants de recréer un espace, de l’imposer et à terme d’en faire ressentir le manque et le besoin.

« Un véritable engagement révolutionnaire commence par le grand débarras des tares de la routine, par le rejet de l’institutionnalisation, par le refus de la récupération dans les cadres de la protestation symbolique, par l’abandon des rituels et des comportements puristes de la marginalité. C’est le processus stratégique dans lequel on se place qui est déterminant : comment on s’oppose à la domination et, armés d’une juste cause, on participe à l’émancipation. »

L’idée première est de s’organiser dans les facs par-delà tout purisme idéologique, loin de l’ennui qui y règne et depuis l’infinie diversité des profils qui s’y croisent sans jamais se rencontrer. Il s’agit simplement de prendre parti pour le quotidien, de le prendre au sérieux et de le façonner selon nos besoins et nos ambitions. Ce mouvement qui part du quotidien nécessite un processus d’ouverture large qui s’adresse à tout le monde. La mission, c’est de provoquer les rencontres, d’organiser leurs répétitions et de s’assurer que tout ce qui en émane saura coopérer pour résister et s’opposer à ceux qui voudront l’empêcher.

« Ce que je suis, c’est où est-ce que j’engage mes forces, comment je me bats, et vers quel objectif. »

La tâche des QLF est d’abord de construire des espaces, de se les approprier par rapport à ce que l’on veut et de se poser comme premier objectif la sociabilité sur le campus. Montrons que la fac n’est pas un simple lieu d’étude et d’examen, mais un espace qui nous appartient, que l’on peut transformer selon nos volontés. Réapproprions-nous ces lieux à travers des horizons ouverts comme la gratuité, le vol, les bons plans, les soirées…

Les réseaux QLF définissent ce qu’ils ne veulent pas à partir de ce qu’ils veulent

Qu’attendons-nous du quotidien lorsqu’on est à la fac ? On veut des espaces à nous, festifs, sympathiques, gratuits, et libres. Il s’agit de s’extraire de la pression de l’emploi du temps, de fuir les couloirs déprimants et de trouver des solutions immédiates et pratiques à la vie chère.

« La contestation c’est lorsque que je dis que ça ne me convient pas, la résistance c’est lorsque que je fais en sorte que ce qui ne me convient pas ne puisse pas durer plus longtemps. »

La pratique politique des QLF se fait à partir de lieux. On peut parler d’une forme de délocalisation du rapport politique qui se base habituellement sur des rapports idéologiques et doctrinaires. Cette délocalisation, si nous voulons la mener à bien, nécessite aussi d’effectuer un travail sur nous-mêmes, de combattre l’entre soi, et de miser sur l’humilité, la responsabilité et la confiance.

« Une forme d’organisation simple, uni-dimensionnelle, est en réalité la moins « anonyme » de toutes : à chaque fois qu’elle prend l’initiative, elle est contrainte d’exhiber sa nature entière : elle est donc continuellement contrainte de choisir entre paralysie politique et aventurisme organisationnel. Ce qu’il faut en revanche, c’est une grande richesse, une large multiplicité de formes, d’expressions et d’actions. »

— Pose de table et récupération de lieu au sein des facs : banquet & installation de magasins gratuits.

— Diffusion des bons plans de chaque université : machine à distribuer sabotée, distribution de sandwichs, échanges de devoirs…

— Organisation de soirées étudiantes inter-facs, qui rassemblent la masse étudiante sans sélection économique. Une vraie ambiance discothèque avec un côté gratuit-thèque.

— Feux de joie et d’artifices à l’heure de l’apéro.

— Chasses aux trésors dans les supermarchés.

— Propagande sur les réseaux sociaux pour populariser les QLF, avec un certain sens du montage et de l’humour. Plus la communauté se développe, plus les QLF proposeront des tutos pour se faciliter la vie : tuto vol, tuto fraude, tuto numérique (crack de logiciel, Netflix, Spotify & match de foot en accès libre).

Évidemment, les possibilités d’actions ne sont pas parfaitement définies, (chaque fac aura à trouver sa propre originalité en s’appropriant les QLF) mais nous sommes sûrs que celles-ci se dessineront dans le feu de l’action, sans jamais séparer le dire et le faire.

« Sans application organisée, pas de plan d’épreuve, pas de vérification, pas de vérité. »

Nous pensons que c’est par ces méthodes pirates et ces lieux de rencontres qu’on pourra lutter sérieusement, en réussissant à connecter différentes universités entre elles à partir d’un projet commun, capable de généraliser des pratiques et d’être un véritable moteur dans les luttes nationales qui nous attendent.

« N’imaginez pas qu’il faille être triste pour être militant, même si la chose qu’on combat est abominable. C’est le lien du désir à la réalité qui possède une force révolutionnaire. »

https://www.instagram.com/reel/DBWn3bit7v4/embed/captioned/?cr=1&v=14&wp=540&rd=https%3A%2F%2Flundi.am&rp=%2FQLF-nouveau-parti-pris-etudiant#%7B%22ci%22%3A0%2C%22os%22%3A1964%2C%22ls%22%3A577%2C%22le%22%3A1906%7D

Les QLF naissent de l’intuition des gilets jaunes. Sur un rond-point on se rencontre et on décide quelle orientation prendre ensemble.

Les ronds-points étudiants ont été créés plusieurs fois depuis la rentrée universitaire 2024 et à chaque fois, ils ont fonctionné. Bon, peut-être aussi parce que des crêpes et des sandwichs gratuits ça ne se refuse pas et que ça change de l’ambiance des queues pour quémander un panier alimentaire.

Mais ça va au-delà, le mal être étudiant est tel que même les organismes de santé diagnostiquent « une épidémie de solitude dans la jeunesse ». Qui n’a pas autour de soi des amis en dépression ou des camarades d’amphi complétement seuls ? Toutes ces pensées noires + la hess qui règnent dans les universités imposaient de prendre politiquement la situation en main.

Les QLF tentent de fédérer une communauté étudiante à partir d’un ensemble de pratiques que l’on définirait comme pré-politique : se réunir autour d’un banquet gratuit avec de la nourriture volée, défier l’administration pour brancher une machine à barbe papa, rencontrer des étudiants et étudiantes pendant une brésilienne ou un jeu de fléchettes… Ces moments sont pré-politiques, ils forment un « NOUS », créent un sentiment d’appartenance, développent « un inconscient communal  [2]

[2] Si on veut pousser l’idée jusqu’au…

 ». Les ronds-points qu’on met en place permettent d’aimer un lieu, de se battre pour le faire exister, et de le défendre si l’occasion se présente. La pré-politique commence par une situation et un lieu : sa puissance est bien plus importante que la fidélité à une idée morte-vivante de la politique.

« Se battre pour un lieu précis, ce n’est pas la même chose que se battre pour une idée. »

Pour contrer l’argument du ‘’la pré-politique dissout la politique’’, les QLF répondent que la politique est une affaire d’intensification et nous sommes sûrs que les organes qui soutiennent aujourd’hui la vie collective quotidienne seront les plus à mêmes pour organiser les soulèvements du futur.

« Je refuse qu’on soit soumis, je sors le gala. »
PNL, 91’s

Echangeons via @quelafac sur insta et préparons l’extension de la gratuité étudiante.

Rappel Séminaire du collectif ce mercredi 17 + code Zoom

La prochaine séance se déroulera ce mercredi 17 décembre 2025 à 20 h 30 au CICP

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d’un lien Zoom
Lien Zoom
ID de réunion: 897 3875 3584
Code secret: 498945
Zoom réunion

Nous vous attendons le 17 décembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Plan de la ligne 9

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.


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Poèmes

En lien avec cette séance du séminaire, lire ces deux poèmes de Jorge Luis Borgès qui sont, à leur façon, une expression d’une épistémologie du devenir :

Les FleuvesNuages
Nous sommes le temps
Nous sommes la fameuse
parabole d’Héraclite l’Obscur,
Nous sommes l’eau, non le diamant dur,
celle qui se perd, non celle qui repose.
Nous sommes le fleuve et sommes ce Grec
qui se mire dans le fleuve. Son reflet
change dans l’eau du changeant miroir,
dans le cristal qui change comme le feu.
Nous sommes le vain fleuve fixé d’avance,
en route vers sa mer. L’ombre l’a encerclé.
Tout nous dit adieu, tout s’éloigne.
La mémoire ne frappe pas sa monnaie.
Et pourtant il y a quelque chose qui reste
et pourtant il y a quelque chose qui geint.
Extrait de: 
1985, Les Conjurés
Nulle chose au monde qui n’ait été
nuages. Nuages, les cathédrales,
vitraux bibliques et roc monumental,
que rasera le temps. Et l’Odyssée,
changeante comme la mer. Et distincte
chaque fois que nous l’ouvrons. Ton visage
dans le miroir reflète une autre image
et le jour un incertain labyrinthe.
Nous sommes ceux-là qui partent. Profus
le nuage qui s’efface au couchant
est à notre semblance. Constamment
la rose en autre rose se transmue.
Tu es nuage et mer, tu es oubli.
Tu es aussi les choses qui t’ont fui.
Traduit de l’espagnol par Jacques Ancet
In, Jorge Luis Borges : « La proximité de la mer »
Editions Gallimard, 2010

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Vignette séminaire

A vos agendas : Prochain séminaire du Collectif Malgré Tout, Mercredi 21 janvier 2026

Seminaire du collectif

La prochaine séance se déroulera le Mercredi 21 janvier 2026 à 20 h 30 au CICP

Nous vous attendons le 21 janvier 2026 à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d’un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.Zoom réunion

A vos agendas : Prochain séminaire du Collectif Malgré Tout, mercredi 17 décembre 2025

Seminaire du collectif

La prochaine séance se déroulera le 17 décembre 2025 à 20 h 30 au CICP

Nous vous attendons le 17 décembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d’un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.Zoom réunion

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Controffensive – Resistere qui e ora: 13 décembre, 10:00 – Palermo – Italia

Controffensive – Resistere qui e ora: 13 décembre, 10:00 – Palermo – Italia

Via Vittorio Emanuele, 463
Palermo

  • Miguel Benasayag
    FILOSOFO E PSICOANALISTA
  • Luca Casarini
    ATTIVISTA E CAPOMISSIONE MEDITERRANEA
  • Cristina Alga
    PRESIDENTE MARE MEMORIA VIVA ETS
  • Lina Issa
    MADRE E ARTISTA
  • Anna Staropoli
    SOCIOLOGA E DOCENTE FACOLTÀ TEOLOGICA
  • MODERA
    Martino Lo Cascio

RESISTERE QUI E ORA CONTR OFFENSIVE
organizzato da PerEsempio nottedoro in collaborazione con con il supporto di caritas
PLAZA I OPERA

Pontificia Facoltà Teologica di Sicilia “San Giovanni Evangelista”

A vos agendas: Mercredi 10 décembre, présentation du livre « N’être plus qu’un objet » organisé par Rencontres et débats Autrement.

Rencontres et débats Autrement vous invite à rencontrer Jean-Michel Besnier le mercredi 10 décembre à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage paru aux éditions Hermann : « N’être plus qu’un objet ».

Jean-Michel Besnier est philosophe, professeur émérite de l’université Paris-Sorbonne, spécialiste de la philosophie des techniques. Il a écrit entre autre:
Demain les posthumains : le futur a-t-il encore besoin de nous ? L’Homme simplifié : le syndrome de la touche étoile, Histoire des idées, Un cerveau très prometteur : conversation autour des neurosciences.

Le café de la mairie


Traiter l’humain comme un objet a souvent suscité réprobation et indignation. À juste titre, philosophes et humanistes y ont vu la marque de l’asservissement, de l’aliénation, de la réduction de l’individu à un numéro… Or les développements technologiques de ces dernières décennies dévoilent un phéno­mène surprenant. L’attirance pour les objets dits intelligents est devenue universelle et quasi vitale. Mais nous n’attendons pas seulement des chatbots qu’ils nous « parlent », des IA qu’elles « raisonnent » ou des algo­rithmes qu’ils « prennent des décisions ». Nous voulons leur ressembler, et nous nous laissons traiter comme des objets dans l’espoir d’acquérir leurs qualités : être toujours hypercon­nectés, réparables, améliorables, renouvelables, voire devenir immortels…

Retraçant l’histoire de nos relations ambivalentes avec les objets, ce livre analyse cet étrange désir de n’être plus qu’un objet, quitte à en finir avec la conscience, la finitude et la vie.

Le mercredi 10 décembre 2025 au Café de la Mairie,

8 Place Saint Sulpice. 19H00 à 21 H
(Métro Saint Sulpice ligne 4)

Salle à l’étage, chaque participant commandera au serveur une consommation à son arrivée.
Merci de vous inscrire sur le lien ci-dessus.

Au plaisir de vous revoir.

Christian


Vidéo

En attendant, revoir la présentation du livre la singularité du vivant, en présence de Jean-Michel Besnier

Rappel : Demain soir, séminaire du Collectif Malgré Tout + code Zoom

La prochaine séance se déroulera demain 19 novembre 2025
à 20 h 30 au CICP

Nous vous attendons demain à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien zoom ci-dessous).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.

Lien zoom:
https://us02web.zoom.us/j/85496081881?pwd=ubzWX7Yir8jkrO2QE6bcmba2vfnkAu.1

ID de réunion: 854 9608 1881
Code secret: 963546
Zoom réunion

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A vos agendas : Prochain séminaire du Collectif Malgré Tout, mercredi 19 novembre 2025

Seminaire du collectif

La prochaine séance se déroulera le 19 novembre 2025 à 20 h 30 au CICP

Nous vous attendons le 19 novembre à 20h30 au CICP : 21 ter rue Voltaire – 75011 Paris. Il sera également possible de suivre le séminaire en direct et de participer en visioconférence sur Zoom (lien communiqué 48 h avant la séance).

Axes de travail 2025/26
Comprendre et agir dans la complexité : vers une théorie de la situation


Présentation

Ce que l’on nomme aujourd’hui la « crise de l’Occident » correspond à l’éclatement du dispositif binaire qui opposait l’homme-sujet cartésien, maître et possesseur de la nature, à un monde-objet. L’effondrement de cette cosmovision et de son axe central – le « sens de l’histoire », qui orientait nos actes vers un futur-promesse – nous confronte désormais à une dispersion radicale. Là où la modernité percevait des processus convergents, lisibles et maîtrisables par la rationalité, nous ne rencontrons plus qu’une multiplicité de parties déliées, sans tout.

Face à cette déliaison, se multiplient les prétendants à l’instauration d’un nouvel ordre social : technocrates de la Silicon Valley, fondamentalismes identitaires ou religieux, tribus postmodernes, et jusqu’à l’individu lui-même, héritier d’un individualisme désormais vidé du sens que la modernité lui conférait. Tout se passe comme si nous étions condamnés à choisir entre un nihilisme individualiste et une nouvelle métaphysique de la promesse.

Objectifs

Dans ce contexte, l’objectif de ce séminaire peut se résumer ainsi : chercher une nouvelle « terre ferme » permettant de structurer un agir et donc une réalité qui échappe à ces deux impasses. Ce point d’ancrage, ce « lieu où atterrir », il faut, selon nous, le chercher dans une pensée de la situation capable d’éviter à la fois l’abstraction de l’universel abstrait et le relativisme réducteur.

Nous tenterons donc d’esquisser les contours de ce que l’on appelle aujourd’hui une situation. Car, étonnamment, ce concept demeure privé d’une véritable théorie qui en établisse les fondements en tant qu’unité unifiante. Pour reprendre une formule de saint Augustin : si chacun saisit intuitivement ce qu’est une situation, cette évidence se dérobe dès lors qu’on en interroge l’être même.

Retrouvez sur le site du collectif, les dates de séminaires, ainsi que les vidéos des précédentes séances.

Nous vous donnons rendez-vous à 
20 h 30 au CICP de Paris (21ter Rue Voltaire, 75011).

Comme toujours, l’entrée est libre et sans inscription.
cicp

La station de métro Rue des Boulets est située sur la Ligne 9 du métro de Paris.

Elle est desservie en correspondance par le bus 56.

Il sera également possible de suivre la réunion et d’intervenir par visioconférence à partir d’un lien Zoom qui sera communiqué 48 H avant la séance.Zoom réunion

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