Petites réflexions sur la complexité

Commençons par éclaircir un argument trop souvent brandi à l’encontre de José Bové, celui de l’illégalité de certaines de ses actions. Les défenseurs auto-proclamés de la démocratie sont pour le moins contradictoires : on nous dit que tout doit être légal, qu’aucun de nos actes ne doit sortir du cadre de la loi et qu’aucune marge délimitée par la légitimité, quitte à ce qu’elle ne soit pas tout à fait légale, ne peut être tolérée. Très bien. Mais à ce rythme-là, une société se condamne à ne pas pouvoir avancer, à ne pas pouvoir résoudre les plus graves problèmes qu’elle affronte. Pensons à l’avortement. Aurait-on pu l’autoriser par une loi si des pratiques multiples, légitimes mais pas encore légales, n’avaient pas indiqué le chemin, soulevé des problèmes concrets et montré quelle était la meilleure façon de répondre à cette question ?

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Un « post’it » personnalisé

Imaginez une classe d’élèves tout à fait banale et commune, à ce petit détail près : sur la table de chacun des élèves, est collé un « post’it » sur lequel il est écrit, tantôt : « bien lire les énoncés », tantôt « être attentif à ce que dit mon professeur », ou encore « penser à accorder mes participes passés » ou bien « essayer de retenir l’esprit de mon texte plutôt que sa lettre » ou encore (pour un élève qui serait situé par exemple au premier rang) « prendre du plaisir à ce que j’apprends », etc.

Les sans…

Ce texte a été publié pour la première fois en octobre 2006

La crise structurelle que vivent nos sociétés, bien qu’elle prenne des formes différentes dans les pays du Nord et du Sud, a partout le même sens : il n’est raisonnablement plus possible de croire au développement qu’incarnent les pays du Nord et vers lequel tendent ceux du Sud. Lire la suite

CASCINA LA GHIAIA

Il luogo, la vita, la scuola popolare

Il furgoncino si perde nelle langhe piemontesi. Lasciamo l’ultimo paese segnato sulla carta, Berzano S.Pietro, e ci inoltriamo seguendo l’indicazione “Cascina la Ghiaia – Agriturismo Bella Ciao”. Pioviccica e la strada diventa un sentiero. Ancora 3 km e ci siamo. Un largo spiazzo di ghiaia, un edificio costruito fresco fresco, un centinaio di faraone che ci attraversano la strada – qualcuna si ferma altezzosa a scrutarci. E dietro l’anima della cascina : la casa di Lina Ferrero, o meglio Lina in persona, donna, 71 anni, treccia bianca lunga che finisce grigia e sottile con intorno una vecchia e operosa casa di campagna. Tutto gira intorno a lei e al suo luogo, una cucina con un grande tavolo al centro illuminato da poca luce e di tanti oggetti da lavoro. Stracci pentoloni frullatore tinozze libri piatti penne carta. E intorno a questo mondo da contadini con libri di cui Lina è regina gironzola Fabrizio, omone in tuta blu da operaio e occhiali spessi dietro ai quali ci guarda cupo – cupo non è solo quando fissa la mia lieve scollatura. Vicino a me il secchio dell’acqua usata da dare alle piante, secchietto di cibo avanzato da dare agli animali e acqua sorgiva delle langhe da bere.Lire la suite

CHI NON LAVORA NON FA L’AMORE

Il lavoro rende liberi. Arbeit macht frei scritto all’entrata di Auschwitz, luogo di libera operosità generato da libere menti tedesche. Il lavoro è fatica – vaco a faticà – dicono a Napoli quelli che ti mettono la verità in faccia, giusta giusta nella parola che pronunciano. E se qualcuno (o meglio qualcuna, Hannah Arendt *) ci mette in guardia dall’onnipervasività del lavorare nei confronti delle altre forme dell’agire umano, è certo che oggi siamo grondanti di questa agognata libertà individuale frutto esclusivo di chi produce, fatica, inghiotte amarezze, sgomita al momento giusto (col più debole) e consuma sempre.Lire la suite

Le faux sérieux comme impuissance

En France, comme un peu partout dans le monde, il existe des gens de bonne volonté, des ”belles-âmes”, qui voudraient être, ne serait-ce qu’un peu, solidaires de ceux qui sont en difficulté comme ce fut le cas pour les ”sans-papiers” de l’église St- Ambroise et St-Bernard : et ceux qui ne font pas partie des salauds qui se sont réjoui des expulsions pensent qu’il est quand même bien hardi et compliqué d’accepter concrètement que les immigrés restent là où ils sont.

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Au « compañero » Félix

felix guattariAu compañero car un compañero est celui que nous rencontrons avec nos tribus dans des lieux erratiques et mystérieux de ce monde aux mille dimensions, à la profondeur infinie, au-delà de ce que les sédentaires de toutes les nations et de tous les peuples, ne voient pas ou ne veulent pas voir. Au compañero et non au camarade, camarade qui implique toujours une fausse tiédeur et qui se complaît dans l’arrêt définitif, la sédentarisation des idées, la cristallisation des images, la raison d’état. Libérateur-dictateur, au nom du bien de ceux qu’il opprime.

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Projet de recherche autour de la famille

Ce texte correspond au début de nos recherches . les conclusion du travail sont très différentes des hypothèses de départ. ( cliquez ici pour écouter discussion récente a propos de cette question). Dans la perspective d’un travail de recherche autour de la famille que nous nous proposons d’entamer au sein du service de pédopsychiatrie du C.H.U. de Reims dirigé par le Pr Schmit, et ce en association avec des universitaires et chercheurs extérieurs au service, nous soumettons ce texte de présentation au plus large public possible, texte qui constitue d’une certaine manière notre déclaration d’intention.

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Solidarité, l’inévitable impuissance

 Nous vivons ce que l’on peut appeler une époque triste, si par tristesse nous entendons ce que recouvraient les « passions tristes » telles que les décrivait Spinoza, parmi lesquelles la mélancolie, la crainte, le désespoir, l’envie, etc., qui nous empêchent d’agir d’après notre puissance. La réalité devient ainsi de plus en plus « virtuelle », les hommes et les femmes se sentent au quotidien impuissants pour changer leur vie, impuissance et tristesse constituant un véritable cercle vicieux qui s’auto-alimente. Petit à petit, nous perdons pied dans ce qu’il faut pourtant bien appeler « notre vie », notre quotidien subit un processus de déréalisation et nous devenons alors dans cette société du spectacle et de la séparation les spectateurs passifs de notre propre vie.

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L’ a-communication, sens et référence

La langue et la question du réel Nous avons tenté de le montrer ailleurs 2, la langue est un des axes fondamentaux d’une « archéologie » du savoir (au sens de Michel Foucault). Aujourd’hui, le concept de « communication » est fort prisé, de même que l’assimilation de la langue à un « outil de communication ». Pour notre part, si nous situons la langue comme le phénomène fondateur de l’aventure humaine, c’est justement, à l’inverse, en raison de sa dimension de non-communication : nous pourrions la définir comme un ensemble signifiant, ou le « trésor des signifiants ».

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Au fil de la plume…

Voici quelques réflexions qui n’ont pas l’ambition d’être un texte, mais juste des réactions, au fil de la plume, au texte de Richard Bourque (au sujet de celui de madame Petit) qu’il m’a fait parvenir pour la préparation de nos journées de travail. Dans son texte, Madame Petit parle ainsi d’accouchement » comme métaphore du moment où l’enfant sourd, ou le sourd tout court, commence à parler. Quelle grande joie !, un être « incomplet », un humain qui n’était « pas tout à fait humain » accède à l’humanité ! Grand moment civilisateur : celui qui n’avait pas accès à la langue accède au monde des humains.

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Alors, heureux ?

Quand il s’agit de commencer un texte autour de l’idée de « bonheur « , en psychiatrie et psychanalyse, la première chose que nous sentons c’est une espèce d’abîme, abîme dû à l’énormité d’un tel sujet qui constitue aujourd’hui un des thèmes, à mon avis, centraux dans toute perspective alternative de la psychiatrie, ainsi que dans tout regard que la psychanalyse pourrait structurer autour de son rôle dans le champ social. Le plus simple sera donc de procéder par • « collage » c’est à dire d’avancer une série de pistes plus ou moins ordonnées, en attendant qu’elle puissent former un petit tout de ce que j’essayerais de dire.

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Le « vivre avec » : concept et projet

Si nous pouvons identifier un courant, une tendance dominante dans nos sociétés industrielles, c’est bien celle du devenir réducteur vers un modèle unique. Il apparaît de plus en plus clairement que les sociétés des pays centraux produisent un modèle unique d’homme, de femme, de mode de vie, bref, un modèle de la façon dont on peut, et surtout dont on doit, être heureux. Et par la suite, ce modèle, ces images identificatoires, grâce à cette énorme machine communicationnelle que sont les mass-médias, se verront véhiculés dans le monde entier.

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Crise de la société, crise du travail social

Notre société traverse aujourd’hui une crise d’une telle ampleur que, désormais, peu d’individus se risquent à envisager une issue favorable ou espèrent que la situation évolue dans le « bon sens ». Le fait marquant de cette crise est qu’elle touche tous les domaines de la vie, y compris ceux qui, pendant longtemps, sont apparus les plus stables. Nous vivons dans un monde d’incertitude, dont les bases sont craquelées et constamment remises en cause. La seule certitude désormais est qu’il n’y a plus de certitude…

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Les nouvelles luttes politiques en Amérique latine

Les Zapatistes mexicains, le mouvement de paysans sans terre du Brésil (MST), La Fédération Nationale Paysanne du Paraguay (Federación Nacional Campesina), le Rassemblement bolivien pour la Souveraineté des Villages (Asamblea para la Soberanía de los Pueblos : ASP)… Un nouveau mouvement révolutionnaire, hétérogène, démocratique et autogestionnaire parcourt l’Amérique Latine. Là-bas, les protestations sociales se mêlent aux revendications ethniques et féministes. Elles n’obéissent plus à une avant-garde bureaucratique chargée d’évaluer si les « conditions objectives » sont réunies pour réaliser une grève ou une occupation de terres, pour déterminer avec quel parti de la bourgeoisie nationale il faudrait faire alliance ou pour quel nouveau maître libérateur il serait bon de voter aux prochaines élections.Lire la suite

Pérou

Pour dénoncer le massacre quotidien dont sont victimes les peuples du monde entier et en particulier ceux du Tiers-Monde, un commando de rebelles a occupé pendant quatre mois l’ambassade du Japon à Lima. Là-bas, en effet, le Japon est en rivalité avec les États-Unis dans la course vers la spoliation et l’oppression du peuple péruvien.Lire la suite

A propos de la parution de pour une nouvelle radicalité

Le siècle qui devait accoucher de toutes les émancipations est en train de finir comme un crépuscule mélancolique. Les expériences révolutionnaires ont tragiquement échoué, et le capitalisme, sous sa forme du libéralisme à outrance, paraît désormais aussi inévitable que le coucher du soleil, qui plonge dans l’ombre des millions d’hommes et de femmes auxquels on demande de se résigner.

Et pourtant… Au Chiapas ou en Afrique du Sud, en Belgique ou en France, les sans-terre, les sans-papiers, les sans-travail, tous ces « sans » là, paraissent ignorer le diktat des grands de ce monde. En prenant appui sur l’analyse de ces nouvelles formes de radicalité, et sur l’étude critique d’expériences plus anciennes (notamment des guérillas d’Amérique latine), les auteurs proposent dans ce livre une critique fondamentale du messianisme révolutionnaire et de la pensée classique de l’émancipation, qui ne concevait la liberté que comme la conséquence de la prise du pouvoir. Et ils explorent les voies d’une autre radicalité, plus porteuse de changements et d’espoir, et qui saurait éviter les pièges du pouvoir : celle d’une pratique de la liberté toujours en actes, ici et maintenant, et qui ne serait plus simple promesse.

Vous avez dit État ?

Il est de bon ton dans le milieu dit contestataire de ne traiter la question de l’État que sur le mode négatif. Soit on est pour sa destruction et sa disparition totale, soit on le soupçonne de tous les maux. Mais on s’occupe peu de penser l’État dans le sens d’une construction positive.

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Centre social en Belgique

Cette expérience, comme le disent déjà les camarades belges dans leur journal Paroles nomades, part de l’idée que « Face à la situation du compartimentage de l’espace urbain, de la mise en boite et de l’étiquetage de notre condition, du saucissonnage de notre réalité, de nos vies… nous supposons que dans cette réalité-là, il reste un peu de place à d’autres pratiques, à d’autres idées, à une radicalité en mouvement. »

Joignant l’acte à la parole le « collectif sans-nom » a investi un immeuble vide dans le quartier de St Gilles à Bruxelles. C’est ainsi que depuis un mois se sont déroulés dans cet immeuble des « carrefours des luttes » réunissant un peu près tout ce qui bouge en Belgique, mais aussi des concerts, des expos, des pièces de théâtre, des activités pour les enfants, des actions sur le quartier, des rencontres en tout genre, des complots divers et variés, etc.

Bref, il s’agit d’essayer de construire des nouvelles figures de l’engagement, de potentialiser et de désenclaver toutes les pratiques susceptibles de créer des mondes possibles, c’est à dire de développer la vie.

Français, encore un effort…

Qui douterait que la France, ou plutôt, le monde entier s’apprête à célébrer un événement sportif et historique majeur ? Qui douterait qu’il s’agit là d’un événement exclusivement heureux et positif, bref, d’une « grande fête » ? Qui, alors, oserait aller à l’encontre de la liesse générale à laquelle nous nous préparons tous ?Lire la suite

Coca si, yanquis no

La télévision nous a appris à agir et penser par arc-réflexes : il y a ainsi des gentils qui font le bien, (les humanitaires par exemple ou d’autres, impuissants, mais de bonne volonté) et les méchants, qu’on considère comme des « barbares », dans le sens où ils menacent la culture, le monde et la si belle civilisation.

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Raison et révolte

« On a toujours raison de se révolter » : tel est le mot d’ordre d’une époque qui aujourd’hui apparaît comme révolu, appartenant à une sorte de « préhistoire ». Il y aurait ainsi eu une époque où les hommes et les femmes ont cru que l’on pouvait changer certaines réalités, et même que nous devions le faire ; changement dans le sens de la justice, de la liberté, et pourquoi pas de la vie et de l’amour.

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Le Tiers-état et le Tiers-monde

Le pouvoir néolibéral a réussi ce tour de force qui consiste à culpabiliser les chômeurs, les sans-toit et les « exclus » en tous genres au sujet de leur état de misère. C’est la honte qu’on voyait d’abord chez eux, qui sont pourtant la meilleure réussite du néolibéralisme… Dans une société où être pauvre est une honte, à la misère économique s’est ajoutée la misère psychologique due à l’opprobre qui en découlait.

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Nouvelles pratiques sociales, nouvelle solidarité

De l’urgence de résister
Depuis quelques années, la société et la culture traversent une crise profonde. L’élément nouveau qui a surgi récemment, c’est l’appréhension et la cristallisation dans le sens commun de l’ampleur et de la profondeur de cette crise. Aujourd’hui, en effet, personne ne croit plus qu’une élite ou qu’un homme providentiel soit en mesure d’affronter victorieusement les graves problèmes sociaux (chômage, pauvreté, désastres écologiques et sanitaires, etc.). Autrement dit, tout le monde sait que personne ne sait.

Le guévarisme n’est pas une méthode

Il y a trente ans, à La Higuera, petit village accroché à la cime d’une montagne bolivienne, était exécuté le Che Guevara.

Son corps, comme celui de ses compagnons de lutte, fut enseveli dans une fosse commune. Tombe NN qui inaugurait la longue liste de disparus qui allait suivre en Amérique Latine. Aujourd’hui, on tente de faire du Che une icône domestique bien fonctionnelle et apte à la consommation.

Pour nous, le guévarisme n’est pas une méthode, ce n’est pas quelque chose de figé dans l’histoire, c’est un élément du devenir libertaire. C’est pourquoi, au-delà de toute revendication marchande, au-delà du ridicule mausolée dans lequel les os du Che restent dorénavant prisonniers à perpetuité, nous revendiquons l’esprit de sa lutte sous mille formes différentes.

Le Che en tant qu’icône est mort. Le camarade Ernesto est toujours vivant. HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

Bien triste pays qui ne peut acueillir la richesse du monde

Le débat qui a lieu aujourd’hui sur la question des sans-papiers tourne presque exclusivement autour des quotas et des critères d’admission. Tout en reconnaissant volontiers que la lutte commencée il y a deux ans avec l’occupation de l’église St-Ambroise était justifiée, qu’elle a attirée l’attention sur un certain nombre d’incohérences dans la législation, on nous rappelle avec bon sens que la France « ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».

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