Chroniques du post-humain I (introduction)

Avec Miguel Benasayag, nous envisageons de publier dans cette revue, sans en engager nécessairement la ligne rédactionnelle de celle-ci, une douzaine de chroniques où nous échangerons à bâtons rompus des propos personnels non seulement sur les sciences et les technologies mais sur la façon dont elles sont reçues dans la France contemporaine. Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous allons consacrer au moins deux de ces chroniques à présenter notre démarche et commencer à en justifier l’intitulé général. Jean-Paul BaquiastContinue Reading

Avons-nous toujours raison de nous révolter ?

I.

Parions que l’on se souviendra de l’article de Jean-Paul Sartre qui disait en substance : « nous avons toujours raison de nous révolter ». Cette thèse nous place d’emblée au cœur de la question de la révolte : car s’il y a bien deux concepts qui ne vont plus du tout ensemble de nos jours, ce sont ceux de raison et de révolte. Tandis que la raison est assimilée à la nécessité logique et ontologique, la révolte est assimilée, quant à elle, à l’immaturité, au manque de réalisme, au manque de complexité – quand elle n’est pas directement liée à cet autre signifiant, aujourd’hui passe partout : le terrorisme, ce mal absolu. Il vaut mieux alors ne pas se révolter.Continue Reading

Résister dans une époque obscure

« Ensemble, tout devient possible ». En adoptant ce slogan pour sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a fait – une fois n’est pas coutume – un emprunt à gauche. Il est vrai que l’on ne sait pas quoi mettre derrière ce « tout »… Et aussi que la tendance à gauche sera, comme d’habitude, d’y lire le pire. Certes, le pire est « possible », tant l’ex-ministre de l’Intérieur a prouvé par le passé que les dérapages en tout genre lui étaient familiers, tant son souci aussi de concentrer les pouvoirs – politiques, économiques, médiatiques – fait planer de menaces sur la démocratie. Force est cependant de constater que les militants de gauche qui crient au loup en assimilant la politique du président à un fascisme rampant n’en sont pas moins pris au dépourvu lorsqu’il s’agit de présenter une alternative concrète à la politique de la droite. Sans doute parce qu’ils sous-estiment la « rupture » qui a porté une telle configuration au pouvoir.

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CptA, il torto della presenza

Ogni volta che varchiamo una frontiera subiamo una destabilizzazione psichica, viviamo una crisi di linguaggio , aveva detto Dennis Adams, artista americano che non a caso ha lavorato anche sul controllo sociale nelle arti contemporanee. La nostra esperienza di fronte alla “nominazione ufficiale” dei luoghi di eccezione che tratteremo oggi, è in parte testimonianza della stessa crisi, provocata, tuttavia, non soltanto dal varco (per noi impossibile) delle nuove frontiere interne alle stesse città in cui viviamo ma, ancor prima, dalla loro stessa creazione e dalle loro strategie di nominazione. Gli acronimi che identificano tali luoghi : Cpt(A), centri di permanenza temporanea ed assistenza, Cdi, centri di identificazione così come i Centri di accoglienza costituiscono per chi ha condotto le ricerche prese in considerazione una sorta di “trappole semantiche”, adottando un’espressione che ci è stata suggerita. Nella seconda parte della lezione, Ivan approfondirà questa tematica in maniera più puntuale… Adesso vorrei portare alla presenza questi luoghi inaccessibili, illustrarne la provenienza, l’emergenza e l’interpretazione che più ci è sembrata efficace per comprenderli.Continue Reading

Droits ou privilèges ?

Simples dysfonctionnements passagers dus à l’état de crise (elle aussi passagère) de nos sociétés, voire, mal nécessaire donc justifié en vu de l’aboutissement final du projet néolibéral, le chômage, l’exclusion, la paupérisation, si l’on en croit les Jean-Pierre Gaillard de tous poils qui s’adressent à nous par l’intermédiaire de nos radios, télés, et journaux, ne devraient pas nous inquiéter : la bourse veille, dans un optimisme agité, certes, mais néanmoins confiant.

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Petites réflexions sur la complexité

Commençons par éclaircir un argument trop souvent brandi à l’encontre de José Bové, celui de l’illégalité de certaines de ses actions. Les défenseurs auto-proclamés de la démocratie sont pour le moins contradictoires : on nous dit que tout doit être légal, qu’aucun de nos actes ne doit sortir du cadre de la loi et qu’aucune marge délimitée par la légitimité, quitte à ce qu’elle ne soit pas tout à fait légale, ne peut être tolérée. Très bien. Mais à ce rythme-là, une société se condamne à ne pas pouvoir avancer, à ne pas pouvoir résoudre les plus graves problèmes qu’elle affronte. Pensons à l’avortement. Aurait-on pu l’autoriser par une loi si des pratiques multiples, légitimes mais pas encore légales, n’avaient pas indiqué le chemin, soulevé des problèmes concrets et montré quelle était la meilleure façon de répondre à cette question ?

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Un « post’it » personnalisé

Imaginez une classe d’élèves tout à fait banale et commune, à ce petit détail près : sur la table de chacun des élèves, est collé un « post’it » sur lequel il est écrit, tantôt : « bien lire les énoncés », tantôt « être attentif à ce que dit mon professeur », ou encore « penser à accorder mes participes passés » ou bien « essayer de retenir l’esprit de mon texte plutôt que sa lettre » ou encore (pour un élève qui serait situé par exemple au premier rang) « prendre du plaisir à ce que j’apprends », etc.

Les sans…

Ce texte a été publié pour la première fois en octobre 2006

La crise structurelle que vivent nos sociétés, bien qu’elle prenne des formes différentes dans les pays du Nord et du Sud, a partout le même sens : il n’est raisonnablement plus possible de croire au développement qu’incarnent les pays du Nord et vers lequel tendent ceux du Sud. Continue Reading

CASCINA LA GHIAIA

Il luogo, la vita, la scuola popolare

Il furgoncino si perde nelle langhe piemontesi. Lasciamo l’ultimo paese segnato sulla carta, Berzano S.Pietro, e ci inoltriamo seguendo l’indicazione “Cascina la Ghiaia – Agriturismo Bella Ciao”. Pioviccica e la strada diventa un sentiero. Ancora 3 km e ci siamo. Un largo spiazzo di ghiaia, un edificio costruito fresco fresco, un centinaio di faraone che ci attraversano la strada – qualcuna si ferma altezzosa a scrutarci. E dietro l’anima della cascina : la casa di Lina Ferrero, o meglio Lina in persona, donna, 71 anni, treccia bianca lunga che finisce grigia e sottile con intorno una vecchia e operosa casa di campagna. Tutto gira intorno a lei e al suo luogo, una cucina con un grande tavolo al centro illuminato da poca luce e di tanti oggetti da lavoro. Stracci pentoloni frullatore tinozze libri piatti penne carta. E intorno a questo mondo da contadini con libri di cui Lina è regina gironzola Fabrizio, omone in tuta blu da operaio e occhiali spessi dietro ai quali ci guarda cupo – cupo non è solo quando fissa la mia lieve scollatura. Vicino a me il secchio dell’acqua usata da dare alle piante, secchietto di cibo avanzato da dare agli animali e acqua sorgiva delle langhe da bere.Continue Reading

CHI NON LAVORA NON FA L’AMORE

Il lavoro rende liberi. Arbeit macht frei scritto all’entrata di Auschwitz, luogo di libera operosità generato da libere menti tedesche. Il lavoro è fatica – vaco a faticà – dicono a Napoli quelli che ti mettono la verità in faccia, giusta giusta nella parola che pronunciano. E se qualcuno (o meglio qualcuna, Hannah Arendt *) ci mette in guardia dall’onnipervasività del lavorare nei confronti delle altre forme dell’agire umano, è certo che oggi siamo grondanti di questa agognata libertà individuale frutto esclusivo di chi produce, fatica, inghiotte amarezze, sgomita al momento giusto (col più debole) e consuma sempre.Continue Reading

Le faux sérieux comme impuissance

En France, comme un peu partout dans le monde, il existe des gens de bonne volonté, des ”belles-âmes”, qui voudraient être, ne serait-ce qu’un peu, solidaires de ceux qui sont en difficulté comme ce fut le cas pour les ”sans-papiers” de l’église St- Ambroise et St-Bernard : et ceux qui ne font pas partie des salauds qui se sont réjoui des expulsions pensent qu’il est quand même bien hardi et compliqué d’accepter concrètement que les immigrés restent là où ils sont.

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Au « compañero » Félix

felix guattariAu compañero car un compañero est celui que nous rencontrons avec nos tribus dans des lieux erratiques et mystérieux de ce monde aux mille dimensions, à la profondeur infinie, au-delà de ce que les sédentaires de toutes les nations et de tous les peuples, ne voient pas ou ne veulent pas voir. Au compañero et non au camarade, camarade qui implique toujours une fausse tiédeur et qui se complaît dans l’arrêt définitif, la sédentarisation des idées, la cristallisation des images, la raison d’état. Libérateur-dictateur, au nom du bien de ceux qu’il opprime.

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Projet de recherche autour de la famille

Ce texte correspond au début de nos recherches . les conclusion du travail sont très différentes des hypothèses de départ. ( cliquez ici pour écouter discussion récente a propos de cette question). Dans la perspective d’un travail de recherche autour de la famille que nous nous proposons d’entamer au sein du service de pédopsychiatrie du C.H.U. de Reims dirigé par le Pr Schmit, et ce en association avec des universitaires et chercheurs extérieurs au service, nous soumettons ce texte de présentation au plus large public possible, texte qui constitue d’une certaine manière notre déclaration d’intention.

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